
Votre ado aime la nature, les animaux et se verrait bien travailler au grand air ? Le métier de guide nature pourrait lui plaire. Mais attention aux idées reçues : accompagner des groupes dans la nature n’est qu’une partie du travail. Katia Galy, guide nature dans les Landes depuis plus de 30 ans, nous raconte son quotidien, les bons côtés et les contraintes de son métier, et les formations pour y accéder.
Katia Galy, 53 ans, est guide nature depuis plus de 30 ans. Attention, rien à voir avec le métier de guide-conférencier, qui fait notamment visiter monuments et sites patrimoniaux : la formation est différente, la réglementation entourant le métier aussi. Salariée par l’Office de Tourisme de Mimizan, dans les Landes, Katia nous explique ce qui fait la spécificité de ce métier passion.
Katia n’a pas son pareil pour repérer, sous l’eau claire du lac d’Aureilhan, un poisson en train de frayer ou, dans les frondaisons qui entourent ce site sauvage des Landes, un nid où les oisillons vont éclore. Le lac d’Aureilhan fait d’ailleurs partie des endroits que nous vous recommandons pour découvrir Mimizan en famille autrement que par ses plages. Elle a l’œil, et le pied aussi : car il faut aimer la nature et les animaux, mais aussi marcher pour se faire guide nature !
D’avril à septembre, cette sportive avale les kilomètres, autour du lac et à travers les bois. Son enthousiasme communicatif transparaît dans les explications détaillées et précises qui accompagnent ses balades. Une passion toujours aussi forte, trente ans après ses débuts.
Au lac, oui, mais aussi… au desk !
Ce qui l’enthousiasme moins, c’est un aspect de son métier auquel elle ne s’attendait pas : « Je ne voulais pas travailler dans un bureau… et aujourd’hui, je fais 60 % de travail de bureau ! Car le 100 % terrain n’existe pas. C’est un métier saisonnier : si on ne fait vraiment que guide nature, on bosse quatre mois dans l’année ! Donc, il faut se diversifier, acquérir d’autres compétences. »
Aujourd’hui salariée de l’Office de Tourisme de Mimizan, Katia est notamment responsable de la gestion des groupes pour le tourisme industriel et environnemental. « Je m’occupe d’eux un peu comme le ferait une agence de voyages : je conçois des balades, j’organise… »

Katia Galy, guide nature à l’office de tourime de Mimizan, fait découvrir l’écosystème de la région. Photo : VG-OIT Mimizan
Un métier de passion et de hasards
Le métier tel que Katia le pratique aujourd’hui, elle l’a donc pratiquement créé. Et aucun guide nature ne travaille exactement comme un autre. C’est un métier qui se forge au gré des rencontres, des compétences, de l’expérience et des envies.
« Certains vont le faire en indépendant, d’autres comme salariés » explique-t-elle. « Certains vont bosser avec un Office de Tourisme, d’autres auprès d’une association ou d’un autre organisme. Certains vont le pratiquer dans deux régions différentes, une l’été, une l’hiver, par exemple ; d’autres encore changent carrément de métier à la mauvaise saison ! Bref, c’est très variable ! »
Guide nature : aimer la nature ne suffit pas
Une constante existe néanmoins : « Il faut une appétence pour le milieu naturel, aimer travailler en extérieur, par tous les temps », souligne Katia. « Même si on ne fait pas que ça ! » Pour elle, l’envie était là depuis toujours. « J’avais une sensibilité à la nature, j’aimais particulièrement m’y égarer, chercher, creuser… rencontrer des animaux. Depuis l’enfance. »
Née en Ariège, elle a d’abord passé un bac agricole, puis un BTS, avant de suivre sa famille dans les Landes. « J’ai été tout de suite embauchée, je faisais des visites nature l’été à Seignosse… et l’hiver, je partais en montagne, à Font-Romeu. »
Un rythme de saisonnière fatigant, qu’elle suit pendant trois ans avant de se voir proposer un poste à Mimizan. « J’ai suivi des formations en commercialisation, j’ai appris à construire un produit et à le vendre au travers de mon poste. Et finalement, ça m’a plu aussi ; plus les produits évoluent, plus ça devient intéressant. »

Guide nature dans les Landes, un métier passion pour découvrir la faune et la flore du marais d’Aureilhan. Photo : Brigitte Valotto
Des visiteurs… pas toujours faciles : savoir s’adapter à tous les publics
Aujourd’hui, Katia ne regrette rien, même si elle reconnaît que le métier n’est pas toujours facile. Il faut pouvoir enchaîner des matinées dans la nature, quelle que soit la météo, et des après-midi au bureau ou en visites commerciales. Sans oublier les échanges par téléphone, les rendez-vous et, bien sûr, les groupes qu’elle accompagne.
« Il faut savoir s’adapter à tous, car vous passez de longues heures en leur compagnie ! On doit vulgariser plus ou moins, selon le public… » Car le guide nature ne se contente pas de montrer une plante, un oiseau ou un paysage. « Parler de la nature, expliquer comment la respecter et la préserver, connaître ses risques, tout cela est un discours essentiel à transmettre, d’information et de prévention. »
Il faut aussi savoir composer avec des visiteurs aux sensibilités très différentes et éviter que les discussions ne virent au débat stérile. Katia raconte qu’elle peut avoir dans une même randonnée des personnes aux convictions écologistes très affirmées et des chasseurs tout aussi convaincus. Le guide doit alors faire preuve de diplomatie. Il lui arrive même d’avoir à arbitrer des conflits entre visiteurs.
Un rôle essentiel de prévention et d’information
Lorsque les questions écologiques font débat, le guide nature doit donc savoir rester neutre et bienveillant, tout en assurant son rôle de sensibilisation et de prévention. Dans les Landes, territoire particulièrement exposé aux incendies de forêt, apprendre aux promeneurs à connaître et à respecter leur environnement prend une dimension très concrète.
C’est sans doute cet aspect du métier qui motive le plus Katia aujourd’hui. Et qui continue à la rendre heureuse dans son travail : « Dans ce métier, on ne devient pas riche, mais on s’épanouit ! Moi, j’étais timide, effacée, et ça m’a complètement changée… Je me suis trouvée ! » On confirme : Katia n’a effectivement plus grand-chose d’effacé !

Que fait exactement un guide nature et quelle formation pour ce métier ? On suit Katia Galy à la découverte des Landes. Photo : VG-OIT Mimizan
Guide nature : les bons côtés du métier
- On travaille régulièrement dans la nature et en extérieur.
- On découvre toujours quelque chose de nouveau.
- Les journées et les activités sont variées.
- Le métier permet de transmettre sa connaissance et sa passion de la nature.
Guide nature : quelles sont les contraintes ?
- Il faut travailler dehors par tous les temps.
- Le métier est saisonnier : une activité complémentaire est souvent nécessaire pour travailler toute l’année.
- Les conditions de travail dépendent beaucoup de la structure qui vous emploie. Le guide nature n’est pas forcément salarié et peut être amené à créer sa propre activité.
- Il ne faut pas compter systématiquement sur ses week-ends ou ses vacances d’été : ce sont justement les périodes où l’activité touristique est la plus forte.
- Le métier ne se passe pas uniquement sur le terrain : les tâches administratives, commerciales et d’organisation peuvent occuper une partie importante du temps de travail.
Quel salaire pour un guide nature ?
En tant que salariée, Katia indique qu’un guide nature débute généralement avec une rémunération guère supérieure au SMIC. Il n’existe pas de grille de salaire unique : la rémunération dépend notamment de l’employeur et des missions exercées. Après 30 ans de carrière et avec les responsabilités qu’elle exerce aujourd’hui, Katia perçoit environ 2 600 euros nets par mois.
En indépendant, elle évoque des prestations facturées entre 150 et 200 euros la demi-journée pour l’accompagnement d’une classe ou d’un groupe d’environ 20 à 25 personnes. Il s’agit alors d’un tarif facturé par le professionnel, et non d’un salaire net.
Votre ado pourrait aimer le métier de guide nature si…
- Il aime la nature et les animaux, mais aussi, comme le souligne Katia, « les gens, l’humain ».
- Il est curieux et aime observer, chercher et comprendre ce qui l’entoure.
- Il sait s’adapter à des personnes et à des publics très différents.
- Il est à l’aise avec un travail physique et apprécie d’être dehors.
- Il aime transmettre et expliquer.
- Il préfère un métier varié à un cadre très rigide.
- Il est prêt à développer plusieurs compétences et éventuellement à construire lui-même une partie de son activité.
Quelle formation pour devenir guide nature ?
Katia a passé un brevet de technicien agricole. Aujourd’hui, il existe des formations plus directement adaptées aux métiers de la nature.
Après la 3e, il est notamment possible de préparer un bac professionnel GMNF (Gestion des milieux naturels et de la faune). Celui-ci peut être complété par un BTSA Gestion et protection de la nature (GPN).
Le brevet fédéral de randonnée constitue également un plus que conseille Katia.
Son propre parcours montre toutefois une autre réalité du métier : au-delà de la formation initiale, un guide nature peut être amené à acquérir au fil de sa carrière des compétences complémentaires, en animation, tourisme, organisation ou commercialisation, pour diversifier son activité et pouvoir travailler toute l’année.
Pour s’inscrire aux visites guidées de Katia Galy sur la commune de Mimizan : https://reservation.mimizan-tourisme.com/ ou par mail à contact@visites-bois.com
Vous avez aimé cet article ou bien vous voulez réagir ?
Envie de réagir à cet article, de donner votre avis ou de partager votre expérience ? Je prends la parole !