
Et si les chiens et les chats donnaient envie aux enfants de s’intéresser à la Première Guerre mondiale ? Au Mémorial 14-18 Notre-Dame-de-Lorette, près de Lens, l’exposition « Poilus » raconte le destin méconnu de ces compagnons à quatre pattes dans les tranchées. Une approche originale, souvent émouvante, pour découvrir en famille une autre facette de la Grande Guerre pendant les vacances de la Toussaint.
Des chiens et des chats dans les tranchées de 14-18
Quand on évoque les animaux pendant la Première Guerre mondiale, on pense surtout aux chevaux, mobilisés en masse sur les champs de bataille. Beaucoup moins aux chiens et aux chats, pourtant très présents aux côtés des soldats.
C’est cette histoire méconnue que raconte l’exposition « Poilus : Histoire des chats et chiens de la Grande Guerre », présentée au Centre d’histoire du Mémorial 14-18 Notre-Dame-de-Lorette, à Souchez, dans le Pas-de-Calais.
Le parcours s’appuie essentiellement sur des photographies d’époque, dont beaucoup proviennent des archives militaires. Des images parfois étonnantes, souvent touchantes, qui montrent combien les animaux ont partagé le quotidien des combattants. Avec des destins très différents selon qu’ils étaient chiens ou chats.

Les chiens, de véritables soldats à quatre pattes
La première partie de l’exposition est consacrée aux chiens. Et leurs missions étaient bien plus variées qu’on ne l’imagine ! « Les chiens vont être réquisitionnés et mobilisés au même titre qu’un soldat », explique Juliette Gouesnard, chargée de programmation au Mémorial et commissaire de l’exposition.
Chiens sanitaires chargés de retrouver les blessés, chiens messagers capables de franchir les tranchées bien plus rapidement qu’un homme, sentinelles détectant la présence ennemie grâce à leur odorat, chiens de transport tirant des mitrailleuses ou des munitions… Les photographies racontent leur engagement sur le front.

Certaines surprennent particulièrement : des chiens équipés de lunettes et de masques à gaz, ou encore ces attelages venus du Canada et d’Alaska pour transporter du matériel et évacuer des blessés dans les Vosges enneigées.
On découvre aussi que les méthodes de dressage différaient selon les armées. Les Britanniques privilégiaient le lien affectif entre le chien et son conducteur, tandis que les Français avaient une approche beaucoup plus utilitaire.
Cet attachement était parfois si fort qu’à la fin de la guerre, certains soldats britanniques allaient jusqu’à « cacher leur chien dans le sac à dos pour passer les contrôles de douane », raconte Juliette Gouesnard. Tout ça pour pouvoir ramener leur compagnon chez eux, malgré les restrictions sanitaires !

Les chats, un peu de tendresse au milieu des combats
Dans la seconde partie, place aux chats. Contrairement aux chiens, ils n’étaient généralement pas mobilisés. Ils arrivaient souvent d’eux-mêmes dans les tranchées, où ils trouvaient nourriture et affection.
Les photographies montrent des soldats serrant un chaton contre eux, jouant avec leur mascotte ou partageant un moment de calme avec un félin. Des scènes de tendresse qui contrastent avec la violence de la guerre.
Juliette Gouesnard rapporte des témoignages de soldats évoquant des chats qui se promenaient librement entre les lignes ennemies. « Il pouvait se balader, presque se pavaner », raconte-t-elle, alors qu’un soldat qui dépassait le moindre doigt de la tranchée risquait de se faire tirer dessus. Une forme de trêve tacite qui ne concernait malheureusement pas tous les chats.

Autre anecdote touchante : dans une infirmerie britannique près de Lens, un chat avait même sa place dans les consignes de service. Parmi les instructions transmises lors des changements d’unité figurait cette recommandation : « Penser à mettre la gamelle de lait à l’aube pour le chat ». Une petite attention qui en dit long sur la place prise par ces animaux dans le quotidien des soldats.
Mais l’exposition invite aussi à regarder ces images autrement. Les animaux, et particulièrement les chatons, étaient parfois utilisés à des fins de propagande. Montrer un soldat attendri par un animal permettait de donner une image plus humaine des combattants et de rassurer les familles. Une utilisation de l’émotion dans les images de guerre qui n’a rien perdu de son actualité.

Notre avis : une belle porte d’entrée dans l’Histoire pour les enfants
C’est tout l’intérêt de cette exposition : aborder une période historique difficile à travers des animaux auxquels les enfants sont particulièrement sensibles.
Les photographies, nombreuses et accessibles même aux plus jeunes, rendent cette histoire immédiatement concrète. Le parcours est suffisamment riche pour surprendre aussi les adultes, qui découvriront des aspects souvent ignorés de la Grande Guerre. Pour aider les plus jeunes à suivre le parcours, Brave le chien et Moustache le chat jouent les guides, avec des textes spécialement conçus pour eux.
L’exposition n’élude pas le sort parfois tragique de ces animaux, mais les images restent accessibles aux plus jeunes. De quoi susciter des questions, et souvent de l’émotion. Car le destin d’un chien ou d’un chat peut parfois toucher davantage les enfants que les récits de guerre eux-mêmes.
Une belle idée de sortie en famille, qui devrait particulièrement intéresser les enfants dès 8-9 ans, mais aussi les adolescents.

Notre-Dame-de-Lorette : transmettre la mémoire de la Grande Guerre
Impossible de visiter le Mémorial 14-18 sans prendre le temps de découvrir les lieux de mémoire qui l’entourent. Sur la colline de Notre-Dame-de-Lorette, à deux minutes du Centre d’histoire, des milliers de soldats ont perdu la vie lors des terribles combats de l’Artois.
La nécropole nationale, où reposent plus de 40 000 soldats français, et l’impressionnant Anneau de la Mémoire, qui porte les noms de près de 580 000 combattants de toutes nationalités, parmi lesquels certains visiteurs retrouveront peut-être celui d’un ancêtre, donnent la mesure de cette tragédie.
Se retrouver avec ses enfants sur les lieux mêmes où s’est déroulée une partie de la Grande Guerre donne une force particulière aux récits historiques. Une visite essentielle pour entretenir la mémoire et faire comprendre aux jeunes générations le prix de la paix.

Infos pratiques : exposition « Poilus »
- Lieu : Centre d’histoire du Mémorial 14-18 Notre-Dame-de-Lorette, 102 rue Pasteur, Souchez (Pas-de-Calais), près de Lens.
- Dates : du 26 septembre 2026 au 3 janvier 2027.
- Tarif : entrée gratuite.
- Horaires : du mercredi au vendredi de 10h à 13h et de 14h à 18h, samedi et dimanche de 11h à 13h et de 14h à 18h jusqu’au 11 novembre. Puis du mercredi au dimanche de 13h à 17h.
- Visite guidée de l’exposition : le samedi à 15h, durée 45 minutes, 4 € par personne.
- Plus d’information : memorial1418.com – 03 21 74 83 15.
Vous avez aimé cet article ou bien vous voulez réagir ?
Envie de réagir à cet article, de donner votre avis ou de partager votre expérience ? Je prends la parole !