La pudeur chez l’enfant

Apprendre la pudeur aux enfants : quel est le défi pour les parents  à un moment ou à un autre ? De la pudeur, on ne parle pas. Comment parler de ce qui nous empêche de parler, qui s’exprime à travers des attitudes, des manifestations non verbales,  par des silences, de la gêne, des rires ?

La pudeur chez le tout jeune enfant

Dès sa plus petite enfance le bébé s’intéresse à  son corps,  va à la découverte de ses sensations. Puis il va découvrir le corps de l’autre, de ses pairs, de ses parents, s’ils prennent leur bain avec lui par exemple. La nudité lui est souvent naturelle, il n’est pas rare de voir de petits enfants courir nus à la piscine, sur une plage.

Puis  vient un moment où le regard change, le désir de se couvrir émerge.  A ce moment là, l’adulte doit pouvoir admettre ce changement d’attitude comme un signe de maturation, l’expression de la propre force psychique de l’enfant, voire l’encourager.
Dans  ce  cadre, la pudeur témoigne de l’espace que l’enfant prend vis­-à­-vis de sa mère (ou de son substitut), il sort d’une relation « fusionnelle » pour jeter les bases de sa propre « sphère privée ».

La pudeur dans la famille

Nudité,  intimité et pudeur ne se conjuguent pas dans chaque famille de la même manière. Pour certains, se montrer nus en famille est naturel, au moins tant que les enfants sont petits, pour eux le corps n’est pas tabou et ils n’éprouvent aucune gêne à partager le bain  avec leur enfant par exemple. Le plus souvent les habitudes se modifient par une régulation naturelle et spontanée au fur et à mesure que l’enfant grandit.

Il n’est pas rare que suite à une intervention d’éducation sexuelle dans une classe enfantine, les enfants deviennent subitement  pudiques, souvent plus pour contrôler que leurs parents respectent bien leur demande, que définitivement d’ailleurs. Cela surprend  et choque parfois certains parents, comme si leur enfant les rejetait soudainement et il est important d’en parler avec eux lors des soirées de parents par exemple, qui précèdent nos interventions auprès des enfants.

Un enfant ne devrait pas à avoir à justifier une manifestation de pudeur, elle est là et c’est (bien) comme ça !

Pas de nudité ! Tabou !

Pour d’autres, la nudité en famille n’est pas acceptable. Pas question que les parents se montrent nus, les motivations étant multiples : souvent c’est la pudeur qui les guide, plus ou moins marquée par leur histoire familiale, culturelle ou religieuse.
La « pudeur des sentiments » est aussi fortement présente, montrer son chagrin, sa douleur et même sa joie est signe d’impudeur ou d’excès.

Pour d’autres  encore  la nudité est vraiment  un tabou.  La pudeur excessive risque alors de basculer dans la pruderie. Le message transmis indirectement aux enfants peut véhiculer l’idée que le corps est honteux et doit être caché.

Chaque famille  trouve  sa  manière  d’être, le plus important étant que les adultes posent nettement les règles et les limites, en adoptant une attitude claire envers eux­-mêmes également, car le flou est souvent générateur d’inquiétudes  pour les enfants.

Les parents ont un rôle a jouer

Bien sûr les parents sont avant tout les premiers éducateurs et les « spécialistes » de leur enfant, et il est primordial de leur reconnaître ce rôle. Mais un enfant est très vite apte à respecter plusieurs règles, celles de la maison, et d’un autre groupe social,
garderie, école, règles parfois différentes, le tout étant possible s’il sait que les adultes qui l’aiment, acceptent et reconnaissent comme  légitimes ces différentes facettes de son éducation .

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Martine Jouffroy Valton – Coach/Psychothérapeute gestaltiste

Psychothérapeute gestaltiste diplômée du Centre d’intervention gestaltiste de Montréal, Martine a suivi ses études de psychothérapie clinique en 1995 et a elle-même suivi une thérapie de 5 ans avec des psychothérapeutes d’orientation gestaltiste, à Montréal. Cette orientation lui correspond, car elle aide les personnes dans l’ici et maintenant. Elle a accompagné des personnes en fin de vie et des familles touchées par des maladies génétiques ou le SIDA. Elle a, aujourd’hui, une pratique privée de psychothérapie gestaltiste, et de coach parental. Elle a un site Internet sur lequel elle explique davantage ses services, dont le coaching par téléphone ou par courriel moyennant des frais.

Elle consulte à Lille et à Bruxelles. Pour la joindre : martine@taktic.eu ou au téléphone +32-485-614-234 .

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