Relations parents-enfants : les vertus insoupçonnées du conflit

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Par peur de passer pour des gros psychorigides ou de fragiliser la relation que nous avons avec nos enfants, nous sommes nombreux à fuir les situations d’affrontement. Mais le clash, consommé avec modération, peut pourtant nous aider à résoudre certains problèmes. Explications.

Souvenez-vous de cette pub qui disait, dans les eighties, « Chez Nestlé, le président, c’est Bébé ». Un clip un peu visionnaire quant à l’évolution des rapports familiaux, puisqu’aux antipodes de l’éducation stricte, voire ultra-corsetée que nos parents et nous-mêmes avons parfois reçue. Nous nous faisons fort d’être des papas et des mamans « cools », attentifs et compréhensifs. La confrontation n’a plus trop droit de cité : Papa et Maman préfèrent souvent céder du terrain, même sur des sujets qui leur tiennent à cœur, comme l’implication scolaire ou la politesse, plutôt que de risquer de faire face à des batailles ouvertes avec leur progéniture. Or, si une atmosphère en permanence lourde de tensions est effectivement néfaste à leur développement et à leur épanouissement, le conflit peut dans une certaine mesure améliorer le fonctionnement familial.

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Une manière d’évacuer les non-dits

Pas la peine de culpabiliser si vous vous prenez la tête plusieurs fois par semaine avec votre aînée. Manon, dix-sept ans, à fleur de peau comme beaucoup des demoiselles de son âge, est persuadée que vous ne lui passez rien et que vous êtes beaucoup plus indulgente avec son frère ou sa sœur. S’ils vous sont pénibles et s’ils vous coûtent parfois beaucoup d’énergie, ces heurts ont le mérite de faire remonter à la surface ses ressentis. A travers eux, vous pourrez peut-être comprendre ce qu’elle n’a jamais verbalisé, par exemple la jalousie qu’elle a ressentie lorsqu’elle a dû céder sa place de « petite » à son cadet lorsqu’il est né. A vous de la rassurer sur l’affection inconditionnelle que vous lui portez, sans pour autant renoncer à vos attentes éducatives envers elles. La tendresse ne rime pas avec laxisme, Oui, vous l’aimez. Non, vous n’avez pas de chouchou. Mais il n’est pas question que ça l’empêche de rentrer avant minuit une veille de bac blanc, de mettre ses chaussettes dans le bac de linge sale plutôt qu’en boule sous son lit ou de s’exprimer autrement qu’avec des insultes.

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Une étape nécessaire dans la construction de sa personnalité

Mais où est le ravissant poupon qui vous faisait des risettes dans son berceau ? Une décennie et demie plus tard, ce même bambin gracieux s’est transformé en une créature chevelue toujours prêt à monter dans les tours au moindre sujet de contrariété. D’où les nombreuses prises de bec que vous avez avec lui sur son irritabilité et ses changements d’humeur permanents…Certes, un ado difficile, c’est épuisant, mais c’est normal. Pour pouvoir s’individualiser, se définir par lui-même et prendre son indépendance, il a besoin de faire le deuil de son enfance, et des parents qu’il a longtemps idéalisés. Comme une mort symbolique telle que l’envisagent Freud ou le pédiatre Donald Winnicott qui estimait que « grandir est en soi un acte agressif »

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Des nouvelles bases jetées vers l’avenir

Se parler, même si c’est en faisant grimper au maximum les décibels, c’est toujours une forme de dialogue largement préférable à une absence de communication. Ou à un déni, qui ne ferait qu’amplifier les insatisfactions que votre enfant rencontre dans ses échanges avec vous. Ou les reproches que vous formulez à son égard. Quand les choses sont dites, cela permet de réfléchir à des solutions, d’ajuster le comportement de chacun et de peut-être de réussir à faire des compromis. Par exemple, vous pouvez convenir avec la chair de votre chair de renoncer à la fliquer sur la question des devoirs. Ou de lui faire davantage confiance. Mais qu’elle s’engage en contrepartie à mettre son réveil dix minutes plus tôt pour ne pas partir en panique tous les matins au lycée. Ça ressemble un peu à des négociations de l’ONU en zone de guerre mais c’est généralement efficace !

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