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Psy, ostéo, orthophoniste : ces soins enfants que la Sécu rembourse peu

Par Nathalie Brunissen - Mise à jour le

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Psychologue, ostéopathe, orthophoniste, ophtalmologue… Ces spécialistes font partie du quotidien de nombreuses familles. Pourtant, leurs consultations restent peu ou pas remboursées par l’Assurance maladie. Et dans un contexte où les cotisations de complémentaire santé n’ont cessé d’augmenter, on est en droit de se demander : qu’est-ce que notre mutuelle couvre vraiment pour nos enfants ?

La Sécu ne suffit pas — et les familles le savent

Près de 4 Français sur 10 ont déjà renoncé à des soins en raison de leur coût, selon un sondage OpinionWay de juin 2025. Un chiffre qui révèle une réalité que beaucoup de parents connaissent bien : entre les bilans visuels, les séances chez l’orthophoniste, les consultations psy et les appareils dentaires, les frais s’accumulent bien au-delà de ce que rembourse la Sécurité sociale.

La France reste pourtant l’un des systèmes de santé les plus protecteurs au monde — troisième pays avec le reste à charge le plus faible, après le Luxembourg et la Croatie. Mais cette protection a des angles morts. Et pour les familles avec enfants, ce sont souvent les soins les plus nécessaires qui tombent précisément dans ces zones grises.

Psy, orthophoniste, ostéo : le vrai coût pour les familles

C’est là que le budget santé peut vraiment déraper. Prenons les trois postes qui sont le plus fréquemment sollicités par les parents.

La santé mentale des enfants et des ados, d’abord. Depuis la pandémie de Covid-19, les cas d’anxiété et de dépression ont augmenté de 25 % dans le monde selon l’OMS. En France, les pensées suicidaires chez les jeunes de 17 ans sont passées de 11,4 % en 2017 à 18 % en 2022, selon Santé Publique France — soit une progression de plus de 50 % en cinq ans. Quand un adolescent a besoin d’un suivi psychologique, le dispositif MonPsy permet quelques séances remboursées. Mais il est loin de couvrir un accompagnement régulier, et beaucoup de familles assument seules le reste à charge.

L’orthophoniste, ensuite. Les troubles dys (dyslexie, dysorthographie, dysphasie) touchent environ 8 % des enfants scolarisés. Si les séances sont prescrites par un médecin, elles sont remboursées par la Sécu. Mais les bilans de bilan, les délais d’attente qui poussent certaines familles vers le secteur libéral non conventionné, et les dépassements d’honoraires creusent rapidement la facture.

L’ostéopathie, enfin, n’est pas prise en charge par l’Assurance maladie. Pourtant, de nombreux pédiatres et médecins scolaires en recommandent le recours pour des problèmes posturaux, des maux de tête récurrents ou des troubles du sommeil chez les enfants. Une séance coûte en moyenne entre 60 et 80 euros.

Optique : un poste qui pèse lourd dès le primaire

La santé visuelle des enfants mérite une attention particulière. Selon l’Observatoire de la Vue des Enfants 2025 (Ipsos pour Krys Group), 65 % des parents estiment que les troubles visuels ont un impact direct sur la réussite scolaire. Or, 45 % des enfants de moins de 5 ans n’ont encore jamais consulté d’ophtalmologiste.

Dès que des lunettes s’imposent, le 100 % Santé couvre les montures de classe A — un choix souvent limité pour des enfants qui veulent, eux aussi, des lunettes à leur goût. Pour une monture de classe B, le reste à charge peut rapidement dépasser 100 euros. Et quand les verres sont cassés ou perdus — ce qui arrive régulièrement chez les enfants actifs — la question du renouvellement se pose rapidement.

Choisir une mutuelle familiale qui couvre vraiment ces besoins

C’est précisément là qu’une mutuelle familiale bien calibrée fait la différence. Toutes les complémentaires santé ne se valent pas sur ces postes spécifiques : certaines ne remboursent les médecines complémentaires qu’à hauteur de quelques euros par séance, d’autres proposent des forfaits annuels plus généreux qui permettent de couvrir réellement les consultations chez le psychologue, l’ostéopathe ou le diététicien.

Cela vaut la peine de comparer les niveaux de garanties en ciblant les spécialistes qui correspondent aux besoins réels de ses enfants. Une famille avec un ado suivi en psy et un enfant porteur de lunettes n’a pas les mêmes priorités qu’une famille dont les enfants sont en bonne santé mais pratiquent un sport intensif.

Dans un contexte où les cotisations de complémentaire santé ont augmenté de plus de 25 % en trois ans selon l’UFC-Que Choisir, et où plus de 40 % des assurés jugent le rapport qualité-prix de leur contrat insatisfaisant, la question n’est pas forcément de payer moins — mais de payer mieux. C’est-à-dire de s’assurer que les garanties souscrites correspondent aux soins que la famille utilise vraiment.

Ce qu’il faut vérifier dans son contrat

Avant de changer de mutuelle ou de renégocier son contrat, voici les points concrets à examiner pour bien couvrir ses enfants :

Le plafond annuel de remboursement pour les médecines complémentaires (psy, ostéo, diété) : certains contrats plafonnent à deux ou trois séances par an, ce qui est nettement insuffisant pour un suivi régulier.

La couverture optique : montures de classe B, renouvellement anticipé en cas de casse, et fréquence de remboursement des équipements.

Le remboursement de l’orthodontie : un appareil dentaire représente souvent entre 2 000 et 4 000 euros, dont une partie seulement est prise en charge par la Sécu — et uniquement avant 16 ans.

La téléconsultation : un service de plus en plus utile pour les familles qui peinent à décrocher un rendez-vous rapidement, notamment en zones sous-dotées.

Prendre le temps de relire son contrat — ou d’en comparer plusieurs — reste l’un des gestes les plus concrets pour alléger le budget santé de la famille sans rogner sur la qualité des soins.

 

FAQ – Questions fréquentes sur la mutuelle familiale et les enfants

Les enfants sont-ils automatiquement couverts par la mutuelle familiale dès la naissance ?

Non, le nouveau-né doit être déclaré comme ayant droit auprès de votre mutuelle dans un délai variable selon les contrats. Certaines mutuelles offrent la cotisation la première année — une clause à vérifier au moment de souscrire.

Un enfant majeur encore à charge peut-il rester sur la mutuelle familiale de ses parents ?

Oui, sous conditions. La limite d’âge varie selon les contrats — souvent 21 ans, parfois 25 ans pour les étudiants ou les apprentis. C’est un point à vérifier dès le lycée pour anticiper la transition.

À quel âge faut-il revoir les garanties de sa mutuelle familiale ?

Les besoins évoluent avec l’âge des enfants : optique à l’école primaire, orthodontie au collège, santé mentale et médecines complémentaires à l’adolescence. Une révision tous les deux à trois ans est une bonne habitude.

La mutuelle familiale couvre-t-elle les soins si mon enfant tombe malade à l’étranger ?

Pas automatiquement. La couverture internationale dépend des contrats. Si votre enfant part en voyage scolaire ou en séjour linguistique, mieux vaut vérifier ce point en amont auprès de votre mutuelle.

 

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