“Avant d’aborder les stéréotypes avec ses enfants… il faut en prendre conscience soi-même !”

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Par Brigitte Valotto le

stéréotypes égalité hommes-femmes

Déconstruire les clichés sexistes, c’est le but de la campagne Stéréotypes Stéréomeufs, lancée depuis 2018 par l’association ADOSEN Prévention Santé MGEN – avec notamment une web série à succès, réalisée avec Arte, qui vent d’entamer sa troisième saison.  A l’occasion de la Journée des droits des femmes, nous avons interviewé Eric Chenut, président de l’ADOSEN et militant associatif depuis près de trente ans, engagé contre toutes formes de discriminations, qui dirige depuis 2014 cette association, mettant à l’oeuvre de nouveaux outils pédagogiques pour sensibiliser les élèves à l’égalité hommes-femmes, de la maternelle à la fac. Des idées qui peuvent inspirer tous les parents !

Pouvez-vous nous présenter les grands axes des actions de l’ADOSEN auprès des jeunes ?

Notre association, ADOSEN, a été fondée par la MGEN (Mutuelle Générale de l’Education Nationale) en 1962. Elle est agréée par le Ministère de l’Education Nationale, pour agir auprès de la communauté éducative au service du bien-être des élèves et autour des sujets de santé, citoyenneté et solidarité. Pour cela, nous privilégions une démarche positive et participative. Nous menons des interventions en milieu scolaire, et nous déployons divers outils pédagogiques innovants, comme les serious games ou les web séries. En l’occurrence, pour la web série Stéréotypes Stéréomeufs, ce sont les élèves eux-mêmes, du CM2 à la Terminale, qui sont invités à écrire le scénario, grâce à un concours lancé à tous les élèves de France l’année dernière.

Quelles sont les réactions en classe lorsque vous diffusez Stéréotypes Stéréomeufs ?

Vous seriez surpris de voir à quel point les préjugés sexistes sont ancrés ! Beaucoup d’élèves ont du mal à les identifier du premier coup. Mais on se rend compte également qu’ils sont ancrés en nous, car parfois les élèves identifient des stéréotypes… là on où on ne pensait pas en mettre ! Ce qui est intéressant également, c’est le dialogue qui se met en place après la diffusion d’un épisode. Cela permet de mener ensuite tout un travail avec la classe, avec un débat et des activités pédagogiques sous forme de jeux de rôle, rédaction d’autobiographie genrée, etc.  Au final, il y a une vraie prise de conscience chez les élèves, qui arrivent à “chausser les lunettes du genre”… et c’est là l’essentiel !

A partir de quel âge les enseignants, mais aussi les parents, peuvent-ils commencer à parler d’égalité entre les sexes aux enfants ?

Dès le plus jeune âge ! Des études montrent que les filles, comme les garçons, prennent conscience de leur différence à partir de 6 ans : c’est très tôt ! Et les préjugés apparaissent alors autour de ces différences, quelque soient les catégories sociales.

Comment aborder le sujet ?

C’est difficile de parler des stéréotypes… quand soi-même on ne les voit pas ! Il faut donc commencer par en prendre conscience… Puis, une bonne manière d’en parler sans brusquer les enfants ou les ados, c’est de commenter avec eux des petites choses du quotidien qui font ressortir ces préjugés sexistes : les publicités dans le métro par exemple, les couvertures de journaux, les films… A partir de là, on peut dialoguer, sur le principe du débat philosophique : argumenter, définir, raisonner, organiser sa pensée… Appliqué au sujet de l’égalité filles/garçons, cette réflexion critique leur permettra d’éviter de se faire manipuler ou imposer certaines idées reçues !

Lire aussi : Comment donner une éducation féministe à ses garçons ?

Selon votre expérience, est-ce une cause qui progresse… ou est-ce tout le contraire ?

C’est plus insidieux aujourd’hui. Il y a une vraie progression et le discours a changé, mais certains stéréotypes sont bien ancrés. Les enfants semblent bien conscients de l’importance de l’égalité filles/garçons entre eux. On entend souvent « oui chacun fait ce qu’il veut, un garçon peut jouer aux poupées, une fille s’habiller en bleu, c’est normal ». Là où c’est plus compliqué c’est dans leurs projections et représentations du monde d’adulte : la femme fait à manger, l’homme descend la poubelle, et pareil pour les métiers qui restent fortement stéréotypés. Mais le personnel éducatif fait un travail formidable pour faire bouger les choses, et nous essayons de les accompagner au mieux. Nous espérons donner les  moyens à toutes les filles et à tous les garçons, par l’éducation, la citoyenneté, la culture, la santé et la solidarité, de s’élever en citoyens et citoyennes libres et éclairés, en capacité de prendre leur part pour donner force et vigueur à l’égalité républicaine !

Des outils ludiques… pour lutter contre les stéréotypes au quotidien !

Mettre en oeuvre l’égalité garçon-fille au sein de la famille ou de l’école, ça peut se faire en s’amusant… la preuve avec ces jeux et défis militants, mais pas embêtants !

Bataille féministe… aux cartes !

jeux de cartes antisexistes Topla

Dès le plus jeune âge, on peut s’amuser à ces jeux engagés développés par Topla depuis 2014. Tout seul, en faisant des pliages savants et instructifs,  avec ces “Origamis de l’égalité” qui permettent de découvrir dix grandes figures historiques féminines (dès 8 ans, 11,30€) ; en bluffant ses parents, ses frères et soeurs ou ses copains ou en les affrontant aux sept familles, toujours sur le thème des femmes inspirantes de l’Histoire de France – scientifiques, artistes, sportives, aventurières… de Joséphine Baker à Marie Curie, d’Agnès Varda à Marguerite Duras. (Le Bluff à la Française, dès 8 ans, 12,90€ et Le jeu de 7 familles sur les femmes inspirantes de l’Histoire, dès 6 ans – 12,90€). Et on peut aussi s’amuser à faire un “Mémo de l’Egalité” ou une “Bataille Féministe” : les cinq jeux s’achètent séparément ou ensemble dans un beau coffret. (The Moon Project – 5 jeux inspirants, 55€)

Retrouvez tous ces jeux sur playtola.com

Le ménage, on partage… en rigolant !

Qui s'y colle, jeu antisexiste chez Minus Editions

Copper Foil Bottle Packaging Mockup by Anthony Boyd Graphics

Original, ce jeu inventé par les cinq créatrices de la maison d’édition Minus propose de “libérer les femmes” de la maison en faisant piocher à tous les membres de la famille, chaque semaine, une carte “tâche” et une carte “défi”. Du coup, il faudra “remettre du papier toilette en prenant l’accent italien”, “vider le lave-vaisselle avec une seule main”, ou encore “sortir les poubelles en moonwalk…” Plus moyen de se défiler… le ménage, mieux vaut en rire !

Qui s’y colle ? Dès 4 ans, 12,90 € , disponible sur www.minus-editions.fr

L’avenir ? On le challenge !

“Entrepreneure ? Même Pas peur ! #EMPP”, c’est à la fois une campagne de communication, lancée depuis fin janvier à l’intention des filles de 13-18 ans, et un site qui se propose de les aider à développer leur esprit d’entreprise en leur proposant des défis ludiques mais formateurs, à relever au quotidien. Ce dispositif digital, mis au point par l’association 100 000 Entrepreneurs avec le soutien du ministère délégué auprès du Premier ministre chargé de l’Égalité entre les femmes et les hommes, de la Diversité et de l’Égalité des chances, s’articule autour des “soft skills” que les filles sont habituellement moins incitées à développer : s’informer, aller au contact, parler en public, etc. Des challenges qui leur seront lancés toute l’année en espérant aider à faire éclore une nouvelle génération de cheffes d’entreprise.

https://entrepreneurememepaspeur.fr/

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