Famille recomposée : la place du beau-parent
Par Corinne Mathieu le 21 mars 2011
44% des pères et 28% des mères ont reconstitué un couple, 4 ans après le divorce ou la séparation.
Les chiffres le montrent, la place de beau-parent est de plus en plus fréquente
Dans les deux tiers des cas, le beau-parent est un beau-père. Cependant cette fréquence n’enlève rien à la difficulté de ce rôle à tenir.
En France, le beau-parent n’a en principe aucun droit ni aucun devoir envers l’enfant de son conjoint ou de la personne avec laquelle il vit. Pourtant, il est là, bien présent dans le quotidien de la famille. L’arrivée du beau-parent chamboule les habitudes de celle-ci, modifie l’équilibre familial. Ce bouleversement est perceptible dans la difficulté de désigner la place du beau-parent.
Alors, comment trouver sa place quand on devient beaux-parents ?
Comment trouver la juste attitude dans ce nouveau rôle ? Déterminer une place au beau-parent c’est déjà le positionner dans la nouvelle famille. S’il ne peut se substituer à la mère ou au père, le beau-parent a une place à prendre, un rôle éducatif à tenir. Sans l’aide du parent biologique, il sera très difficile au nouveau conjoint de se faire une place. Sa place d’adulte s’inscrit dans des responsabilités précises, définies et signifiées à l’enfant. Elle existe dans les actes du quotidien.
La meilleure façon de s’y prendre est de poser des règles concernant la vie commune (horaires, tâches domestiques, principes éducatifs, relations intra familiales…). Les définir, en parler devient une nécessité. Au parent légitime, ensuite, de les relayer auprès de son enfant « oui, tu dois faire tes devoirs, Jacques a raison ». Comme dans toute famille, poser des limites est indispensable. Alors, autant en définir les grandes lignes !
La place du beau-parent se construit dans la durée
La relation qu’il va nouer avec l’enfant de son conjoint est déterminante. Ce qui va compter, c’est sa capacité à échanger, à créer des moments festifs, à s’intéresser à l’enfant. Une règle d’or est le respect mutuel. Se plaindre à son conjoint du comportement de l’enfant renforce l’hostilité.
Prendre le temps de mettre en place des règles, d’en parler et de les ajuster en fonction des situations qui se présentent constitue un socle pour la famille recomposée.
Pour aller plus loin :
Un site d’info et d’échange dédié aux beaux-parents de familles recomposées, sur les sujets qui les concernent, les problématiques qu’ils rencontrent, aussi bien matérielles que psychologiques, organisationnelles qu’émotionnelles www.BeauxParents.fr
A lire, Ma famille recomposée
, de Bénédicte Magdeleine Vincent, aux Editions First.
Corinne Mathieu – Coach familial.
Coach professionnel certifiée, créatrice de Tamaji (www.tamajicoaching.org), elle croise l’efficacité des outils de coach avec sa compétence de psychologue du travail.
Dans les situations de tension familiale, elle obtient que chacun parle, sans violence, aux autres, en conjuguant leurs valeurs et leurs besoins à tout membre de la famille.
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“Famille recomposée : la place du beau-parent”
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En tant que médiatrice familiale, il n’est pas rare d’aborder cette place du beau parent….mais il m’est rarement arrivé de recevoir les beaux parents en médiation. Comme le dit Corinne Matthieu, la personne importante dans cette relation c’est le parent légitime. Il ne faut pas oublier que le statut du beau parent n’existe pas vraiment dans la loi, sauf à ce que les deux parents l’admettent! Donc tout cela est question de dialogue, dialogue entre les parents sur l’acceptation des deux de voir entrer un autre dans la relation enfant parent, dialogue entre les nouveaux conjoints pour arriver à une situation où chacun prend son role propre vis à vis de l’enfant. Dans le cadre de la médiation, s’il y a une difficulté dans une relation beau parent enfant, je vais recevoir essentiellement les deux parents…car souvent l’attitude de l’enfant est le fruit de l’incompréhension entre les parents!