Titeuf : Un nouvel album ancré dans l’actualité

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Qui ne connait pas Titeuf, le garnement à la houppette blonde qui a trois passions dans la vie : les batailles de crottes de nez, le Pampersball et les matchs de chaussettes sales ? Le 30 août 2012 sort le dernier album du célèbre petit personnage, bien dans l’air du temps. Zep, son créateur, nous parle de l’évolution de son personnage et des sujets abordés.

Titeuf confronté au monde qui l’entoure

Alors que dans le volume 12 Titeuf se posait plein de questions sur les filles, le sexe, la séduction… et sur Nadia, son amour platonique, dans ce dernier album, Titeuf se retrouve dans la peau… d’une fille ! Dans les premières pages, Titeuf devient donc Titeufette, une situation cocasse, qui a ses avantages, et ses inconvénients (et que Titeuf avait déjà vécue dans Titeuf Le Film) ! Sans perdre de vue les interrogations « existentielles » des enfants de son âge, ce 13ème Opus aborde avec humour des thèmes de société nettement plus sérieux que les précédents : l’écologie, le commerce équitable, le harcèlement sexuel, les violences conjugales, les guerres ethniques ou l’immigration.

Titeuf a une nouvelle amoureuse

Au milieu de l’album, un nouveau personnage fait son apparition : Ramatou. Ramatou a fui son pays en guerre, parle à peine français, et doit s’adapter à une culture qui n’est pas la sienne.  Rien pour effrayer notre Titeuf, bien au contraire, qui tombe sous le charme de cette grande fille à la casquette vissée sur la tête. Si la communication avec Nadia n’était pas facile, avec Ramatou, les choses ne sont pas simples non plus, pour d’autres raisons.

L’avis de MAFAMILLEZEN

Comme toujours, dans ce nouvel album, Zep imagine des gags et des histoires courtes à double niveau de lecture et s’adresse aussi bien aux jeunes lecteurs qu’à leurs parents. Sous couvert d’humour, on aborde des sujets d’actualités, des sujets graves parfois.  Si les enfants sont confrontés au quotidien à des informations souvent anxiogènes à travers des médias qui ne mettent pas l’info à leur portée, Zep, à travers le personnage de Titeuf, devrait permettre d’entamer des discussions en famille afin de décrypter certains sujets sensibles. Pas sûr que les plus jeunes comprendront tout, mais pour eux restent les bonnes blagues potaches qui font le succès de ces BD.

[amazon-product text= »Titeuf, tome 13 : A la folie » type= »text »]2723485226[/amazon-product], ZEP, aux Editions Glénat, 10 €. A partir de 8 ans.

Agenda :

Zizi sexuel, l’expo ! L’amour et la sexualité expliqués au préados.
Du 2 juin 2012 au 23 mars 2013
Au Forum départemental des Sciences de Villeneuve d’Ascq (59)
Expo conçue par la Cité des Sciences et de l’Industrie
A partir de 9 ans
http://www.forumdepartementaldessciences.fr 

Et à la télé, sur Ludo :

Programme court « Comment dessiner ? »  tous les mercredis matin à 10h30.
Les doubles animés des deux auteurs dessinateurs de Titeuf expliquent aux enfants comment devenir le roi du crayon en 26 leçons. A la fin de chaque épisode, un module « Truc à faire chez soi » propose un exercice simple pour mettre en pratique, à la maison, les conseils et techniques apprises durant l’épisode.

La série tous les matins du lundi au vendredi à 8h.

 

Interview de Zep à propos de ce nouvel album :

Titeuf semble déçu par sa découverte de l’univers féminin…
Il se rend compte que les filles sont des garçons comme les autres… sauf qu’elles n’ont pas de zizi ! La perte de son sexe l’inquiète beaucoup, c’est un élément identitaire très fort pour lui.

Est-ce le signe qu’il s’interroge plus qu’avant sur son identité sexuelle ?
Il s’est toujours posé un tas de questions, même s’il le fait de manière enfantine et brouillonne.
A cet âge-là, c’est un vrai motif d’inquiétude. Les adultes expliquent aux enfants que leur corps va se transformer, ce qui est anxiogène pour Titeuf. Sa seule expérience d’un corps qui se transforme, c’est celle de Hulk, et elle n’est pas très rassurante !

Comme il le dit à Manu, il n’aime pas tellement entendre parler de sexualité.
Titeuf n’est pas du tout un obsédé sexuel. La seule pensée de mélanger sa salive à celle d’une fille le révulse ! Mais le sexe le préoccupe car tout le monde en parle autour de lui. Je me souviens des cours d’éducation sexuelle à l’école. Je devais avoir huit ans, on nous racontait des trucs qui nous terrifiaient… A vec mes copains, on aurait mille fois préféré un cours de maths ! Titeuf trouve la sexualité un peu crade, il aime mieux rester avec des garçons plutôt qu’avec des filles – à l’exception de Nadia, bien sûr.

Il pense surtout à jouer avec ses copains…
Dans les albums de Titeuf, j’aime mêler des sujets importants à des petites choses du quotidien. Quand on est enfant, il n’y a pas de hiérarchie, on mélange tout. Titeuf va s’intéresser à la mort de la même manière qu’il va s’intéresser à sa morve… Il cherche à faire une aventure de sa vie car elle n’est pas très passionnante : tous les jours il est obligé d’aller à l’école où il ne s’éclate pas beaucoup. Il s’en évade grâce à sa curiosité et à son imaginaire.

Vous faites passer des messages grâce à l’humour ?
Je n’ai jamais cherché à délivrer des messages dans les albums de Titeuf, mais l’humour permet de parler plus facilement de certains thèmes. Je suis souvent sollicité par des associations qui veulent utiliser son image pour expliquer aux enfants des situations difficiles, alors qu’elles risqueraient de bloquer tout le monde si on les abordait de front. L’humour n’est pas un remède miracle, mais il permet de dire des choses qui méritent d’être dites.

Dans cet album, vous traitez de l’écologie, du recyclage ou du commerce équitable. Votre travail est-il le reflet de vos convictions personnelles ?
Titeuf n’est pas un personnage militant, et je crois en certaines idées que je n’ai pas forcément envie de défendre dans mes albums. Mais de temps en temps il met le doigt sur des problèmes dont les enfants discutent ensuite avec leurs parents. J’aime bien me dire que mes gags continuent à vivre au-delà des albums.

Titeuf n’est pas bien-pensant. C’est ce qui le rend plus crédible ?
Titeuf a été ambassadeur de Handicap International, mais je l’ai pourtant dessiné en train de se moquer d’enfants handicapés. Quand on est gamin, on peut avoir un côté cruel. On est parfois tenté de s’en prendre à ceux qui sont différents. Je n’ai jamais voulu faire de Titeuf une sorte de petit ange !

Quand vous imaginez les gags de Titeuf, vous pensez aussi à des lecteurs adultes ?
Une partie du lectorat est composée d’adultes, mais ils ne portent pas le même regard sur mes personnages. Je travaille de manière instinctive, je ne calcule pas. Je suis un adulte qui écrit comme s’il était encore un enfant… Je suppose que si un gag m’amuse, il a une chance de fonctionner pour les lecteurs. C’est un privilège de la bande dessinée : un album peut être lu à la fois par des enfants et par des « grandes personnes », ce qui n’est pas le cas d’un roman. Il faut profiter de cette singularité de la BD.

Dans cet album, une réfugiée venue d’un pays d’Afrique arrive à l’école. Vous souhaitez sensibiliser vos lecteurs à la société d’aujourd’hui ?
Je tiens à ce que Titeuf soit le reflet du monde réel et de la mixité sociale. Nous vivons dans des conditions privilégiées et je trouve important de le rappeler de temps en temps. De quel droit interdirions-nous à des gens qui n’ont pas eu notre chance de venir s’installer chez nous ? J’aimerais que tous ceux qui considèrent les réfugiés comme des profiteurs réfléchissent après avoir lu l’album.

Titeuf prend d’ailleurs sa défense auprès de ses copains…
Comme chez tous les enfants, il y a chez lui un fond de justice. Titeuf rêve d’un monde juste et de partage, même s’il préférerait parfois que les autres partagent à sa place… Et il trouve cette fille très romanesque : elle a fui la guerre, il a l’impression qu’elle sort d’un jeu vidéo !

Titeuf vous a-t-il fait progresser ?
Il m’a surtout fait régresser ! Mais cette régression a été positive. En devenant adulte, on finit par se montrer trop raisonnable et par accepter la réalité, même la plus injuste. C’est d’autant plus dommage que l’on dispose de moyens pour changer les choses. Titeuf, lui, n’accepte pas ce qui est inacceptable. Quand l’un de ses copains a perdu une jambe après avoir marché sur une mine anti-personnel, il a organisé une collecte pour lui en racheter une nouvelle. Grâce à lui, je garde en moi une part de cette volonté de justice propre à l’enfance.

Titeuf semble se détacher de Nadia dans ce nouvel album…
On me demande régulièrement s’il se passera quelque chose entre eux un jour. Mais Nadia se moque éperdument de lui ! Pour elle, il n’est qu’un petit garçon alors qu’elle rêve de « grands ». En plus, comme dragueur, il est vraiment nul… Ça ne pourra jamais marcher. J’ai donc introduit un nouveau personnage féminin qui va se comporter différemment avec lui. Pour la première fois, il va envoyer promener Nadia. C’est presque un changement de vie… T iteuf doit rester Titeuf, mais il est indispensable que les choses évoluent dans son petit monde.

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