Le pharaon, le sauvage et la princesse, un triptyque aussi beau que classique

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Par Bénédicte Flye Sainte Marie le

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Neuvième opus de Michel Ocelot, le papa de Kirikou et la sorcière et d’Azur et Asmar, Le pharaon, le sauvage et la princesse, film en trois parties, charme par sa magnificence graphique, mais pâtit d’une narration un peu conventionnelle et répétitive. Au cinéma le 19 octobre.

Le pharaon, le sauvage et la princesse : l’histoire

Une conteuse, perchée en haut d’un échafaudage de chantier, propose aux personnes qui sont regroupées autour d’elle pendant leur pause déjeuner de leur raconter une histoire. Face aux demandes contrastées et parfois contradictoires de ses auditeurs, elle décide de leur proposer non pas une, mais plusieurs fables, se déroulant dans les lieux et à des périodes différentes.

La première, Pharaon !, dépeint l’odyssée dans l’Egypte antique d’un jeune homme qui va décider de conquérir tout son pays, par les mots davantage que par les armes, afin d’en devenir le souverain et de pouvoir épouser la femme qu’il chérit et dont la mère, la vilaine régente, a juré de n’accorder la main qu’à un pharaon. De nombreuses apparitions de divinités, dont il demande la protection, émaillent son chemin….

Prenant pour cadre le Moyen-Age et les montagnes auvergnates, la deuxième fable, Le beau sauvage, évoque le fils d’un seigneur égoïste, cruel et cupide. Renié et condamné à mort par son père qui lui reproche d’avoir libéré le prisonnier qui croupissait dans le cachot du château, il vit dans la forêt et vole les riches à la manière de Robin des Bois, dans le but de redistribuer leurs biens aux pauvres.

La troisième fable, La princesse des roses et le prince des beignets, relate la rencontre, dans la Turquie du XVIIIème siècle, entre un prince rebelle qui a laissé derrière lui son palais et ses fastes qu’il ne supportait plus, pour devenir vendeur de pâtisseries, et une superbe demoiselle rousse, fille d’un grand vizir, qui vit recluse dans une luxueuse demeure. Leur gourmandise, leur goût pour la musique et bientôt une passion invincible et secrète va les rapprocher…

A partir de quel âge ?

Dès 5 ans. Le ton des contes est très naïf et donc adapté aux plus petits.

L’avis de MAFAMILLEZEN

Visuellement, le travail de Michel Ocelot est éblouissant, tout particulièrement sur le premier et le troisième volet de ce long-métrage qui offrent un incroyable déferlement de couleurs, d’ornements précieux et de détails. Et la grâce et la poésie de son trait, qui caractérisent son œuvre depuis Kirikou et la sorcière en 1998, se retrouvent aussi dans Le pharaon, le sauvage et la princesse.

On salue également le choix judicieux du réalisateur de ne pas se limiter à un seul style graphique : il mise d’abord sur l’animation dite « à plat », puis le deuxième segment, certainement le plus sombre du lot, est conçu à la façon d’un théâtre en ombres chinoises, alors que le dernier est élaboré en 3D.

Mais là où l’on n’est pas entièrement conquis par Le pharaon, le sauvage et la princesse, c’est en matière de scénario. Le problème ne se situe pas dans le fait que le cinéaste d’animation ait juxtaposé dans un même film plusieurs récits successifs, puisque Michel Ocelot avait déjà conjugué avec brio ce parti-pris dans Princes et princesses, Ivan Tsarevitch et la princesse changeante et Les contes de la nuit. Non, ce qui lui manque, c’est d’abord un peu de relief, de suspense et d’adversité comme dans tout conte qui se respecte. Or, on a ici l’impression que le pharaon, le beau sauvage et le vendeur de beignets arrivent toujours à leurs fins sans jamais beaucoup trembler.

Et on aurait aimé par ailleurs que les figures féminines cassent un peu plus les codes. Qu’elles ne soient pas cantonnées au rôle caricatural des sublimes et douces créatures qui attendent d’être délivrées ou épousées pendant que leurs homologues masculins virevoltent, détroussent, creusent des tunnels et guerroient, pour pouvoir espérer vivre d’amour et d’eau fraiche à leurs côtés. Renverser le stéréotype, au moins sur l’un des contes, aurait été appréciable, car on sait l’importance que la représentativité des personnages a dans la construction des enfants. Dans ce film, nos tourtereaux intrépides s’émancipent de parents ou de beaux-parents mal aimants, mais ne se dressent pas hélas contre les clichés !

Le pharaon, le sauvage et la princesse
Réalisé par : Michel Ocelot
Avec les voix françaises
d’Oscar Lesage, Claire de la Rüe du Can et Aïssa Maïga
Genre :
Animation
Durée :
1h23
Sortie au cinéma :
le 19 octobre 2022
Dès 5 ans

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