Mère et fille : jusqu’où doit aller la complicité ?

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Elle est votre alter-ego, vous êtes sa référence. Loin des habituelles tensions de l’adolescence, vous fonctionnez en parfaite entente avec votre fille. Mais cette proximité n’a-t-elle que des vertus ? Quelles limites faut-il lui fixer? Décryptage avec Patricia Delahaie, coach de vie et auteure du livre La relation mère-fille : les 3 clés de l’apaisement.

Mère fille complices, tête contre tête et se regardant en souriant

Dans les rapports qui unissent une fille à sa mère, la transition qui va de l’enfance vers l’âge adulte se révèle souvent être une période difficile. En grandissant, nos demoiselles éprouvent en effet le besoin de prendre du champ avec celles qui les ont mises au monde. Elles l’expriment par le biais de l’agressivité, parfois distillée à haute dose. Une phase de « je t’aime, moi non plus » teintée de reproches, de cris et de portes qui claquent que l’on ne retrouve cependant pas dans toutes les familles.

Certains tandems mère-fille traversent ces années réputées complexes dans l’harmonie. Elles conservent intact le lien de complicité qui les a toujours liées. Conversent sur n’importe quel sujet sans tabou ni heurt. Partageant parfois les mêmes centres d’intérêt et loisirs. Une « fusion joyeuse » telle que la définit Patricia Delahaie, qui reste bénéfique pour l’adolescente dans la mesure où y sont posés certains jalons

Trouver le bon ton et le bon registre

Pour la maman, le premier écueil à éviter est d’abord de tomber dans la confusion des rôles. « La mère est tenue de regarder sa fille et d’en prendre soin. Alors que la fille doit regarder vers sa vie et sa personnalité en construction. C’est pour cela que cela devient toxique lorsque la première exige de la seconde qu’elle occupe une place symbolique qui n’est pas la sienne, par exemple de compagnon, de mère ou de meilleure amie » explique notre experte. A nous donc de veiller à ne pas trop nous épancher sur des nos échecs sentimentaux et autres revers professionnels, de ne pas empiéter non plus sur sa sphère d’intimité, en bref d’être attentive à respecter certains filtres sans lesquels il existerait une trop grande porosité entre elle et nous.

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D’où l’importance d’être bien entourée socialement et affectivement par ailleurs, en dehors du cocon de tendresse que l’on a tissé avec elle et autour d’elle. « Une jeune femme en devenir a besoin d’être guidée, de trouver en sa mère un pilier, de la solidité. Voilà pourquoi il faut peser ce qu’on dit et ce qu’on fait, C’est un terrain d’hyper-sensibilité, d’hyper-réceptivité » précise Patricia Delahaie. Dans cette sphère, le père, s’il vit toujours avec la maman a son rôle à jouer « Il doit être un tiers entre elle, tempérer naturellement leur capillarité, sans attendre pour autant en retour de recevoir plus d’amour de sa compagne ou plus d’affection de sa fille » confie-t-elle aussi.

Fuir toute notion de compétition

L’autre piège éventuel de ces binômes mère-fille très soudés, c’est qu’il peut y germer une forme de concurrence. Quand Maman s’avise, comme dans les célèbres pubs du Comptoir des Cotonniers, de s’habiller comme sa fille et de parler « cool », il y a clairement un problème de positionnement. Et une volonté, consciente ou inconsciente, de rester en haut de l’affiche. Elle est préjudiciable parce qu’elle empêche l’ado de se trouver et de s’affirmer. « Par contre, elle sera très fière d’avoir une mère belle… pour son âge », nuance notre spécialiste.

Plutôt que d’être dans le « copié-collé » jeuniste, mieux vaut pour son épanouissement et le nôtre, montrer à la chair à sa chair que l’on est sereine dans ce que l’on est, physiquement et psychologiquement, et dans ce qu’on réalise. Etre un modèle d’accomplissement positif plutôt qu’une rivale.

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Enfin, pour être une mère « suffisamment aimante » selon le concept développé par le pédiatre Donald Winicott, c’est-à-dire ni trop ni trop peu, il ne faut pas chercher à bannir tout conflit, sous couvert de vouloir donner une éducation plus zen et ouverte que celle que l’on a soi-même reçue. La confrontation peut être salvatrice car elle permet de mettre à jour certains problèmes, voire de les régler. « Les meilleurs alliés que nous avons, ce sont nos enfants car par leurs symptômes, ils nous disent beaucoup de choses » conclut Patricia Delahaie.

A lire :
Quinze après son ouvrage-référence, Etre la fille de sa mère et ne plus en souffrir, qui s’est vendu à plus de 300 000 exemplaires, le nouvel ouvrage de Patricia Delahaie, Relation mère-fille, les trois clés de l’apaisement, nous détaille les divers leviers sur lesquels on peut agir pour retrouver des échanges plus constructifs et tendres avec sa maman : comprendre, s’ajuster, aimer (Editions Leduc S, avril 2017, 17 euros) –

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