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Ecrans : enfants accros, parents à cran

Par Marie-Charlotte CLERF - Mise à jour le

ados accros aux écrans, comment gérer

De nombreux parents s’inquiètent du temps que leurs enfants passent devant les écrans. Pourtant nombreux sont également les parents qui sont fiers que leurs petits de moins de 2 ans sachent déjà jouer sur leur tablette

3h30, c’est le temps moyen que passent les enfants de primaire devant les écrans (télé, ordinateur, téléphone, tablette, console de jeux) chaque jour. Ce temps passe à 6h30 chez les ados. Mais comment font-ils donc ? Cela commence généralement dès le matin : un « petit dessin animé » avant l’école, puis après l’école, avant les devoirs, un peu de DS ou de Wii, et après les devoirs et lorsque l’on s’ennuie, encore un petit tour devant les écrans. On arrive vite aux 3h30. Quant aux ados, ils sont très forts pour jongler en même temps sur Facebook, les SMS, le tout devant la télévision.

Y a-t-il des risques à ces comportements ? A vrai dire, les experts ne sont pas d’accord. Certains sont très alarmistes, d’autres pensent que l’homme doit vraiment suivre les progrès technologiques, que l’évolution ne s’est faite que grâce à cela. Ou est la vérité ? Sans doute entre les deux, comme souvent. On fait le point.

Les bons côtés des écrans

Dans un premier temps, ce qui semble évident est qu’Internet ouvre au monde : le monde devient un village, et l’on peut savoir en quelques secondes ce qui se passe à 20 000 km. On peut découvrir de nouvelles cultures, des personnes différentes de soi, en à peine quelques clics. On y trouve également des réponses à toutes les questions que l’on se pose. Bien pratique lorsque l’on est ado et que l’on souhaite ne pas avoir à interroger ses parents.

C’est aussi un lieu où les jeunes se retrouvent pour partager et ils peuvent y apprendre à communiquer entre eux. On peut aussi y trouver des aides scolaires dans les matières où l’on est en difficulté. Selon des études portées sur de nombreux enfants et jeunes surfant sur les écrans, certains jeux vidéo peuvent également aider à développer l’intelligence stratégique, la concentration (enfin uniquement quelques jeux vidéo).

Soyons sincères, c’est aussi un bon moyen de ne plus oublier les anniversaires : quand ceux-ci sont indiqués sur le smartphone ou que Facebook vous les rappelle quelques jours avant : ça aide !

Le revers de la médaille

D’abord une perte de la notion du temps : on a l’impression d’y être depuis 10 minutes… en fait cela fait déjà 2h. Et bien sûr on peut y faire de mauvaises rencontres : sur les réseaux sociaux, sur des sites inappropriés, sans compter les faux messages par mail.

Plus le fait que l’on ne fait plus fonctionner son imagination (tout est déjà imaginé pour nous, y compris ce à quoi ressemblent les nouveaux héros des jeux vidéo), on ne sait plus s’ennuyer (au lieu de s’ennuyer, on va chercher un de ses écrans), on n’utilise plus ses mains pour découvrir les formes ou les lois physiques (on ne fait plus rouler les petites voitures, on en conduit des virtuelles : ça n’a évidement pas le même impact sur notre conception de l’espace et sur la façon de s’y situer).

On peut aussi s’isoler en passant tout son temps libre devant ses écrans, oubliant totalement la vie réelle, parfois trop dure à affronter (alors que dans les jeux, on peut gagner, avoir une autre personnalité, avoir confiance en soi).

Autre problème des jeux vidéo : la violence qui y règne, qui fait croire à un monde encore plus violent que ce qu’il est (tout comme les informations regardées en famille, sans explication après) et qui banalisent cette violence, montrant peu d’autres solutions pour résoudre les problèmes que l’on rencontre inévitablement dans toute vie.

Avec les réseaux sociaux, le problème de l’intimité se pose : on affiche des photos à destination de ses amis… ce sont les employeurs potentiels ou des personnes malfaisantes qui y ont accès. Finalement, on pourrait presque se demander si nous ne sommes pas dans une culture qui aime exhiber, face à des gens qui aiment voir. Entre exhibitionnisme et voyeurisme.

Enfin, dernier problème – et non des moindres, car nous sommes très démunis face à cela, le cyber-harcèlement : faire croire à quelqu’un que l’on va diffuser des photos ou vidéo de lui s’il ne fait pas telle ou telle chose (donner de l’argent ou avoir une pratique sexuelle non désirée). Et pire, faire circuler ces images ou vidéos (souvent truquées d’ailleurs) qui vont se diffuser à vitesse internet.

Lire aussi : Le guide de la famille Tout Ecran, pour y voir plus clair sur le Net

Quelle prévention mettre en œuvre ?

Bref, tout n’est pas rose face aux écrans. Faut-il pour autant les interdire aux enfants ? Ce n’est, à mon avis, pas la bonne solution. D’abord, vos enfants – si tant est qu’ils respectent vos interdits – risquent de se trouver en décalage fasse à leurs camarades. De plus, de nombreux professeurs demandent maintenant des recherches sur internet à leurs élèves. Enfin, le plus grand risque est que vos enfants aillent chez des amis se créer des adresses Facebook ou autres, sans que vous ne le sachiez, ni ne puissiez intervenir en cas de problème.

Les accompagner pour mieux les protéger

Il me semble que c’est – de nos jours – la solution la plus efficace pour gérer la médaille. Et ses revers. Vous imaginez-vous, le jour des 18 ans de votre ado, lui confier les clés de votre voiture, sans qu’il n’ait jamais pris de cours d’auto-école, et lui dire « vas-y maintenant, tu peux emprunter ma voiture comme tu l’entends ! ». Bien sûr que non ! c’est la même chose avec les écrans : imaginez votre rôle comme celui d’un « professeur ES écrans ». Pas sur la technique, ils sont plus forts que vous… mais sur les risques et les précautions à prendre.

Avoir un oeil sur ce que font vos enfants sur les écrans

– Mettez si possible l’ordinateur dans un lieu de passage de la maison : pas d’ordi, pas de télé dans les chambres : vous ne pourrez plus rien contrôler, ni le temps passé, ni les sites visités ou les émissions regardées !

– Mettez des limites aux temps passés devant les écrans : faites un total incluant télé, internet et jeux. Avec les plus âgés, discutez avec eux du temps qu’ils estiment nécessaires… et acceptez de négocier !

– Apprenez leur à ne jamais donner leurs coordonnées sur internet (mail ou réseau social).

– Rappelez-leur de n’accepter comme « amis » que les personnes que l’on connait VRAIMENT (et non les amis d’amis).

– Intéressez-vous à ce qu’ils aiment : jouez à leurs jeux, regardez les émissions qu’ils regardent… Vous risquez d’être surpris et de vous prendre au(x) jeu(x) vous aussi !

Respectez les âges indiqués sur les jeux vidéos : pas de jeux interdits aux moins de 18 ans, à des jeunes de 13, 15 ou 17 ans !

– Lorsque vous regardez la télévision avec vos enfants, expliquez ce que vous voyez : faites en l’occasion de discussions familiales.

– Expliquez à vos enfants que la pornographie n’est pas l’amour. Expliquez leur ce que c’est que d’aimer. Ainsi s’ils tombent sur un site porno, par hasard ou pour défier vos règles, ils ne feront pas l’amalgame !

– Demandez à votre enfant de mettre ses codes d’accès à Facebook ou MSN dans une enveloppe fermée, signée au dos, à un endroit connu de vous deux, au cas où quelque chose lui arriverait. Donnez votre parole – et tenez-la- de ne jamais aller chercher ces codes si rien n’arrive.

– Attention d’ailleurs à ne pas « fliquer » vos enfants. Allez-vous vous déguiser pour les suivre à la sortie de l’école ? Certainement pas. Ne le faites pas sur internet ! Faîtes leur confiance aussi.

– Inquiétez-vous si vous voyez que vos enfants n’ont plus de vie en dehors des écrans : si internet leur sert à se socialiser, pas de problème, mais s’ils ne voient personne, aucun amis, il vaut peut être mieux consulter un professionnel.

– Enfin, n’hésitez pas à dire ou afficher sur les ordinateurs :  » attention, tout ce que tu entres la dedans, y restera à vie et pourra être utilisé contre toi ! « 

Et pour finir sur une note positive, n’oublions pas ce que certains scientifiques écrivaient, au moment de la naissance de la locomotive à vapeur, « jamais le cerveau de l’homme ne pourra résister aux vitesses excessives de 40 km/ heure ». Faisons donc confiance à l’Homme pour savoir s’adapter et adapter ces nouvelles technologies, à ce qu’il a de meilleur en lui !

Marie-Charlotte Clerf
Thérapeute Vittoz certifiée, coach certifiée en développement personnel, formatrice parentale. Elle a créé « MC2 coach-famille » pour aider les parents à améliorer leur vie de famille. Ses spécialités : accompagner chaque membre de la famille à trouver sa juste place, faire progresser la communication et les relations parents / enfants et enfants entre eux , favoriser la prise de conscience de ses points forts et des points d’amélioration possibles, aider à sortir d’un burn-out familial ou d’une dépression, se sentir utile et plein d’énergie, tout en ayant le temps de s’ occuper de soi-même…
La contacter : contact@coach-famille.fr – 06 60 87 20 35 – www.coach-famille.fr

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  1. Bonjour à tous,

    Si votre ado/enfant est accro à internet, aux réseaux sociaux, aux jeux vidéo, à son telephone, j’ai sûrement une solution pour vous.
    Dans le cadre d’un reportage, nous proposons une aide pour ce genre de dificulté.

    Si vous êtes intéressé ou si vous connaissez quelqu’un qui pourrait être intéressé, vous pouvez me contacter au 01 46 09 46 69 ou à temoignagestv@gmail.com

    N’hésitez pas à me contacter nous pourrons en parler.

    Cordialement,

    Carole

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