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Sketchnoting : dessiner, c’est mémoriser !

Par le 8 mars 2017

Le mot sketchnoting n’a pas d’équivalent en français. « Sketch » signifie « croquis » et « noting », « prendre des notes de façon dynamique ». Sketchnoter, c’est transformer des idées en images. Un avantage : pas besoin de savoir dessiner. Cette technique demande juste d’apprendre à observer et à saisir de façon simplifiée un maximum d’objets, de pictos, de symboles. Les auteures du best-seller Apprendre autrement avec la pédagogie positive, Isabelle Pailleau et Audrey Akoun, accompagnées du spécialiste en pensée visuelle Philippe Boukobza, présentent cette technique dans le livre Apprendre avec le Sketchnoting.  Ouvrage qui décomplexe et donne une folle envie de tailler ses crayons. Quelques esquisses du concept par Philippe Boukobza.

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Comment expliquez-vous que s’exprimer en images renforce l’apprentissage et la mémorisation ?

Dessiner nous pousse à schématiser, à conceptualiser l’information. Avec le sketchnoting, des dessins simples sont combinés à une petite quantité de mots. Nous obtenons ce que la psychologie cognitive appelle le « double codage », une façon optimale de mémoriser et de comprendre.

Quelles qualités développe l’élaboration de sketchnotes ?

La pratique du sketchnoting va développer la capacité de synthèse mais aussi la créativité, l’application et le soin. Les sketchnotes sont motivantes car elles font autant plaisir à faire qu’à relire ensuite. C’est une façon créative et valorisante de représenter les cours, les idées, les connaissances. En fin de compte, il s’agit d’un outil pour « apprendre à apprendre ».

Des collégiens peuvent-il utiliser le sketchnoting pour prendre des notes en classe ?

Oui mais à certaines conditions. Il importe que le professeur marque des pauses dans son discours, qu’il laisse le temps aux élèves de mettre de l’ordre dans leurs idées, de composer leurs sketchnotes, à mesure que la classe se déroule. Dans un scénario idéal, l’enseignant aurait la capacité de proposer sur le tableau des mots-clés, des images simples qui permettront aux élèves de compléter leurs sketchnotes. Par la suite, pour réaliser des fiches de cours et des résumés, c’est l’idéal car on allie efficacité et plaisir.

Auriez-vous des exemples de sketchnotes réalisées par des enfants ou des adolescents ?

Le sketchnoting est un outil potentiellement exploitable dans toutes les matières. On peut s’en servir ponctuellement pour obtenir une vision d’ensemble sur un sujet abordé en cours ou pour un travail en groupe. Le site canadien www.lafoliedusketchnote.com propose de découvrir plusieurs exemples réalisés par des élèves de niveau secondaire, en français ou en anglais.

Pensez-vous que chacun peut parvenir à bien dessiner ou à bien s’exprimer par le dessin ?

Ce n’est pas l’aspect artistique qui compte vraiment mais la clarté et la simplicité. Le sketchnoting n’est pas réservé aux bons dessinateurs mais à tous, une sketchnote magnifique sur le plan esthétique mais vide de sens aura peu d’intérêt pédagogique.

Comment développer sa capacité à trouver des métaphores visuelles ?

En pratiquant ! Une des astuces pour se lancer dans le sketchnoting consiste à prendre l’habitude de griffonner puis progressivement d’améliorer nos images, lettrages, éléments graphiques et utilisation de l’espace dans la page. Je recommande aussi d’être attentif aux affichages de toutes sortes, aux icônes, émojis, pictogrammes et de s’entraîner à reproduire ceux qui nous plaisent le plus sur un carnet de notes.

Les cartes mentales commencent à entrer dans les livres scolaires, les sketchnotes suivent-elles cette voie ?

Pas encore ! Le sketchnoting, loin de s’opposer à la carte mentale, est complémentaire avec cette technique. D’ailleurs nombreux sont ceux qui se servent du sketchnoting et de la carte mentale en alternance, selon la tâche. Je pense que la sketchnote suivra finalement la voie de la carte mentale dans les livres scolaires.

Nous nous dirigeons vers une véritable « alphabétisation visuelle » qui consistera à savoir utiliser et interpréter différentes techniques visuelles comme le mind mapping, le sketchnoting, l’infographie, etc. Je suis convaincu que l’Éducation Nationale se penchera sur le sketchnoting car c’est un outil à fort potentiel pédagogique.

Pour aller plus loin :

Travailler avec le sketchnoting Audrey Akoun, Isabelle Pailleau et Philippe Boukoza. Editions Eyrolles. 14,90 €. Commander
Un livre pratique et interactif très bien illustré

Heuristiquement.com, le site de Philippe Boukobza sur la pensée visuelle.

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1 commentaire pour :
“Sketchnoting : dessiner, c’est mémoriser !”

    Photo du profil de ipanemaipanema dit :

    Heuuu.. retour aux hiéroglyphes ? ? .. après le langage sms ,, les mots disparaissent ….
    Ce  » potentiel pédagogique  » ne me tente pas.

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