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Halte au stress scolaire ! Devenir zen pour aider son enfant

Par Brigitte-Prot - Mise à jour le

Difficulté à se concentrer, panique lors des évaluations, décrochage, somatisation… Les situations de stress se multiplient à l’école primaire, au collège et au lycée. Trop de pression insécurise l’enfant ou l’adolescent. Et freine – voire inhibe – sa motivation à apprendre. Dans ma pratique, je vois se développer jusqu’à l’invivable les tensions familiales. Certains parents ne regardent plus leur enfant qu’à travers ses résultats scolaires : « Je ne suis qu’un carnet de notes ambulant », disait Alex, 13 ans.

En prendre conscience permet de développer des attitudes qui apaisent et libèrent.

TROIS SOURCES DE STRESS SCOLAIRE

. La situation de dette vis à vis de ses parents : l’enfant ou l’adolescent se sent incapable de répondre aux attentes des adultes et perd progressivement confiance et estime de soi.

. Le syndrome de l’adulte miniature : sollicité en permanence comme un adulte, il est envahi par mille préoccupations. À la fois hyperconsommateur, chargé de soucis inadaptés à son âge, inquiet de l’avenir, il ne trouve plus de place ni d’espace pour ses apprentissages.

. La solitude : il se retrouve (trop) seul dans son travail, avec la difficulté de se projeter, de s’organiser, de définir des objectifs et le sens de ce qu’il apprend. Ajouté à cela, le fait de ne pas « contrôler » : difficultés de compréhension, résultats insuffisants, non maîtrise de son comportement,…

CINQ ATTITUDES POUR LIBÉRER SON ENFANT DE LA PRESSION

1. Repérer les besoins réels de l’enfant ou de l’adolescent et y répondre au plus tôt

. L’écouter dire ce qu’il vit en classe, en veillant aux phrases-écrans (« Je comprends rien en maths », « le prof m’aime pas »,..) qui nécessitent un décodage. Que signifient-elles réellement pour lui ?

. Le confronter à sa réalité scolaire en lui demandant ce qu’il veut dire par là. A-t-il besoin d’une explication sur un point précis ? D’une méthode de travail ? A-t-il vécu, en classe ou à la maison, une situation difficile ?  De quel ordre ? Connaître le besoin précis permet une réponse adaptée qui libère l’enfant de son stress.

2. Construire avec lui une relation vivante

. Repérer d’abord ce qui va bien, afin que l’enfant sache sur quoi il peut s’appuyer pour progresser. Valider ses efforts et ses progrès. Et éviter les pronostics ou les prophéties toxiques : « Ca va être difficile, la 6ème ! » ou « T’as intérêt à assurer en maths au contrôle de mercredi, sinon c’est fichu pour la 1ère S ! ».

. Le distinguer de ses résultats : le 4/20 en français représente la valeur du contrôle du 20 janvier, et non celle de l’enfant, en tant que personne. Lui dire « Tes résultats m’inquiètent » lui permet de trouver l’énergie pour les faire progresser. Alors que « Tu m’inquiètes » génère du stress. En effet, le message est reçu : papa et maman ne me font pas confiance.

. Refuser de le réduire à une étiquette  : le nul en maths, le dyslexique, le QI de 135,…

. Ne placer la barre ni trop haut, ni trop bas.

Trop haut, elle est inaccessible. Max disait : « Si les notes étaient sur 25, Papa me demanderait 28 » Ici, l’adulte attend toujours plus, ne reconnaissant pas l’effort de l’enfant aux différentes étapes de sa progression.

Trop bas, elle est trop facilement accessible. Thibaut affirmait : « Ma mère, je l’ai déçue. Elle n’attend plus rien de moi ». L’enfant ne se sent pas reconnu dans ses capacités.

3. Installer un rituel de travail quotidien non négociable

Chaque jour, si possible à la même heure, avec un temps défini à l’avance (par exemple, une demi-heure en sixième, une heure en troisième, deux heures en terminale,..).

. Prévoir une limite de temps permet un travail de qualité. Au lieu de devoirs qui s’étirent dans la soirée avec une concentration approximative. Inscrit dans la journée, le travail devient une activité « naturelle ». Comme manger, dormir, envoyer des SMS,.. et s’en trouve dédramatisé.

. Installer un équilibre entre sommeil, repas, activités sportives et créatives, temps passé devant les écrans, devoirs et leçons,…

4. L’accompagner sans l’assister : le responsabiliser

. Instaurer un équilibre entre une présence sursécurisante et une absence insécurisante. Particulièrement au retour à la maison. Un enfant ou un adolescent qui rentre seul chez lui a du mal à s’autodiscipliner pour son travail personnel… Sans compter le risque d’abus des écrans.

. Aménager un rendez-vous régulier avec lui, pour faire le point, permet de sécuriser à la fois parents et enfants.

. Assurer un bon usage du soutien scolaire : identifier ses besoins réels et définir des objectifs précis avec des échéances. Cette aide doit lui permettre d’accéder à une autonomie, et non devenir une béquille.

.
Aménager des bulles de décompression. Des temps de « respiration » sont indispensables pour « digérer », s’approprier les savoirs et construire ses apprentissages.

. L’alléger des soucis des adultes et le respecter en tant qu’enfant.

5. Communiquer avec les enseignants pour une cohérence

L’enfant ou l’adolescent a besoin de se sentir accompagné en cohérence. La communication entre ses parents et les enseignants est une source de sécurité qui l’apaise. Lorsqu’ils vont dans le même sens et attendent de lui des priorités communes. Cela rassure également les adultes. Ils font ainsi la part des choses et prennent du recul face à l’ « obsession scolaire ».

Cela suppose que l’adulte soit à sa place. Et non à celle de l’enfant ou de l’adolescent, avec de vrais oui et de vrais non. Et retienne trois clés pour éloigner le stress et répondre à ses besoins essentiels : sécuriser, valoriser et stimuler.

Brigitte Prot

Psychopédagogue, enseignante et formatrice, elle a conçu la méthode du Bilan-Itinéraire de motivation et d’orientation®, fondée sur une approche personnalisée et systémique de chaque situation scolaire.
Elle Intervient régulièrement à l’Institut Supérieur de Pédagogie de Paris, où elle participe à une recherche-action sur le thème du lien «parents-professionnels de l’école ».
Engagée auprès de tous les acteurs concernés par la motivation et l’orientation scolaires, elle propose aux professionnels de l’enseignement et de l’éducation, aux élèves, aux étudiants et à leurs parents des réponses à la question : « Comment aider enfants et adolescents à se motiver, aujourd’hui ? ».

Brigitte PROT est l’auteur de « Profession motivatrice » (Éd. Noêsis, 97), de Jsuis pas motivé, je fais pas exprès ! (Éd. Albin Michel, 03), et co-auteur de « École : changer de cap » (Éd. Chronique sociale, 07).
Elle a également publié des guides d’accompagnement pour les parents, dans la collection Tout savoir 3edes éditions Hatier, qui concernent toutes les classes du Primaire et du Collège.

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