
Mamoru Hosoda, grand maitre de l’animation japonaise, livre avec Scarlet et l’éternité une fresque flamboyante et foisonnante inspirée d’Hamlet, sur une jeune princesse de l’époque médiévale qui cherche à venger la mort de son père. Et nous offre un beau moment de cinéma que n’altèrent que quelques messages véhiculés de façon trop simpliste. Au cinéma le 11 mars. On vous offre des places dans l’espace Concours Mafamillezen !
Scarlet et l’éternité, l’histoire
Fille du roi Amleth, Scarlet coule des jours heureux auprès de lui à Elseneur, dans le château familial. Mais beaucoup de jalousies et des jeux de pouvoir entourent le souverain danois. Accusé de forfaits qu’il n’a commis, il est exécuté publiquement devant son peuple et c’est son frère, l’odieux Claudius, qui chausse sa couronne et épouse Gertrude, sa veuve.
Scarlet grandit ensuite dans la peur. Lorsqu’elle se décide, une fois formée au maniement des armes et devenue adulte, à affronter son oncle, elle est prise au piège de ce dernier et empoisonnée. Scarlet se retrouve alors dans un désert qui ressemble à un purgatoire, le Pays des Morts, où les défunts tentent de trouver le chemin vers L’Infini, un éden que tous convoitent. Ils doivent également lutter contre des ennemis divers et variés qui pourraient les faire disparaitre définitivement.
Sur place, Scarlet va croiser la route d’Hijiri, un infirmier tout droit venu du 21e siècle, qui est son exact opposé. Elle n’a en tête que ses représailles et le désir de rendre à Claudius tout le mal qu’il a fait ; quand Hijiri est dans le souci constant d’aider son prochain et de faire le bien autour de lui. Malgré des personnalités et des objectifs très différents, ils vont nouer une relation qui changera peut-être le cours de leurs destinées respectives. Cette rencontre apprendra aussi à Scarlet à penser autrement qu’avec la rage qui la tenaille depuis des années et… à choisir la vie !
A partir de quel âge ?
N’emmenez pas vos enfants voir Scarlet et l’éternité avant 10 ou 11 ans. Le film est quand même assez violent
L’avis de MAFAMILLEZEN
Quand Mamoru Hosoda s’empare d’une histoire ou d’un mythe, il faut reconnaitre qu’il ne le fait pas à moitié. Servie par son imagination débordante, l’intrigue d’Hamlet prend ici des allures fantastiques, dans les deux sens du terme, et presque métaphysiques.
Le Pays des morts, lieu où se déroule quasiment tout le film, concentre en effet une myriade d’inventions artistiques et de références culturelles. On y trouve des êtres qui évoquent des peuples venus des cinq continents, des créatures à mi-chemin entre la terreur et le merveilleux, des décors d’une richesse et d’un art du détails époustouflants, et de nombreuses passerelles entre les époques et les temporalités. Le réalisateur fait du territoire fictif qu’il a construit un endroit universel où chaque personne, quelle que soit son origine, peut se projeter. Et Scarlet et l’éternité en propose une traversée assez exceptionnelle.
Certaines scènes sont par ailleurs ultra-impressionnantes visuellement, notamment celle où Scarlet lutte contre la mort après avoir été victime, comme son père, des machinations de Claudius. On a l’impression que la jeune héroïne est comme prise dans un ballet satanique qui l’aspire vers le néant. Et il y a des trouvailles graphiques et scénaristiques assez géniales, tel cet immense dragon qui revient régulièrement fendre l’azur et qui est peut-être la personnification de la colère de Scarlet (ou la réaction du ciel face à la folie des hommes ?). On applaudit donc l’extrême créativité de Mamoru Hosoda et sa capacité à fabriquer des mondes qui ne ressemblent à aucun autre, une qualité qui caractérisait déjà son long-métrage précédent Belle , sorti en 2021.
On adhère moins, en revanche, à la manière manichéenne dont sont exprimées certaines idées, sur la nécessité du pardon, l’impératif de construire des sociétés qui ne soient pas régies uniquement par la brutalité, la guerre et la domination, et le souhait de léguer une planète plus pacifique aux générations futures. Ce que Mamoru Hosoda cherche à transmettre est louable, surtout en 2026 où la haine de l’autre ne s’est jamais si bien portée, mais on aurait aimé plus de subtilité dans la manière de le dire
Scarlet et l’éternité
Réalisé par : Mamoru Hosoda
Genre : Animation, Drame
Durée : 1h52
Sortie au cinéma : le 11 mars 2026
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