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La place dans la fratrie

Par Corinne Mathieu - Mise à jour le

Classiquement, dans la famille, l’aîné a souvent un rôle de protecteur et se sent responsable de son petit frère ou de sa petite sœur. Cela lui confère davantage le sens des responsabilités. Nous avons tous en tête l’image du « grand » qui protège sa petite sœur bébé. Le cadet a parfois des privilèges. Il n’a pas à « lutter » pour avoir son argent de poche ou les sorties du soir. C’est acquis, il obtient ces « droits » au même âge que son frère ou sa sœur, sans avoir à le demander.

La place dans la fratrie influence-t-elle notre destinée ?

Quelle est la meilleure place ? Y en a t-il une plus facile ou plus difficile à tenir ? Chaque enfant pense que l’autre a plus de chance. L’aîné envie la place du cadet qu’il estime « chéri » par les parents et le cadet envie les privilèges de l’aîné qui peut se coucher plus tard. Au final, chaque place a ses propres difficultés et ses avantages.

Ce qui est sûr c’est que l’aîné sert de pôle d’identification pour la famille. Il trace la route pour ses frères et sœurs et donne aux parents l’occasion d’être parents. Selon Marcel RUFFO, le grand frère ou la grande sœur est souvent un initiateur voire un confident. Encore faut-il que cet aîné se sente à l’aise et reconnu dans ce rôle. L’aîné sort ses parents de la position d’amants pour les amener vers celle de parents.

Bien sûr, les liens fraternels n’excluent pas la rivalité entre les enfants. La rivalité peut être aussi forte que la complicité, les deux sentiments coexistent d’ailleurs intimement. Il se peut très bien que des frères et sœurs se chamaillent, voire se battent et finissent dans les bras l’un de l’autre.

Comment valoriser chaque enfant à sa place dans la fratrie ?

Pas toujours facile. Même si les parents pensent ne pas tenir compte de la place de l’enfant dans la fratrie, inconsciemment cette place joue un rôle.

La place de l’aîné

En effet, l’aîné est pour un temps enfant unique. Puis, il doit partager l’amour de ses parents à l’arrivée du « petit ». La jalousie peut alors exister.

Le mieux est sans doute de le valoriser au maximum dans son rôle d’aîné. Cependant, lui faire jouer le rôle de parent de substitution n’est pas la meilleure façon de faire. Installé trop tôt dans le rôle de « garde d’enfant », l’aîné est vite coupé de son enfance. De trop fortes responsabilités l’empêche de mûrir à son rythme et de construire ses véritables désirs. L’enfant répond à ce que les parents attendent de lui.

L’enfant du milieu

L’enfant du milieu est aussi en position inconfortable puisqu’il apparaît dans certaines études qu’il est peut-être celui à qui l’on accorde le moins de temps et d’attention. Il ne bénéficie ni du prestige de l’aîné ni des privilèges du cadet. Il peut connaître des difficultés à trouver sa place. Il se retrouve tantôt du côté des grands pour mettre le couvert et du côté des petits pour l’heure du coucher ! Aux parents de reconnaître explicitement des qualités propres, de les valoriser et de lui donner le sentiment qu’il existe.

L’enfant le plus jeune

Le cadet enfin est souvent « protégé ». Les parents « profitent » de lui puisqu’il n’y en aura pas d’autre… et, il est le plus petit… Cette protection agace les plus grands et il peut devenir le bouc émissaire des aînés qui n’admettent pas les privilèges qui lui sont accordés. Par ailleurs cette protection peut devenir « infantilisante » suivant le degré qu’elle prend. Le cadet a besoin qu’on l’aide à grandir et à trouver son autonomie pour ne pas devenir anxieux.

Plus que la bonne ou la mauvaise place dans la fratrie, c’est bien la manière de réagir des parents qui est déterminante. Aux parents de ne pas figer leurs enfants dans une place déterminée pour le lien fraternel influence le moins possible notre capacité à avancer dans la vie.

Corinne Mathieu – Coach familial.

Coach professionnel certifiée, créatrice de Tamaji (www.tamajicoaching.org), elle croise l’efficacité des outils de coach avec sa compétence de psychologue du travail.
Dans les situations de tension familiale, elle obtient que chacun parle, sans violence, aux autres, en conjuguant leurs valeurs et leurs besoins à tout membre de la famille.

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