Belle, un pur joyau d’animation

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Par Bénédicte Flye Sainte Marie le

Belle film avis

Réalisé par Mamoru Hosoda, à qui l’on doit déjà des longs-métrages comme Summer Wars et Miraï, ma petite sœur, le film d’animation Belle est si riche et si créatif qu’il est très difficile de trouver des défauts. A voir sans faute à partir du 29 décembre.

Belle, l’histoire

La vie n’est pas très légère pour Suzu. Cette jeune fille solitaire et meurtrie, qui a perdu sa mère il y a quelques années lorsque cette dernière s’est noyée en voulant sauver une petite fille, se sent décalée par rapport aux adolescents de son âge, tous beaucoup plus extravertis, brillants et populaires qu’elles. Pire, depuis ce décès brutal, elle ne parvient plus à chanter, alors que c’était une passion pour elle. Suzu est également incapable de communiquer avec son père, avec qui elle partage pourtant la même douleur infinie.

Pour sortir de son isolement, elle accepte l’invitation de son amie Hiroka à rejoindre un univers virtuel nommé U, sorte de gigantesque réseau social où l’on vous fabrique un avatar à partir de vos données biométriques, de vos goûts et de vos pensées. Une fois entrée dans ce dispositif, Suzu va y devenir Belle, une sublime artiste à la voix d’or dont le timbre lui vaut rapidement d’y être suivie par des milliards de followers, d’être aussi scrutée, épiée et enviée. Une double qui va l’aider à prendre petit à petit confiance en elle et à oser sortir de sa coquille…

Mais dans cette sphère numérique, elle va croiser un jour la route d’un animal terrifiant qui semble animé par des gigantesques pulsions de vengeance. Plutôt de s’en méfier et de chercher à tout prix à le condamner, elle va essayer de comprendre ce que cache son agressivité…

A partir de quel âge ?

9-10 ans car le film Belle offre une réflexion intéressante sur l’ambivalence des réseaux sociaux, qui peuvent être des révélateurs de soi et des endroits où l’on échange, autant que des lieux de haine gratuite. Un propos sur lequel il serait dommage de ne pas méditer.

L’avis de MAFAMILLEZEN

Ce qui frappe d’abord, en regardant Belle, c’est l’intelligence de la construction, avec cette alternance de séquences qui nous plongent pour les unes dans la vie réelle avec les difficultés, limites et contraintes qu’elle nous impose, et la fantasmagorie et l’effervescence de l’intrigue lorsque celle-ci se déroule dans le cyberespace. Cette dichotomie est d’ailleurs symbolisée à l’écran par un style et une gamme chromatique différents pour les deux mondes, avec une épure volontaire du trait et des teintes froides pour la première, versus des couleurs acidulées et un luxe incroyable accordé aux décors dans le second. Même si l’on n’est à la base pas forcément archi-fan de manga, on ne peut être que subjugué par le résultat. Certaines scènes, à l’instar de celle où Suzu donne un concert sous sa véritable apparence, sont d’une splendeur et d’une émotion telles, qu’il est difficile de retenir ses larmes (et qu’il ne faut pas essayer de le faire).

Impossible aussi, si l’on voit cet opus dans sa version doublée en français, de ne pas saluer la performance de Louane, qui ne se contente pas de doubler avec sensibilité Belle, l’héroïne de ce long-métrage, rendant palpables ses peurs, ses doutes et ses évolutions. Mais la chanteuse assume aussi toutes les parties chantées de Belle et sa voix y fait merveille.

Le film Belle n’oublie pas non plus de nous réserver quelques références à l’imaginaire des contes de fées, avec la présence de cet être repoussant et brutal, qui n’est pas sans rappeler celui de la Belle et la Bête, même si la rédemption de la brute ne sera pas forcément celle que l’on avait imaginée… Et aussi étonnant que cela puisse paraitre dans un récit où l’évocation de la mort côtoie celle de la violence, il y a aussi de l’humour, notamment lors du « date » entre Shinjiro, sportif fou de kayak, gentil mais un peu lourdaud, et Ruka, la Miss (apparemment) Parfaite du lycée.

Enfin, comme l’a souhaité son réalisateur Mamoru Hosoda, ce long-métrage met en avant des personnages féminins forts et marqués, loin du cliché de la créature évanescente que l’on rencontre parfois dans ce type de cinéma. Comme Suzu, elles prennent l’initiative et changent le cours des choses. Ou tirent les ficelles, telle sa meilleure copine Hiroka, geek géniale capable de prendre le pouvoir sur les nouvelles technologies.

Bref, il n’y a des compliments à faire sur ce film qui coche toutes les cases…

Belle
Réalisé par : Mamoru Hosoda
Avec la voix française de : Louane Emera
Genre : Animation, Science-Fiction, Aventure
Durée : 2h02
Sortie au cinéma : le 29 décembre 2021
A partir de 9 ans

 

Le regard de Louane sur Belle :

« Belle est une histoire extraordinaire qui m’a beaucoup touchée. Si vous connaissez ma trajectoire, vous allez voir qu’il y a énormément de similitudes. C’est fabuleux, tant au niveau des différentes techniques utilisées -il y a la moitié du film qui est en animation japonaise traditionnelle et l’autre, qui nous projette dans ce monde virtuel des réseaux sociaux fait à la palette graphique. Les détails sont ahurissants, que ce soit en termes d’animation, de scénarios et de musique. J’avoue que c’est le projet dont je suis le plus fière cette année »

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