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Gaza, Eux, c’est nous : un livre pour ne pas détourner les yeux des enfants de Gaza

Par Nathalie Brunissen - Mise à jour le

Gaza eux c'est nous

Avec Gaza, Eux, c’est nous, Marie Desplechin et Serge Bloch donnent un visage et une histoire aux enfants pris dans la guerre. Un petit livre à 5 euros, porté par 80 éditeurs jeunesse, dont les revenus seront intégralement reversés à Médecins du Monde. Un livre solidaire, mais surtout un texte qui nous oblige à regarder derrière les images de l’actualité.

Gaza. La guerre à Gaza. Les enfants de Gaza. Depuis des années, les images de destruction, de familles déplacées, d’enfants dénutris, blessés ou orphelins font la Une de nos actualités. À force de se répéter, l’horreur risque presque de devenir familière. Des images que l’on regarde parfois de moins en moins longtemps. Des chiffres que l’on entend sans parvenir à mesurer les vies qu’ils recouvrent. C’est précisément ce que Gaza, Eux, c’est nous vient bousculer.

Derrière les chiffres, une famille

Sous la plume de Marie Desplechin et le trait fin, presque fragile, de Serge Bloch, il y a désormais Rim, bientôt 10 ans, son petit frère Mohamad, 4 ans, et leurs grands-parents, Yacoub et Amal. Une famille palestinienne en exode, qui marche vers un ailleurs dont personne ne sait s’il sera plus sûr. Ils ont perdu leur maison, des proches, leurs repères. Yacoub, ancien professeur, tente malgré tout de préserver chez ses petits-enfants ce qui peut encore l’être : un peu d’insouciance, un peu d’imaginaire. Car, écrit Marie Desplechin, « les sourires maintiennent les enfants dans la vie ».

Alors Yacoub invente. Rim devient « Traces de pas dans le sable », Mohamad « Enfant du tonnerre ». Les voilà Cherokees. On danse pour guérir, on raconte des histoires pour couvrir un instant le bruit des drones. Jusqu’à ce que Rim constate : « quelquefois ma tête est la plus forte. »

Difficile de ne pas penser à La vie est belle, de Roberto Benigni, dans lequel un père utilise lui aussi l’imaginaire pour tenter de protéger un enfant de l’impensable. Sans mettre sur le même plan deux contextes historiques, le même geste bouleverse : celui d’un adulte qui invente encore lorsque la réalité est devenue insoutenable.

À Gaza, la vie n’est pas un roman

En lisant, on s’attache. Et forcément, on espère. On attend presque que Marie Desplechin trouve une porte de sortie à cette famille. Le lecteur finit d’ailleurs par la réclamer : « Fais-le alors ! Sors-les de là ! » Mais l’autrice refuse le réconfort facile. La fiction ne peut pas fabriquer artificiellement la fin heureuse que nous voudrions offrir à Rim et Mohamad.

C’est ce qui est le plus marquant dans ce livre. Les mots, peut-être plus encore que les images, nous font entrer dans la détresse quotidienne d’une famille qui n’a rien demandé à cette guerre. Ils redonnent une individualité à ceux que l’actualité finit parfois par réduire à des statistiques.

Le livre se prolonge par des pages documentaires consacrées notamment aux droits des enfants et aux conséquences de la guerre sur leur quotidien.

Gaza, Eux, c’est nous est un livre bouleversant d’humanité, là où elle semble avoir presque disparu. Un livre pour tous, à lire aussi avec ses enfants et ses ados, pour aller au-delà des images aperçues sur les réseaux sociaux et mettre des visages, des mots et des vies derrière l’actualité.

Quelques années après Eux, c’est nous, écrit par Daniel Pennac et déjà illustré par Serge Bloch pour alerter sur le sort des enfants réfugiés, l’édition jeunesse se mobilise à nouveau. Cette fois, 80 maisons d’édition, contre 40 précédemment, se sont réunies autour de Gaza, Eux, c’est nous. Leur ambition : redonner des visages à des enfants trop souvent réduits à des images ou à des chiffres, tout en leur apportant une aide concrète. Le livre est vendu 5 euros et l’intégralité des revenus est reversée à Médecins du Monde.

À ce prix-là, on peut même en acheter plusieurs, les offrir et les faire circuler.

Parution 11 septembre 2026, 48 pages – 5 € – dès 12 ans – Commander
Tirage 50 000 exemplaires

Les éditeurs avec Gaza, Eux, c’est nous : À pas de loups, Actes Sud jeunesse, Akileos, Ancrages, Askip, Athizes, Au diable vauvert, Bel et Bien, Casterman, Cipango, CotCotCot éditions, Dargaud, Didier Jeunesse, Éditions courtes et longues, Éditions du Grand Peut-Être, Éditions du Jasmin, Éditions du Pouquoi pas ?, Éditions Sciences Humaines, Éditions Théâtrales, Éditions Thierry Magnier, Flammarion Jeunesse, Format, Fotokino, Gallimard jeunesse, Ganndal, Gründ, Hélium, Issekinicho, Jasor, JS Éditions, L’Agrume, L’Ail des ours, L’Élan vert, La Cinquième Couche / 5c, La Maison Théâtre, La Martinière jeunesse, La nage de l’ourse, La Partie, La ville brûle, Lansman Éditeur, Le Calicot, Le diplodocus, Le Muscadier, Le Seuil Jeunesse, Le Verger des Hespérides, Les Arènes, Les Éditions du Rouergue, Les Fourmis rouges, Les Grandes Personnes, Les Venterniers, Lior éditions, Lucca Éditions, Lumen, Maison Georges, Mazeto Square, Nathan, Okidokid, Okopix, Oui’Dire éditions, Patayo, Pavupapri, Père Fouettard, Philéas & Autobule, Pictavita, PKJ, Poulpe Fictions, Quatre Epices, Robert Laffont, Rue de l’échiquier, Rue du Monde, Sarbacane, Scrineo, Slalom, Solo ma non troppo, Syros, Talents Hauts, Tartamudo éditions,
Trainailleur, Versant Sud Jeunesse, Vous êtes ici.

Avec le soutien du Salon du livre et de la presse jeunesse en Seine Saint-Denis et son Fonds de dotation.

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