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We have a dream, un bouleversant éloge de la singularité

Par Bénédicte Flye Sainte Marie - Mise à jour le

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Pascal Plisson, auquel on doit le très remarqué Sur le chemin de l’école sorti en 2013, suit dans son nouvel opus, We have a dream, la trajectoire de cinq enfants porteurs de handicap dans le cheminement qu’ils vont entreprendre pour embrasser leurs rêves. On vous offre des entrées en fin de chronique !

We have a dream : l’histoire

We have a dream, c’est une multitude d’existences qui s’entremêlent.

En France, on fait la rencontre de l’intrépide Maud, qui a été amputée de la jambe droite à la naissance, et qui est également profondément malentendante. Passionnée de danse et de musique, rien ni personne ne l’arrête, épaulée par ses parents qui l’ont toujours poussée à aller de l’avant, son frère Malo, et surtout sa sœur jumelle, Romy, avec laquelle elle entretient une relation fusionnelle.

Au Népal, Nirmala et Khendo ont, comme Maud, perdu l’une de leurs jambes, lors d’un dramatique tremblement de terre survenu au printemps 2015. Voisines de chambre à l’hôpital après avoir subi une amputation, elles sont devenues depuis les meilleures amies du monde, et partagent leur joie de vivre et leur goût pour les chorégraphies. Elles espèrent bien d’ailleurs se produire lors du spectacle de fin d’année de leur école.

Au Rwanda, Xavier est quant à lui atteint d’albinisme, maladie qui se caractérise par une absence complète de pigmentation de la peau, et une faible acuité visuelle. Bon élève, il espère devenir médecin plus tard, mais doit se battre pour faire accepter sa particularité physique, qui l’expose à beaucoup de préjugés et de superstitions.

Quant à Charles, qui est non-voyant, c’est une graine d’athlète, dont les ambitions encore embryonnaires vont pouvoir grandir grâce au soutien d’un glorieux compatriote, le champion paralympique Henry Wanyoïke. Enfin, on suit à l’écran Antonio, huit ans, un petit garçon autiste et malentendant qui a été adopté par Anète et Cabral, lui-même paraplégique après un accident de la route

A partir de quel âge ?

We have a dream est un film qu’on peut voit à partir de 10 ans.

L’avis de MAFAMILLEZEN

Dans son long-métrage We have a dream, Pascal Plisson renoue avec les fils rouges qui constituent l’épicentre de l’ensemble de ses films, à savoir de faire voyager sa caméra aux quatre coins du monde et d’y sonder le cœur battant de l’enfance et de l’adolescence. Le réalisateur de Sur le chemin de l’école, qui avait réussi il y a dix ans la prouesse rare pour un documentaire de faire venir près d’un million et demi de personnes en salles, s’intéresse ici aussi au handicap moteur, mental et/ou social, et le fait avec intelligence et subtilité.

S’il n’élude pas les difficultés pratiques, matérielles ou économiques du quotidien des cinq « héros » de ce long-métrage, ou les jugements que l’on émet à leur égard (on pense notamment à Xavier qui ne peut pas faire ses devoirs chez lui quand les batteries du téléphone de sa mère sont déchargées, car sa maison n’a pas l’électricité, et affronte le regard des gens lorsqu’il va au marché en famille), il ne cède pas pour autant au misérabilisme. Au contraire, l’optimisme est omniprésent dans We have a dream, particulièrement chez l’inséparable tandem de copines au sourire permanent, Nirmala et Khendo, tout comme chez Maud.

Mais le cinéaste ne tombe pas pour autant dans le travers, malheureusement assez commun, qui consisterait à édulcorer ou à esthétiser le handicap. Ici, Pascal Plisson montre par exemple sans fards ce qu’est un membre amputé, ou les yeux blancs d’une personne atteinte de cécité. Auprès de lui et à travers We have a dream, on comprend que lorsqu’on a la chance d’être encouragé, la différence n’est pas un empêchement pour concrétiser ses envies et projets. Et que comme dit Charles, qui adorerait devenir coureur de fond international et avocat, « notre invalidité n’est pas une incapacité ».

Mais si les jeunes protagonistes de We have a dream, vecteurs de force et d’espoir, sont exceptionnels, les adultes qui les entourent ne le sont pas moins. Il y a ainsi une incroyable tendresse qui empreint chacun des mots et des gestes de Cabral et Anète, les parents d’Antonio. Ils expliquent ainsi que la venue de cet enfant dans leur foyer, qui s’est pourtant accompagnée d’une incroyable série de complications administratives et médicales, a été leur épiphanie, le couronnement de leur amour et le socle de leur famille. Et on retrouve cette puissante affection qui transcende chez Florence, la maman de Xavier, qui l’a entre autres protégé des kidnappings et des pratiques de sorcellerie dont sont fréquemment victimes les albinos dans le Sud-Est de l’Afrique. Mais aussi chez Wilson et Lucie, le père et la mère de Charles, qui lui vont lui permettre de trouver sa voie. Ou chez les éducateurs et enseignants qui côtoient ces enfants.

Enfin, on ne peut pas terminer sans évoquer les sublimes images qui ponctuent We Have a dream, notamment la longue séquence d’entrainement à la barre de Maud et son groupe, qui clôture ce film.

We have a dream
Réalisé par : Pascal Plisson
Genre : Documentaire
Durée :
1h36
Sortie au cinéma :
le 27 septembre 2023
Dès 10 ans

CONCOURS : A gagner 5 entrées valables pour 2 personnes du 20 au 26 septembre 2023 dans l’espace Concours !

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