
Une séparation bouleverse les habitudes des parents, mais aussi tous les petits repères des enfants : où sera mon cartable lundi ? Qui viendra me chercher à l’école ? Chez qui est-ce que je passerai Noël ? La nouvelle organisation des parents séparés ne sera pas d’emblée parfaite, mais quelques règles claires fixées dès le départ vous permettront d’éviter interrogations et négociations perpétuelles. Voici 10 points à poser pour construire une organisation familiale solide… capable d’évoluer si besoin.
Ça n’est pas le jour où l’on quitte effectivement le domicile commun que tout se joue. Pour les enfants, la séparation des parents se traduit ensuite par une foule de changements très concrets : deux maisons, des affaires à transporter, de nouveaux horaires, parfois un beau-parent, des vacances à répartir entre papa et maman et des habitudes différentes chez l’un et l’autre.
Mettre en place une coparentalité parfaite n’est pas gagné. Votre mission sera plutôt de faciliter le quotidien des enfants pour qu’ils n’aient pas à s’inquiéter en permanence de ce qui va se passer, ni à servir d’intermédiaires entre leurs parents.
Pour rendre les choses plus fluides, mieux vaut savoir dès le départ qui décide, qui prend en charge, et de quelle façon on communique.
1. Comment annoncer la séparation aux enfants sans les inquiéter davantage ?
Les enfants n’ont pas besoin de connaître les détails qui ont conduit à la séparation de leurs parents. Ils ont en revanche besoin de comprendre ce qui va changer pour eux.
Lorsque c’est possible, il est préférable de leur annoncer ensemble votre séparation, avec des mots rassurants : leur dire que papa et maman ne formeront plus un couple, qu’ils ne sont pas responsables de cette décision, et que leurs deux parents continueront à être là pour eux et à s’occuper d’eux.
Inutile de vouloir répondre immédiatement à toutes les questions. Un enfant peut sembler très calme le jour où vous lui annoncerez votre séparation, puis revenir quelques semaines plus tard avec un tas de questions qui l’inquiètent : comment se passera Noël ? Chez qui fêtera-t-il son prochain anniversaire ?
2. Mettre les règles du quotidien noir sur blanc pour éviter les malentendus
Même lorsque les parents s’entendent bien au moment de la séparation, les décisions prises oralement d’un commun accord peuvent parfois montrer leurs limites quelques mois plus tard. Horaires pour prendre ou déposer l’enfant, lieu de résidence, vacances, trajets, dépenses : mieux vaut préciser de manière formelle les points qui auront un impact régulier sur son quotidien dès le départ.
Sur le plan juridique, la séparation ne fait pas disparaître, en principe, l’exercice conjoint de l’autorité parentale. Les décisions importantes concernant l’enfant continuent donc à relever des deux parents, sauf situation particulière ou décision judiciaire.
Les parents peuvent formaliser certaines modalités dans une convention parentale homologuée par le juge aux affaires familiales. Une démarche qui peut permettre de clarifier le cadre et de limiter les sources de désaccord par la suite. Les conseils d’un avocat en droit de la famille à Paris qui examinera la situation familiale dans son contexte précis peuvent aussi s’avérer utiles pendant cette période souvent un peu tendue.
Et parce que les démarches des adultes ne répondent pas forcément aux questions des enfants, Mafamillezen a également sélectionné 8 livres pour aider les enfants à aborder la séparation des parents.
3. Résidence des enfants : trouver un rythme qui fonctionne vraiment
Le mode de garde est souvent au centre des discussions. Résidence alternée, résidence habituelle chez un parent avec un week-end sur deux chez l’autre… Plusieurs organisations sont possibles, à condition qu’elles soient adaptées à la situation de l’enfant.
Le rythme dépendra notamment de son âge, de la distance entre les domiciles, de l’école, des horaires professionnels de chacun et de la capacité des parents à lui assurer un quotidien pas trop chahuté. Mafamillezen revient plus en détail sur les critères à prendre en compte dans cet article consacré au choix entre garde alternée et résidence chez l’un des parents.
Entre la théorie et la pratique, vous serez peut-être amenés à revoir votre fonctionnement. La routine mise en place au moment de la séparation est aussi susceptible d’évoluer quand les enfants grandissent, notamment lorsqu’ils passent du primaire au collège.
4. Un calendrier partagé pour éviter les « Je croyais que c’était toi »
Semaines, week-ends ou jours fériés où votre enfant est chez papa ou maman, spectacles de l’école, rendez-vous médicaux, compétitions sportives : mettez en place un calendrier partagé afin d’éviter les « Je croyais que c’était toi »… qui ne manqueront pas d’attiser le feu.
Chaque parent doit pouvoir y retrouver les informations qui concernent l’enfant sans avoir à les réclamer à son ex.
Pour les plus jeunes, un calendrier affiché sur le frigo chez maman et chez papa peut aussi être rassurant. Grâce à des repères visuels, ils sauront quels jours de la semaine ils dormiront chez l’un ou chez l’autre.
5. Vacances, Noël, anniversaires : anticiper les dates qui fâchent
Planifier les vacances est souvent l’une des principales difficultés quand les parents sont séparés : contraintes professionnelles, semaines imposées, grands-parents disponibles à certaines dates, nouvelles familles recomposées…
Essayez autant que possible d’anticiper afin d’éviter les conflits et négociations de dernière minute.
Il faut aussi décider chez qui les enfants passeront des dates importantes comme Noël, les anniversaires, la fête des mères ou la fête des pères. Certaines familles alternent d’une année sur l’autre, mais chacun crée ses propres règles selon ce qu’il estime le mieux pour tout le monde.
Lorsque de nouveaux conjoints et leurs enfants entrent dans l’équation, l’organisation devient encore plus sportive : il faut parfois faire coïncider plusieurs calendriers de garde, les congés de chacun et les envies des enfants. Un casse-tête que connaissent bien les familles recomposées, comme nous l’expliquons dans notre article Famille recomposée : le dilemme des vacances scolaires.
6. Avec son ex, mieux vaut décider comment on communique
Pas besoin de devenir ami avec son ex pour bien communiquer.
Décidez ensemble du meilleur moyen d’échanger pour tout ce qui concerne les enfants : email, WhatsApp, application ou agenda partagé… Cela évitera les incompréhensions ou les oublis, et surtout que votre enfant attende désespérément qu’on vienne le récupérer à l’école ou à la garderie.
Une communication claire évite aussi bien des règlements de compte à chaud devant les enfants, surtout si le papa a zappé le rendez-vous chez l’ophtalmo que vous avez pris il y a des mois…
Et surtout, évitez que votre enfant ne devienne l’intermédiaire entre vous et votre ex. « Dis à ton père que… » ou « Demande à ta mère si… » le place dans une position qui n’est pas la sienne.
7. Pension alimentaire, mutuelle, dépenses : mettre les choses au clair dès le départ
Cantine, vêtements, activités sportives, lunettes, téléphone, voyages scolaires : l’argent devient vite un sujet de friction si les choses ne sont pas clairement définies dès le départ.
La pension alimentaire participe à l’entretien et à l’éducation de l’enfant. Elle peut être versée à l’un des parents même lorsque la résidence est alternée. Son montant dépendra notamment des ressources, des charges et des besoins de l’enfant. Le site du ministère de la Justice rappelle les principes applicables à la pension alimentaire après la séparation des parents.
Il reste aussi toutes les dépenses moins prévisibles. Une paire de lunettes, de l’orthodontie ou un passage aux urgences peuvent vite soulever la question : qui paie quoi ? Qui avance les frais ? À quelle mutuelle l’enfant est-il rattaché ? Mafamillezen fait le point sur la prise en charge des frais de santé et de la mutuelle quand les parents sont séparés.
Mieux vaut également décider en amont s’il faut l’accord de l’autre parent avant certaines dépenses importantes, et comment les justificatifs seront transmis.
8. Deux maisons, deux façons de faire : jusqu’où accepter les différences ?
Les horaires, les menus ou le temps d’écran ne seront pas forcément les mêmes chez les deux parents.
Évitez d’être trop rigide et de vouloir absolument que vos règles soient respectées chez votre ex. Cela créera vite des tensions inutiles. Un enfant peut parfaitement comprendre qu’il existe certaines règles chez maman et d’autres chez papa.
Les décisions importantes concernant sa santé, sa scolarité ou son orientation ne se gèrent évidemment pas de la même manière qu’une heure de coucher le samedi soir. Il faut distinguer les compromis du quotidien des questions relevant de l’autorité parentale et pouvant nécessiter un avis juridique individualisé.
9. Désaccord entre parents séparés : prévoir comment sortir du conflit
Que fait-on si un parent souhaite changer une semaine de vacances ? Si une activité devient incompatible avec le planning ? Si un adolescent demande à modifier son rythme de résidence ?
Vous ne gérerez pas les petits tracas du quotidien de la même façon que les décisions importantes susceptibles d’impacter votre organisation à tous. Prenez le temps de la réflexion, puis échangez à deux, sans les enfants.
En cas de désaccord ou de dialogue difficile, une médiation familiale peut également aider à renouer le dialogue. Lorsque le désaccord persiste et qu’aucune solution amiable n’est trouvée, le juge aux affaires familiales peut être saisi pour trancher.
10. Une organisation familiale qui évolue avec l’âge des enfants
À 6 ans, un enfant prend vite le pli d’aller passer une semaine ou un week-end sur deux chez papa. À 15 ans, ça peut devenir moins drôle. Un ado préférera peut-être rester près de son lycée, de ses amis ou de son club de sport.
Au fur et à mesure que les enfants grandissent, mais aussi que la vie de chacun évolue, les parents séparés seront amenés à revoir leur organisation familiale : déménagement de l’un des parents, nouvelle école, recomposition familiale, évolution professionnelle…
Séparation : dans quels cas demander un accompagnement juridique ?
Ces conseils d’organisation familiale peuvent aider à mieux vivre le quotidien en cas de séparation, mais ils n’excluent pas de faire appel à un conseil juridique pour bien formaliser les choses.
Un accompagnement peut notamment être utile lorsqu’un désaccord persiste sur la résidence de l’enfant, le droit de visite et d’hébergement, la pension alimentaire ou une décision importante relevant de l’autorité parentale ; lorsqu’un parent envisage un déménagement ayant des conséquences sur l’organisation existante ; lorsqu’un accord doit être formalisé ou modifié ; ou lorsqu’une décision n’est plus respectée.
Lorsque la négociation échoue, le juge aux affaires familiales (JAF) peut être amené à fixer ou modifier certaines modalités concernant les enfants. Le contexte familial, les accords déjà conclus et les décisions éventuellement rendues doivent alors être examinés au cas par cas.
Et entre deux rendez-vous, deux maisons et trois sacs de sport, une règle s’impose : les enfants n’ont pas à porter l’organisation de leurs parents sur leurs épaules.
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