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J’avais 13 ans à Auschwitz, transmettre quand il est encore temps

Par Nathalie Brunissen - Mise à jour le

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À l’heure où les derniers survivants de la Shoah disparaissent, où les mots de haine circulent plus vite que jamais sur les réseaux sociaux, et où l’actualité internationale ravive les fractures, J’avais 13 ans à Auschwitz est un ouvrage précieux pour comprendre et transmettre. Un livre qui s’adresse d’abord aux adolescents, mais qui ne laissera pas les parents indifférents. On vous l’offre dans l’espace Concours Mafamillezen.

Un livre pour raconter l’indicible aux jeunes générations

Comment parler de l’holocauste à des adolescents sans les heurter, ni édulcorer la réalité ? Comment transmettre l’histoire des camps de concentration, de la déportation et de l’extermination des Juifs d’Europe alors que les témoins directs sont de moins en moins nombreux ? C’est à cette question délicate que répond J’avais 13 ans à Auschwitz, porté par la photographe Karine Sicard Bouvatier.

Près de 80 ans après la libération des camps, l’autrice poursuit un travail de transmission entamé il y a plusieurs années. Le principe est simple et fort : donner la parole à des survivants européens de la Shoah qui avaient entre 4 et 19 ans au moment de leur déportation, et les faire dialoguer avec des jeunes d’aujourd’hui qui ont le même âge qu’eux à l’époque. Le résultat est bouleversant de justesse.

Des témoignages intimes, à hauteur de préados et d’ados

Ici, pas de grands discours historiques abstraits. Les survivants racontent des fragments de vie : un regard, une séparation, une peur diffuse, un détail matériel qui prend une importance vitale. Ces récits, accompagnés de portraits photographiques sobres et puissants, disent l’expérience des camps de concentration à travers les yeux d’enfants et d’adolescents qui n’étaient pas préparés à l’horreur.

Faire dialoguer passé et présent

livre pour parler de la Shoah aux ados

Déportée à l’âge de 6 ans, Tatiana Bucci établit un parallèle saisissant entre ce qu’elle a vécu enfant et la manière dont nos sociétés accueillent aujourd’hui les personnes qui fuient la guerre. En retournant récemment sur les lieux d’où était parti son convoi, elle raconte le choc éprouvé face aux conditions dans lesquelles vivent désormais des migrants.

La première chose à laquelle j’ai pensé en entrant, c’est que même à Birkenau, on avait des toilettes. Elles étaient terribles, mais au moins, il y en avait. » Un constat brutal, qui la bouleverse encore : « Là, il n’y a pas de toilettes. Même pas d’eau froide. Ils n’ont rien, pas de lumière, rien du tout.

Son témoignage relie passé et présent sans jamais forcer le trait, rappelant combien l’inhumanité peut ressurgir quand on détourne le regard.

Nommer les mécanismes de la haine

témoignage survivants des camps de concentration

Déportée à 12 ans, Eva Szepesi insiste, elle, sur un point essentiel : la Shoah n’a pas commencé dans les camps de concentration, mais bien avant. « La Shoah n’a pas commencé avec Auschwitz », rappelle-t-elle, soulignant le rôle des mots, du silence et de l’indifférence collective. Une mise en garde limpide, qui résonne fortement aujourd’hui :

Nous avons la responsabilité de faire face à la haine où elle se manifeste.

Croire encore en l’humanité

témoignage ancien déporté camps nazi

Simon Gronowski, déporté à 11 ans, livre quant à lui une parole d’une force désarmante. Il rappelle que les enfants sont toujours les premières cibles des idéologies génocidaires :

Lorsqu’on veut commettre un génocide, il faut d’abord tuer les enfants, car les enfants représentent l’avenir.

Et pourtant, malgré l’horreur traversée, il affirme une foi intacte en l’humanité :

Toutes les vies sont égales. Si tout le monde a les mêmes droits, il y aura la paix.

Transmettre sans haine

livre sur rescapés d'Auschwitz

Enfin, Ginette Kolinka, l’une des dernières grandes passeuses de mémoire en France, parle d’égalité avec une simplicité qui frappe. Sans pathos, elle rappelle l’essentiel :

Ce n’est pas parce que nous n’avons pas la même couleur de peau, parce que nous n’avons pas la même religion, que nous sommes différents. Nous avons tous la même couleur de sang : un sang rouge.

Ces paroles fortes ne sont que quelques-uns des 31 témoignages de rescapés de la déportation rassemblés dans J’avais 13 ans à Auschwitz. Ensemble, ils forment une mémoire vivante, profondément humaine, tournée non vers la vengeance mais vers la transmission, pour éclairer les jeunes générations et les aider à comprendre le monde d’aujourd’hui.

Un livre pour engager la discussion avec ses ados

Pour les parents, ce livre aide à trouver les mots. Il ouvre un espace de dialogue avec les adolescents sur des sujets complexes mais essentiels : la Shoah, l’antisémitisme, le racisme, les mécanismes qui mènent à la déshumanisation. J’avais 13 ans à Auschwitz est un livre profondément bienveillant, qui montre des enfants cueillis dans la fleur de l’âge, confrontés à l’impensable, mais aussi des adultes qui, malgré tout, n’ont pas renoncé à croire en l’homme.

On y lit la force des liens familiaux, l’amour de parents prêts à se sacrifier pour donner une chance de survie à leurs enfants, et une incroyable capacité de résilience. Ce qui frappe, surtout, c’est l’absence de haine. Malgré l’horreur vécue, ces survivants transmettent des valeurs de tolérance, d’empathie et de fraternité. Leur parole pèse. Elle compte. Elle éclaire les jeunes générations sur le racisme, l’antisémitisme, les conflits actuels et la responsabilité citoyenne.

Oui, l’espoir que portent ces survivants de la Shoah peut sembler fragile, presque utopique. Mais il est indispensable. Ce livre agit comme un passage de témoin, un appel à rester vigilants.

Un ouvrage à lire et à partager en famille. Un livre nécessaire. Aujourd’hui plus que jamais.

J’avais 13 ans à Auschwitz, par Karine Sicard Bouvatier, La Martinière Jeunesse, 240 pages, août 2025, 14,90 € – Commander sur Amazon
A partir de 10 ans

Et aussi :

L’exposition « Déporté j’avais ton âge, une histoire européenne », issue du livre J’avais 13 ans à Auschwitz, sera montée sur les grilles de la Mairie de Paris du 27 février au 31 mars 2026.

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