
Acné, appareil dentaire, règles douloureuses, baisse de moral, douleur après le sport… À l’adolescence, les besoins de santé se diversifient. Mais quel professionnel consulter, et dans quelles situations ? Du médecin généraliste aux différents spécialistes, voici les principaux professionnels de santé vers lesquels parents et ados peuvent être amenés à se tourner.
Quel professionnel de santé consulter en premier pour un adolescent ?
En cas de doute, le premier réflexe reste souvent de s’adresser au professionnel qui connaît déjà votre enfant. Mais à mesure qu’il grandit, ses besoins de santé se diversifient : orthodontie, dermatologie, santé mentale, suivi gynécologique… Des évolutions qui peuvent aussi inciter les parents à vérifier si leur couverture correspond toujours à ce qu’ils attendent d’une meilleure mutuelle de famille.
1- Le médecin généraliste ou le pédiatre : le premier point de repère
Fatigue qui s’installe, sommeil perturbé, douleurs, changements liés à la puberté, baisse de moral… Le médecin généraliste ou le pédiatre peut faire un premier bilan et orienter l’adolescent vers un spécialiste si nécessaire. Son rôle ne se limite donc pas aux maladies saisonnières.
Deux examens de suivi sont notamment prévus pendant l’adolescence, entre 11 et 13 ans puis entre 15 et 16 ans. Ils permettent de faire le point sur la croissance, la vue, l’audition, le sommeil, la santé psychique ou encore la prévention. Une partie de la consultation peut se dérouler sans les parents, avec leur accord et celui de l’adolescent, pour lui permettre de parler plus librement.
C’est aussi une première étape vers davantage d’autonomie en santé : apprendre à décrire ce que l’on ressent, connaître ses traitements éventuels et, peu à peu, savoir à qui s’adresser lorsqu’un problème se présente.
2- Le chirurgien-dentiste : et l’orthodontiste si besoin
À l’adolescence, le chirurgien-dentiste continue de surveiller dents et gencives. Il peut également orienter vers un orthodontiste lorsqu’un problème d’alignement des dents ou de mâchoire nécessite une prise en charge spécifique.
Pour les adolescents appareillés qui pratiquent un sport, quelques précautions supplémentaires s’imposent. « Les risques de blessure sont accrus lorsque l’on porte un appareil fixe sur les dents », rappelle le Dr Audrey Chokron, chirurgien-dentiste spécialiste qualifiée en orthodontie et membre de la Fédération Française d’Orthodontie. La FFO recommande notamment une protection adaptée pour les sports exposant à des chocs sur le visage.

À lire aussi : Orthodontie et sport : comment protéger les dents de nos ados et réagir en cas de choc.
Acné, vue : quels spécialistes consulter à l’adolescence ?
3- Le dermatologue : quand l’acné devient difficile à gérer
Les premiers boutons ne nécessitent pas systématiquement une consultation chez un spécialiste. Mais une acné importante, persistante, douloureuse, laissant des marques ou ayant un fort retentissement sur le moral mérite un avis médical. Le médecin traitant ou le dermatologue peut en évaluer la sévérité et proposer une prise en charge adaptée.
À cet âge, le sujet dépasse parfois largement la simple question esthétique. Éviter les photos, ne plus vouloir aller à la piscine ou se cacher derrière ses cheveux peuvent traduire un vrai mal-être. Mieux vaut alors ne pas réduire le problème à un banal « ça passera avec l’âge ».
MaFamilleZen a également demandé au Dr Luc Sulimovic, dermatologue, comment prendre soin des peaux jeunes sujettes à l’acné.
4- L’ophtalmologiste : si votre ado ne voit plus aussi bien
Il se rapproche pour lire, plisse les yeux pour regarder au loin ou se plaint régulièrement d’une gêne visuelle ? Un bilan peut être nécessaire. Le contrôle réalisé lors de l’examen médical entre 11 et 13 ans permet notamment au médecin de repérer certains troubles de la vision et d’orienter l’enfant vers un ophtalmologiste si besoin.
Les années collège et lycée correspondent aussi à une période où les activités en vision de près occupent une grande place : cours, devoirs, smartphone, ordinateur… Sans attribuer tous les problèmes de vue aux écrans, rester attentif aux changements ressentis par son ado permet de consulter lorsque cela devient nécessaire.

Santé mentale et intimité : vers qui un ado peut-il se tourner ?
5- Le psychiatre ou le psychologue : lorsque le mal-être s’installe
Un coup de blues après une dispute ou une mauvaise note ne nécessite évidemment pas une thérapie. En revanche, un mal-être persistant, un repli inhabituel, une anxiété envahissante, des troubles du sommeil, un décrochage ou des idées noires ne doivent pas être banalisés. Le médecin traitant peut constituer un premier interlocuteur et orienter ensuite vers un professionnel adapté.
Le sujet mérite d’autant plus d’attention que certains adolescents qui vont mal restent loin du système de soins. Dans le Baromètre du moral des adolescents Ipsos-Notre avenir à tous publié en mars 2025, 44 % des jeunes présentant une suspicion de troubles dépressifs modérés ou sévères déclaraient n’avoir parlé de leurs problèmes à aucun professionnel de santé.
« Les parents se retrouvent à devoir accompagner leurs enfants dans des situations de détresse face auxquelles ils sont très démunis », souligne le Dr Olivier Canceil, psychiatre et vice-président du Conseil scientifique et pédagogique de PSSM France.
Attention à ne pas confondre les métiers : le psychiatre est médecin et peut prescrire des médicaments, contrairement au psychologue. Selon la situation, l’un ou l’autre peut être indiqué, parfois dans le cadre d’un accompagnement coordonné avec le médecin traitant.

6- La sage-femme ou le gynécologue : pas seulement pour la contraception
Règles particulièrement douloureuses, questions sur la puberté ou la sexualité, besoin d’une contraception… Une adolescente peut consulter un médecin ou une sage-femme. Cette dernière peut notamment assurer le suivi gynécologique de prévention et prescrire une contraception.
Et première consultation ne veut pas dire automatiquement examen gynécologique. Celui-ci n’est pas indispensable lors d’une première demande de contraception et ne peut être réalisé qu’avec le consentement de l’adolescente. Pour les mineures qui souhaitent que leur démarche reste confidentielle, des dispositions spécifiques existent également.
« On est là juste pour parler », résume Eugénie Audibert, sage-femme interrogée par MaFamilleZen. Le rendez-vous peut ainsi permettre d’aborder les règles, la contraception, le consentement, les IST ou les relations affectives sans imposer d’examen. Retrouvez son témoignage dans notre article Votre ado doit voir un gynéco ? Et si elle allait plutôt chez la sage-femme ?.
Sport et croissance : quand faut-il demander un avis médical ?
7- Le médecin du sport : en cas de douleur ou de problème particulier
Une courbature après la reprise du basket ne justifie pas une tournée des cabinets médicaux. Mais une douleur qui persiste, une blessure qui récidive, un problème de santé connu ou une gêne empêchant de pratiquer normalement peuvent justifier un avis médical. Le médecin traitant peut effectuer le premier bilan et orienter vers un médecin du sport ou, lorsque c’est indiqué, vers un kinésithérapeute.
À l’inverse, un adolescent en bonne santé et régulièrement suivi n’a généralement pas besoin de voir un médecin simplement parce qu’il commence une activité sportive. Pour les mineurs, le certificat médical n’est plus systématiquement exigé pour obtenir ou renouveler une licence, sauf dans certaines situations ou pour des disciplines présentant des contraintes particulières.
Ces sept professionnels ne correspondent donc pas à sept cases à cocher avant les 18 ans. Un ado en bonne santé peut n’en rencontrer que quelques-uns. L’enjeu est plutôt de savoir qui consulter lorsque le besoin apparaît, tout en lui laissant progressivement une place plus active dans ses propres décisions de santé. À mesure qu’il grandit, le parent reste présent, mais il passe peu à peu du rôle d’organisateur des rendez-vous à celui de guide vers l’autonomie.
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