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Nous, les Leroy, une famille de cinéma qui nous ressemble

Par Bénédicte Flye Sainte Marie - Mise à jour le

Nous les leroy avis

Florent Bernard, alias Flober, membre du collectif Golden Moustache et podcasteur, réussit son entrée dans l’univers de la réalisation avec Nous, les Leroy, un film mélancolique et drôle sur un couple qui entreprend, pour se resouder, un pèlerinage sur les traces de son passé. Au cinéma le 10 avril.

Nous, les Leroy : l’histoire

Ensevelie sous la lourdeur de ses obligations professionnelles et parentales, la monotonie du train-train quotidien et le manque d’attentions de Christophe, son mari, qui la côtoie sans vraiment se soucier de ce qu’elle pense et éprouve, Sandrine, quadragénaire au bout du rouleau employée dans une agence de voyages, explique un jour à Bastien et Lorelei, ses ados de dix-huit et seize ans, puis à leur père, qu’elle envisage une séparation.

Atterré par la nouvelle, Christophe demande à sa femme de lui accorder une dernière chance : il a organisé pour eux quatre un week-end façon road-trip, d’Autun à Dijon, qui les conduira vers les lieux qui ont compté autrefois dans la construction de leur histoire. Romantique mais à retardement, Christophe envisage ainsi d’aller revoir le banc où il a avoué ses sentiments à sa future épouse, de l’inviter à dîner dans le restaurant où il l’a demandée en mariage ou encore d’aller redécouvrir l’immeuble de banlieue où se trouvait leur premier « chez- eux »…

Si Sandrine est toujours persuadée, à l’issue de ce périple, de prendre la bonne décision en demandant le divorce, Christophe respectera son choix. Hélas, si ce circuit en Bourgogne démarre plutôt bien, si l’on met de côté les pépins mécaniques et l’enthousiasme très tiède des membres de la jeune génération, il va rapidement virer au ratage plus ou moins complet. Mais il n’est pas dit qu’il ne rapprochera pas les Leroy…

A partir de quel âge ?

On conseillera Nous, les Leroy à partir de 13 ans. Les ados et leurs parents se sentiront concernés par les thématiques abordées dans ce long-métrage

L’avis de MAFAMILLEZEN

Pour le dire franchement, les prémices de Nous, les Leroy faisaient craindre le pire. La sempiternelle trame du couple usé, éteint par le passage des années et la routine, au sein duquel un retour aux sources providentiel pourrait raviver la flamme n’a rien de très neuf. La thématique était par exemple il y a deux ans au cœur du très moyen On sourit pour la photo, que sauvaient (tout juste) les prestations de Pascale Arbillot et Jacques Gamblin. Ici, on pouvait redouter qu’on nous livre exactement la même partition. Et Christophe, le personnage de José Garcia, un macho pur sucre qui « force » quasiment au départ Sandrine, incarnée par Charlotte Gainsbourg, à accepter ce voyage censé lui permettre de se racheter, n’annonçait rien de bon non plus….

Seulement, cet opus ne conduit pas du tout là où on l’imaginait, au propre comme au figuré, et fait preuve de davantage de finesse que son démarrage ne le laissait augurer. Sans excès de mots ni de démonstrations, il montre que ce qui est cassé ou bancal ne peut pas forcément être réparé, et que ni les souvenirs des bons moments qu’on a vécus ensemble, ni la complicité qui persiste ne suffisent à rapprocher ceux qui se sont irrémédiablement éloignés. La séparation peut alors être un moyen de continuer à être une famille sans se faire trop de mal. Le film illustre aussi le fait que les relations avec nos enfants peuvent être teintées d’incommunication et d’incompréhensions, malgré l’amour inconditionnel qu’on leur porte et inversement. Ces deux sujets évoqués par Nous, les Leroy risquent de parler à beaucoup d’entre nous.

Malgré ces constats doux-amers et l’espèce de halo de nostalgie qui l’enveloppe, Nous, les Leroy n’est pas un film triste, notamment grâce à des seconds rôles percutants (Simon Astier, Baptiste Lecaplain, Sébastien Chassagne, Jérôme Niel, Lyes Salem ), et les scènes d’humour qu’ils portent sur leurs épaules. Certaines sont irrésistibles, comme celle du policier qui s’improvise maitre zen pendant ses contrôles routiers, du couple de clients de Sandrine qui se retrouve à éponger sa colère et ses pleurs, ou du fils légèrement dérangé de la nouvelle propriétaire de leur ancien appartement. D’autres séquences sont sympathiques mais un peu plus lourdes et « téléphonées », telle celle du bus dont les Leroy vont finir par se faire débarquer.

En dépit de ces quelques petites baisses de régime, Nous les Leroy, qui a reçu le Grand Prix au Festival de l’Alpe d’Huez, est donc une « dramédie » enthousiasmante et réussie.

Nous, les Leroy
Réalisé par : Florent Bernard
Avec : Charlotte Gainsbourg, José Garcia, Lily Aubry
Genre : Comédie
Durée : 1h43
Sortie au cinéma : le 10 avril 2024

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