
Signé par Pascal Plisson, lauréat d’un César en 2013 pour Sur le chemin de l’école et réalisateur également du magnifique We have a dream en 2023, le documentaire Ma toute petite école offre une plongée émouvante et puissante dans le quotidien d’une école rurale de Savoie. En salles le 4 novembre.
Ma toute petite école, l’histoire
Il était une fois une école, qui n’était pas petite mais minuscule, perchée à 1600 mètres d’altitude, dans le hameau de la Gurraz, située entre deux couloirs d’avalanche. Cette école, qui est le plus modeste des établissements à classe unique de France, accueille huit enfants de maternelle et primaire. Guerlain, Hugo, Elona, Elina, Charly, Aron, Léonora et Lisa ont été rejoints par Léa et Noémie durant la période de tournage. Deux petites filles dont le papa et la maman sont saisonniers et ne vont rester que temporairement dans la commune.
Pendant toute une année scolaire, ces élèves et leur professeure, Sylvie Mercier, sont suivis dans leurs journées très classiques, parce qu’on y fait des maths, de l’écriture, de la dictée et de l’expression artistique, comme ailleurs. Mais leur emploi du temps a également des cotés plus atypiques. Comme lorsque l’on fait de la luge sur les escaliers de l’école, du biathlon pendant les plages dédiées à l’EPS, que l’on hérite de vacances imprévues le temps d’un ou deux jours à cause de chutes de neige trop massives. Ou que l’on est obligé(e) de quitter ses copains au bout de quelques mois, au gré de la fin des contrats des parents, qui travaillent à la montagne l’hiver et dans les stations balnéaires l’été.
Tout ce petit monde est suspendu aux décisions administratives du rectorat, qui peuvent conduire à la fermeture de l’école, qui est pourtant le cœur battant de la commune…
A partir quel âge ?
Dès 6 ans. Les valeurs véhiculées par Ma toute petite école sont à la portée de tous.
L’avis de MAFAMILLEZEN
Ma toute petite école ne réalisera sans doute pas des millions d’entrées au cinéma. Cet opus le mériterait pourtant. D’abord parce qu’on y retrouve intacts l’amour et la tendresse que Pascal Plisson porte à l’enfance, et dont le Sur le chemin de l’école avait connu un très gros succès en 2013. Y infuse aussi l’énergie qu’il consacre à défendre l’accès à l’éducation pour tous, quel que soit le pays, le lieu où l’on nait.
Si ce film mérite d’être vu et revu, c’est ensuite parce que c’est une merveille d’espoir, d’ondes positives et une célébration tout sauf bêtifiante ou simpliste du vivre-ensemble. Car si elle n’est évidemment pas transposable partout, la scolarité telle qu’elle est menée à La Gurraz a des allures de démarche pédagogique idéale : tout est adapté aux besoins et au niveau de chacun. Les apprentissages individuels profitent au collectif, et les plus âgés viennent à la rescousse des jeunes pour aider la maitresse. On y partage par ailleurs beaucoup d’expériences de vie, notamment à travers la présentation que font les élèves du métier de leurs parents, souvent lié à aux particularités géographiques de la Gurraz. Certains sont dameurs, agriculteurs, charpentiers ou paysans, d’autres enseignent le ski ou élèvent des abeilles.
Dans ce cocon, on y privilégie les projets de groupe plutôt que la réussite académique effrénée, malgré l’exigence jamais prise en défaut de Sylvie Mercier : tous, y compris les adultes (Sylvie et Nadine, son ATSEM, sont du nombre) y apprennent sous la houlette de l’association Orchestre pour tous à jouer du saxophone ou des percussions. Ce qui leur permettra de donner des mini-concerts. Et l’école est un précieux héritage que l’on se transmet, comme l’expliquent plusieurs enfants. Dans leurs familles, on s’assoit sur ses bancs et chaises depuis quatre générations !
Mais l’atout majeur de Ma toute petite école, ce sont ses protagonistes, plus attachants que les personnages de n’importe quel long-métrage de fiction. Les élèves, le benjamin Guerlain en tête, sont absolument adorables, à la fois préservés de certains travers contemporains, comme l’addiction aux écrans, mais néanmoins bien dans leur époque. On le voit quand ils reprennent en chœur Clic cli pan pan de Yanns. Et leur maitresse est bien davantage qu’une simple enseignante. Véritable âme de l’endroit, elle est toujours sur le pont, non seulement pour accompagner au mieux, malgré leurs âges très divers, les enfants dont elle a la charge, mais aussi empêcher que l’école ne disparaisse et que le village ne s’éteigne avec elle. Un exemple à méditer, à l’heure où chacun campe sur ses intérêts particuliers….
Ma toute petite école
Réalisé par : Pascal Plisson
Genre : Documentaire
Durée : 1h28
Sortie : le 4 novembre 2026
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