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Ma famille de samouraïs, le passé en héritage

Par Bénédicte Flye Sainte Marie - Mise à jour le

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Très joli film de la réalisatrice Célia Catunda, le film d’animation Ma famille de samouraïs, qui sort le 16 septembre au cinéma, nous fait marcher dans les pas de Noboru, un garçon qui va s’immerger dans les méandres et tragédies de son histoire familiale à la faveur d’un exposé qu’on lui demande de rédiger.

Ma famille de samouraïs, l’histoire

Noboru, dix ans, habite à Sao Paulo, dans le Brésil des années 80. Lorsqu’on le charge d’écrire un texte sur ses racines familiales, il est bien embêté, car il n’a jamais été très intéressé par ses origines japonaises. On peut même dire qu’il les rejette. Contraint et forcé de poser des questions à son grand père Hideo, qu’il considère comme un vieil homme bourru, pour les besoins de ce travail, il va lever le voile sur un très large pan du parcours de ses grands-parents. Et par la même occasion de l’enfance de Sumie, sa mère, qui lui était complètement inconnu jusqu’ici.

Au fil de leurs conversations, poussives au départ, plus fluides ensuite, il découvrira entre autres que Shizue, sa mamie, est la seconde épouse de son grand-père. Et que ce dernier a immigré au Brésil dans les années 20 avec sa première femme, pour fuir la misère et trouver du travail dans le secteur agricole. Il apprendra que ce statut lui a valu beaucoup de brimades et de discriminations, et qu’il a fait de la prison, pendant la Deuxième guerre mondiale, pour avoir enseigné clandestinement le japonais aux enfants de la diaspora (le Brésil et le Japon se situant des clans ennemis pendant le conflit, une loi interdisait en effet l’usage de cette langue).

Grâce à ce dialogue, quelqu’un dont il ignorait l’existence va émerger dans la vie de Noboru et dans les souvenirs de ses proches…

A partir de quel âge :

On peut emmener les enfants voir Ma famille de samouraïs dès 6-7 ans.

L’avis de MAFAMILLEZEN 

Vous cherchez le film parfait pour réunir dans une même salle enfants, parents et grands-parents ? Ma famille de samouraïs coche toutes les cases. Car cet opus qu’on prend beaucoup de plaisir à regarder, traduit dans un scénario conçu à la hauteur des plus petits, la difficulté que les plus âgés d’entre nous peuvent à avoir à transmettre leur histoire familiale. Surtout quand elle a été marquée par des douleurs, des drames ou lorsqu’elle comporte des zones d’ombre. Et il montre le poids qu’ont les secrets que l’on garde sur les intéressés : au début du récit, Hiedo est comme verrouillé dans ses silences, puis s’allège au fur et à mesure de l’intrigue, jusqu’à (presque) devenir le super papy tendre dont Noboru avait toujours rêvé.

Dans un film prévu pour être jeune public, Ma famille de samouraïs réussit le difficile exercice qui consiste à évoquer sans fards certains des épisodes les plus noirs de l’histoire des Japonais, comme la politique de ségrégation et d’assimilation forcée dont ils étaient victimes au Brésil au début du siècle dernier. Mais aussi les persécutions qu’ils ont subies à partir du moment où ce pays a pris les armes avec les Alliés et contre les puissances de l’Axe. Il évoque aussi les agissements du Shindo Renmei, organisation terroriste d’immigrés japonais qui refusaient d’admettre la capitulation de leur nation et tuaient ceux qui, parmi leurs compatriotes, reconnaissaient cette défaite. Comme Noboru, on achève cette aventure cinématographique en ayant appris beaucoup de choses !

On ne peut qu’apprécier également le graphisme, à la fois précis, doux, lumineux et coloré, l’humour et la gaité des personnages, notamment de Noburu et de ses deux meilleurs copains. Ils permettent d’évacuer le pathos et de faire passer des messages sur l’importance du multi-culturalisme, des échanges intergénérationnels et de la mémoire que l’on se transmet.

Certains esprits chagrins jugeront la trame du film un peu trop simple et linéaire, mais elle est adaptée à son propos. On suggère d’ailleurs à tous les professeurs de France (et d’ailleurs) de soumettre leurs élèves au même exercice que celui donné par la maitresse de Noboru, afin d’ouvrir la discussion dans les familles et en classe. Un bel exemple de pédagogie qui aide au vivre-ensemble !

Ma famille de samouraïs
Réalisé par :
Célia Catunda
Avec les voix françaises de :
Justine Hostekint, Laurent Pasquier et Angélique Heller
Genre :
Animation
Durée :
1h22
Sortie au cinéma :
le 16 septembre 2026

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