
Soupirs à rallonge devant la cabine d’essayage, négociations interminables sur le prix d’un jean, remarques acerbes sur vos propres choix… Si faire du shopping avec votre ado tourne régulièrement au bras de fer, rassurez-vous, vous n’êtes pas seul. Pourtant, ces sorties peuvent devenir de précieux moments de complicité. À condition d’adopter la bonne stratégie.
Comprendre ce qui se joue vraiment
Pour votre ado, le shopping n’a rien d’anodin. À cet âge charnière, les vêtements deviennent un langage, une façon d’affirmer son identité au sein du groupe. Cette basket précise, ce sweat avec tel logo… rien n’est laissé au hasard.
Les statistiques le confirment, le shopping représente le troisième poste de dépenses des ados. Les filles y consacrent 12,8 % de leur argent de poche, les garçons 4,2 %. Quand votre fille refuse catégoriquement ce pull que vous trouvez adorable, elle n’est pas juste difficile. Elle cherche à exister par elle-même. C’est normal, c’est même sain.
Poser le cadre avant de partir
La clé ? L’anticipation. Avant même de sortir, prenez le temps de poser les règles. Combien allez-vous dépenser ? Pour quel produit ? Qui paie quoi ? Cette discussion évite bien des tensions.
Fixez ensemble un budget global, puis laissez votre ado gérer son argent. Si il ou elle dispose de 50 euros et les claque dans un seul sweat, c’est son choix. Certains parents optent pour le cofinancement : vous donnez une enveloppe budgétaire, l’ado complète avec son argent de poche s’il veut mieux. Cette méthode est responsable tout en gardant un filet de sécurité.
Lâcher prise sur les choix esthétiques
Voilà l’exercice le plus difficile. Accepter que notre ado s’habille d’une façon qui ne correspond pas à nos goûts. Cette jupe trop courte, ce baggy trop large…
Respirez. Tant que ça respecte le règlement scolaire et une décence minimale, laissez faire. Votre ado a besoin de tester, d’expérimenter. Ces erreurs de style feront partie de ses souvenirs d’adolescence, comme les vôtres. Vous pouvez garder un droit de veto sur ce que vous payez intégralement. Si c’est vous qui financez, vous avez votre mot à dire. S’il paye avec son argent, respectez son autonomie.
Transformer le shopping en école de vie
Faire les magasins, c’est l’occasion rêvée de faire l’éducation financière de votre ado. Comment comparer les prix ? Identifier les vraies bonnes affaires ? Différencier un besoin d’une envie passagère ?
Proposez-lui un petit jeu. Dans trois boutiques, repérez le même type d’article. Comparez les prix, la qualité, les conditions de retour. Cette démarche fera de lui un consommateur responsable. Profitez-en pour parler des soldes, du marketing agressif de certaines marques. Les ados sont sensibles aux techniques de vente. Les aider à développer leur esprit critique, c’est faire d’eux des consommateurs avertis.
L’argent de poche prend tout son sens ici. Les psychologues s’accordent : mieux vaut qu’un ado fasse ses erreurs à 15 ans avec 30 euros qu’à 20 ans avec sa première paie.
Choisir le bon moment et le bon lieu
Partir faire les magasins un samedi après-midi de soldes avec un ado fatigué ? Vous allez droit au désastre. Privilégiez plutôt les moments calmes, en semaine si possible.
Le choix du lieu où vous ferez du shopping compte aussi. Pour que ce moment avec votre ado soit réussi, essayez de trouver un centre commercial Westfield qui propose des enseignes variées et des espaces où se poser. Ce type de grandes galeries commerçantes concentre plusieurs univers au même endroit. Vous n’aurez pas à courir partout, et vous bénéficierez d’une variété de choix appréciable.
Et prévoyez des pauses. Un café pour vous, un smoothie pour votre ado, quinze minutes en tête à tête à papoter. Vous apprécierez ce moment de complicité autant l’un que l’autre.
Négocier sans s’épuiser
Si vous n’êtes pas d’accord sur les choix de votre ado, évitez le « non » sec qui bloque tout. Privilégiez le dialogue. « Je comprends que tu aies envie de cette veste mais elle coûte le double du budget. Voyons ce qu’on peut faire. » Vous pouvez accepter de revoir votre position. Si votre ado argumente correctement, s’il propose une solution acceptable… pourquoi pas ?
À l’inverse, tenez bon sur vos limites. Le budget, c’est le budget. Et il doit apprendre qu’on ne peut avoir que ce dont on a les moyens, même si c’est frustrant. Sinon, ça n’est pas la meilleure façon de l’éduquer à gérer son argent de poche.
Impliquer sans imposer
Votre ado a un avis sur tout. Utilisez cette énergie. Donnez-lui un rôle actif : quelles boutiques visiter ? Par quoi commencer ? Vous formerez une « team » pour partir à l’assaut des boutiques. Vous passez du parent qui traîne son ado peu motivé à une équipe de choc.
En magasin, laissez-le fureter seul. Les ados détestent avoir leurs parents sur le dos. Donnez-lui un lieu où vous retrouver quand il aura terminé son tour. Ils apprécieront que vous leur lâchiez du lest et que vous les considériez comme des « grands ».
Gérer les tensions
Si malgré votre bonne volonté, quelques accrochages surviennent, faite une pause. Sortez du magasin, prenez l’air cinq minutes, et prenez un peu de distance avec votre ado.
Évitez les comparaisons avec vos années ado. « De mon temps… » Les codes ont changé, et vous risquez de passer pour un « daron » un peu dépassé. Chaque génération agit différemment, respectez la façon d’être de votre ado.
Célébrer les petites victoires
Votre virée shopping s’est bien passée ? Votre ado a respecté le budget ? Montrez-lui que vous êtes content. Un simple « on a formé une bonne équipe aujourd’hui » fait toute la différence. Les ados ont besoin de reconnaissance, même s’ils font semblant du contraire.
Et si c’était plutôt une corvée, pour vous comme pour lui ? Pas de drame. Ca se passera peut-être mieux la prochaine fois.
Au-delà du shopping
Au fond, ces sorties shopping en famille ne se résument pas à acheter des vêtements. Elles créent un moment de partage entre vous et vos ados, loin du cadre de la maison. Ces virées dans un centre commercial sont peut-être l’occasion de renouer avec un moment de complicité avec vos enfants.
Profitez-en pour interroger votre ado sur sa vie, ses amis, ses amours. Sans insister ni être trop intrusif. Ces moments de complicité sont précieux et pas si fréquents.
Vous avez aimé cet article ou bien vous voulez réagir ?
Envie de réagir à cet article, de donner votre avis ou de partager votre expérience ? Je prends la parole !