Jouets non genrés : quel bilan dressent les parents ?

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Convaincus que les jeux genrés participent à l'enfermement dans des comportements stéréotypés, certains parents ont décidé de ne pas influer sur le choix de jouets de leurs enfants. Pour eux, aucun problème à offrir à leur garçon une poupée et à leur fille un camion de pompier s'ils en expriment le souhait. Mais quelles sont les conséquences de ce mode éducatif après quelques années ? Nous les avons interrogés.

« On m’a parfois dit sur le ton de l’humour que mon fils allait être ‘une chochotte’ », raconte sur son blog Doudouetstiletto.com une mère de famille qui éduque ses enfants dans l’idée « qu’il n’y a pas des choses que pour les filles, et que pour les garçons ». En effet, nombreuses sont encore les personnes que l’éducation mixte inquiètent. L’éventualité de voir son propre enfant sortir des standards semble également beaucoup effrayer les parents qui viennent chercher du réconfort sur les forums de discussion. « Mon fils est obsédé par le rose et les princesses, qu’est-ce que ça veut dire ? », « je m’inquiète parce que ma fille de 5 ans ne joue pas à la poupée… », peut-on par exemple lire sur le forum de Doctissimo.

« Mon fils ne voit pas ce qui est « fille » et ce qui est « garçon »

Des appréhensions parfois bienveillantes, qui visent aussi à éviter que ces enfants ne fassent l’expérience du rejet. Pourtant, au travers de ces injonctions, ce serait en fait leurs penchants naturels qu’on leur apprendrait à rejeter, comme l’affirme le livre Contre les jouets sexistes aux éditions l’Echappée. « Les enfants reçoivent une foule d’informations explicites et implicites sur comment doit être une fille et comment doit être un garçon, sans laisser beaucoup de choix et sans tenir compte de la diversité des tempéraments et des personnalités », y déplorent les auteurs, qui invitent les parents à respecter la singularité de chacun de leurs enfants.

Très en phase avec cette philosophie, Geneviève, du blog Gribouillis.com, veille depuis plusieurs années à ce que ses deux enfants choisissent le plus librement possible leurs jeux : « ils vont naturellement vers les jouets qui leur plaisent le plus sans que je n’influence leur opinion. Ils s’identifient à leur sexe majoritairement s’il s’agit de personnages, mais à part ça, ils jouent vraiment avec tout ce qu’ils trouvent », nous confie la  Québécoise.

Face à cette éducation très libre, de nombreux sceptiques craignent que les enfants concernés ne soient victimes d’une sorte de « brouillage des genres ». Une conséquence que la blogueuse québécoise n’écarte pas, sans pour autant la considérer comme un problème. « Notre éducation non genrée a si bien fonctionné qu’Émile (ndlr : son fils) ne voit pas ce qui est fille ou garçon », explique-t-elle en décrivant le jour où il a voulu se mettre du vernis à ongles ou aller à la garderie avec des couettes comme Petit Nuage du film Spirit. Loin de se laisser effrayer par les éventuelles remarques de l’entourage, la maman a accepté sans détour. Car elle en est persuadée, l’accès aux jeux ou objets non genrés ou destinés initialement à l’autre sexe « contribue à la tolérance et l’ouverture à l’âge adulte ».

Lire aussi : L’industrie du jouet va-t-elle vers plus de citoyenneté

« Cela a forgé chez ma fille un sens de l’égalité très prononcé »

Un point de vue largement partagé par Aurore de la Miteorange.com, qui a décidé il y a quelques années de suivre « les envies de son aînée » sans se poser de question. « Il se trouve qu’elle aimait beaucoup le rayon des jouets plutôt « garçon ». Elle se déguisait en Zorro ou en chevalier, et qu’elle détestait les princesses. J’ai respecté », explique la maman de quatre enfants. Si ce choix a eu des répercutions sur l’avenir de l’enfant, elles sont uniquement positives selon ses dires : « elle a subi quelques remarques d’adultes ou d’autres enfants, et cela a forgé chez elle un sens de l’égalité très prononcé. À 17 ans, elle est désormais féministe, elle se bat contre les clichés sexistes qu’elle trouve injuste et révoltants ». « Très ouverte d’esprit », l’adolescente est « au fait des questions sur l’égalité des sexes […] et le sort des communautés homosexuelles » d’après sa maman. « Cela ne vient sans doute pas seulement de la manière dont on l’a laissée jouer, bien sûr, mais cela y a sans doute contribué un peu » aime-t-elle à penser.

Fière de l’évolution de son aînée, Aurore observe avec bienveillance les préférences de jeux de ses autres enfants : « mes cadettes de 8 et 4 ans aiment beaucoup les Lego, notamment Star Wars et Harry Potter. Mais elles ont aussi des poupées et une petite cuisine avec lesquelles elles jouent beaucoup. Mon fils de 3 ans joue avec elles aux mêmes jeux. Il a lui-même un poupon qu’il adore et aime beaucoup jouer à la cuisine avec ses sœurs ». S’il est encore tôt pour se prononcer sur l’évolution possible de ses jeunes enfants, Aurore note déjà avec bonheur que son petit garçon « commence à participer aux tâches ménagères au même titre que ses sœurs »…

A lire :

Contre les jouets sexistes, aux éditions L’Echappée, 8,21 €. Commander

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  1. Moi aussi je laisse le choix aux enfants,des jouets avec lesquels ils veulent jouer.Je ne vois aucuns inconvénients a ce que mon fils joue a la poupée et a ce que mes filles jouent aux petites voitures

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