MA FAMILLE ZEN.com
Le webmag des parents des 6-14 ans !

Mon enfant est-il prêt à partir en colo ? Les conseils de notre expert, Maryse Vaillant.

Par le 20 mars 2011

 

Vous envisagez d’envoyer votre enfants en colo, mais vous vous posez mille questions : est-ce qu’il s’adaptera, est-ce qu’il ne s’ennuiera pas de vous (en tout cas pour les plus jeunes)… Notre expert, Maryse Vaillant, psychologue,  répond aux questions qu’on se pose légitimement en tant que parents avant de laisser ses enfants partir seuls.

Aquel âge peut-on envisager d’envoyer son enfant en colonie de vacances ?

Dès le CP si sa maturité le permet. Pour un temps court, bien encadré. Si l’enfant le désire.
Mais c’est surtout le collégien qui en tirera le meilleur bénéfice : dès 10/12 ans, la colo c’est parfait. C’est même nécessaire, comme apprentissage du collectif et des règles en dehors de la sphère scolaire ou du monde affectif familial.

Si mon enfant est solitaire ou timide, est-ce une façon de l’aider à s’ouvrir aux autres ?

Oui, le collectif fait le plus grand bien à l’enfant si l’encadrement est chaleureux et qu’on veille sur lui et sur sa socialisation.  C’est en général l’esprit des colos. Il faut tout de même se renseigner sur l’esprit de la colo et ne pas imaginer que les choses seront magiques. L’enfant timide ou solitaire a peut-être besoin de faire des activités socialisantes pendant l’année scolaire, d’être responsabilisé.

S’il a besoin d’être encadré, voir recadré, est-ce l’idéal ?

Pas trop, car l’encadrement n’implique pas de recadrer des enfants qui manquent de repères. Il faut mieux recadrer son enfant soi-même avant de  l’envoyer dans un collectif. Il risque de se faire remarquer, stigmatiser, voire rejeter. La colo ne peut être une « maison de redressement » comme certains parents l’imaginent. On ne « redresse » son enfant qu’en le cadrant avec fermeté et affection, à la maison.

Quels sont les bienfaits de la vie en communauté pour un enfant ou un ado?

Pour les ados, le bénéfice est total. Ils prennent un peu de distance par rapport aux parents, se retrouvent entre eux et doivent se contraindre à des règles collectives. Ils ont absolument besoin d’un univers par classe d’âge pour éviter les confrontations parentales, vivre leurs émois de puberté, apprendre à se connaître.

Mon enfant sera-t-il plus « sociable » après être parti en colo ?

Oui, certainement. Il va découvrir les joies et les contraintes de la vie à plusieurs. Il va également se révéler peut-être plus frondeur, plus autonome. Il peut dérouter ses parents à son retour, car les gosses changent vite. Il faut alors mettre en valeur ce changement, accepter de le voir grandir. Ce n’est pas toujours facile pour les parents qui se plaignent d’avoir des enfants solitaires et timides mais qui ne supportent pas toujours qu’ils deviennent plus autonomes.

Faut-il choisir un séjour selon la personnalité de son enfant ?

Oui. Se renseigner sur les activités, l’encadrement, l’esprit, la philosophie de l’établissement. Les activités proposées sont importantes pour que l’enfant adhère au projet. La philosophie est importante pour les parents qui confient un enfant malléable et vulnérable.

Cet éloignement est-il bénéfique, pour l’enfant, pour les parents ?

Pour les parents, c’est génial de souffler sans les enfants  et de savoir qu’ils vont grandir, évoluer, profiter.
Ne pas sous-estimer l’angoisse des parents, la solitude de la mère seule, les craintes. Prévoir des sorties, des rencontres, un programme. Il arrive que les parents fassent capoter un bon séjour par leur anxiété et leurs coups de fil trop fréquents.

Partir en colo ou partir en vacances dans la famille ou chez des amis, quelle différence pour l’enfant ?

Le collectif avec des adultes apporte plus de règles et moins d’affection. L’enfant va se découvrir sans la protection parentale, il va apprendre à se connaître. Chez des amis ou chez les grands parents, il prolonge la situation familiale. Les deux solutions sont bonnes, mais complémentaires.

Comment préparer au mieux l’enfant à  cette séparation ?

Parler, raconter, se documenter, se réjouir avec lui. Mais la séparation sera mieux vécue par lui si elle est bien vécue par ses parents, sa mère surtout.
Le plus important : envisager la garderie, le centre aéré, pour voir comment il se comporte en collectivité. Ce sont de très bons moyens de préparer un enfant solitaire à la vie de groupe.

Pendant son séjour, faut-il l’appeler ou lui écrire régulièrement ?

Demander l’avis des encadrants. Le mieux est de ne pas vouloir être trop proche, d’accepter la séparation. Les encadrants ont leurs règles, c’est bien de s’y tenir.

Finalement, comme dans la chanson de Pierre Perret « Les joyeuses colonies de vacances », est-ce qu’on se fait des souvenirs impérissables en colo ?

On se fait toujours des souvenirs, les anecdotes relationnelles, les choses bizarres, les incidents comiques ou gênants. Mais le plus important c’est qu’on grandit hors du regard des parents. Etape par étape on devient vraiment soi-même.
Et ceci ne fabrique pas nécessairement des souvenirs, mais c’est un élément essentiel de la maturation de l’enfant.

A lire :

Ma famille, mes copains, mon école et moi, de Maryse Vaillant et Judith Leroy, chez Pocket Jeunesse, 17,50 €.

Ma famille, mes copains, mon école et moi : 160 réponses à mes petits et grands soucis

Maryse Vaillant, psychologue clinicienne.

Longtemps spécialisée dans le domaine de l’enfance, de l’adolescence et de la famille, Maryse Vaillant a publié plus d’une vingtaine d’ouvrages, dont L’adolescence au quotidien (Pocket), Pardonner à ses parents, (La Martinière et Pocket), Les violences du quotidien et Quand les violences vous touchent, (avec Christine Laouénan, La Martinière Jeunesse). Récits de divan, propos de fauteuil, comment la psychanalyse peut changer la vie et Entre sœurs, une question de féminité, (avec Sophie Carquain, Albin Michel) et Au bonheur des grands mères (Eres)
Avec sa fille, Judith Leroy, elle a publié, Vivre avec elle, mère et fille racontent (La Martinière, Pocket), Range ta chambre et Cuisine et dépendance affective (Flammarion, J’ai lu) et Ma famille, mes copains, mon école et moi, 160 réponses à mes petites et grands soucis (Pocket Jeunesse)

0 com. | Laisser un commentaire

Partagez vos réactions !

*