
Chaque année, plus de 150 000 étudiants optent pour un Brevet de Technicien Supérieur (BTS), soit près de 28 % de l’ensemble des vœux formulés sur Parcoursup. Parce que très techniques et axées sur la pratique professionnelle, ces formations permettent d’accéder à des secteurs et des métiers parfois extraordinaires, avec de bons salaires à la clé. Et tout cela, en seulement deux ans.
Tous les BTS peuvent mener à des métiers de rêve
David Jehenne, directeur des études au LISA (Lycée de l’Image et du Son d’Angoulême, public), en est persuadé : « Certains BTS sont de vrais tremplins pour des métiers de rêve. Cela vaut autant pour les BTS audiovisuels qui permettent d’accéder au cinéma et à la télévision, que pour les BTS chaudronnerie. Dans leurs métiers, eux aussi ont l’impression de faire un métier de rêve ». Il cite l’exemple de la Charente, où des jeunes y sont formés à la fabrication des alambics et chaudières des distilleries de cognac, exerçant des métiers à la frontière entre industrie et artisanat d’art.
Le directeur parle aussi en connaissance de cause : « Je viens d’un bac pro tourneur-fraiseur. Et même cette spécialité de BTS permet d’accéder à des métiers de dingue : dans l’aviation, dans les bateaux de courses, et dans le médical. J’ai cet exemple extraordinaire d’un jeune tourneur-fraiseur qui fabrique des arthrodèses. Il étudie la pièce à fabriquer pour consolider les vertèbres des personnes qui ont le dos cassé, c’est formidable ».
Deux ans d’études, et parfois un emploi immédiat
Pour beaucoup de jeunes, le rêve tient aussi à une réalité très concrète : trouver un travail rapidement. Certains BTS sont aujourd’hui parmi les plus pourvoyeurs d’emplois, parfois avec des salaires attractifs dès la sortie.
David Jehenne cite l’exemple des BTS en Fluides, énergies, environnements (FEE) : « Ces formations permettent d’accéder à des salaires autour de 2 500 euros dès la fin des études, parfois même avant, tant les compétences sont recherchées ».
Plomberie, traitement de l’air, maintenance industrielle… Autant de secteurs où les entreprises peinent à recruter et où les jeunes diplômés trouvent rapidement leur place.
Même son de cloche chez Jean-Luc Jarvis, directeur délégué aux formations professionnelles et technologiques au Lycée privé l’Initiative à Paris. Selon lui, le BTS se distingue des études longues par la place centrale des stages et de l’apprentissage, dès la première année. Ces expériences permettent aux étudiants d’acquérir rapidement une expérience professionnelle, souvent exigée par les employeurs. Quel que soit le secteur, tertiaire, industriel, ou autre, le BTS facilite ainsi l’accès rapide à l’emploi avec un diplôme reconnu.
Un BTS audiovisuel pour ceux qui rêvent de cinéma et de télévision
Le BTS audiovisuel attire de nombreux jeunes qui rêvent de cinéma ou de télévision. Mais il repose avant tout sur une approche très technique. Comme le rappelle David Jehenne, « on ne forme pas des artistes, mais bien des techniciens qui manipulent l’art ». Les étudiants travaillent sur des bases scientifiques et techniques, tout en bénéficiant d’enseignements culturels et artistiques comme l’histoire de l’art ou l’analyse filmique. Cette double approche leur permet de devenir des techniciens sensibles, capables de proposer des idées et de s’adapter aux exigences du secteur.
Les parcours de certains anciens élèves illustrent ces débouchés : directeurs d’antennes de chaînes de télévision ou professionnels du spectacle, à l’image de Fabien Girard, ancien élève du LISA, qui a mixé pour Arthur H ou Camélia Jordana, et a été lauréat du Prix RFI Instrumental 2021.
Une option discrète mais très recherchée par les employeurs
Parmi les cinq options enseignées au LISA, l’option Techniques d’ingénierie et exploitation des équipements (TIEE) est « la plus méconnue, mais la plus recherchée par l’industrie ». Elle concerne les plateaux télé, la diffusion de concerts ou de matchs sportifs, autrement dit tout ce qui permet de transmettre sons et images en direct.
Aujourd’hui, « 80 % des demandes d’employeurs concernent des techniciens diplômés d’un BTS option TIEE ». L’accès au BTS audiovisuel reste sélectif, avec jusqu’à 1 500 candidats pour une douzaine de places par option chaque année, et nécessite des moyens techniques importants que seuls les lycées publics peuvent assurer, ne serait-ce que par la mise à disposition de plusieurs millions d’euros de matériel (plateaux de tournage, régie…) aux élèves, afin qu’ils puissent se former en conditions réelles.
DU BTS au rêve de photographe professionnel
Après être sorti major d’Île-de-France d’un bac pro photo obtenu avec mention très bien, Merlin Dauget réussit à rejoindre le BTS photo du lycée public Renoir à Paris. Il s’y étonne de l’aspect très technique de la formation : « Ce ne sont pas des études de rêves, mais cela permet d’accéder à des métiers de rêves », s’exclame-t-il.
Ainsi, les nombreux stages et contacts avec le monde du travail qu’il y cultivent, lui permettent, avant même la fin de son brevet, de créer sa micro-entreprise et de travailler en freelance : « Quand mes recruteurs voient sur mon CV que j’étais à Auguste Renoir, l’un des BTS photo les plus prisés en France, ils ont envie de m’embaucher directement ».
Grâce à ses compétences en retouche photo, un des points clés de la formation à Renoir, il a pu accéder à des milieux d’habitude fermés au commun des mortels tels que la prise de vue backstage et la retouche de photos prises lors de matchs de MMA (le sport de combat) ou dans la mode, missions très convoitées et rémunératrices. Ses photos réalisées en stage auprès de la Ville de Paris ont même été reprises par des médias du monde entier et par le journal Le Monde. Et tout cela à seulement 21 ans ! Rêvant de devenir reporter photo, il est actuellement en licence de photojournalisme à Perpignan. Il a toutes les clés en main pour y arriver.
BTS tertiaires : la voie des élèves au profil professionnel
Dans le classement L’Étudiant Parcoursup 2025, quatre BTS tertiaires figurent dans le top 20 des formations les plus demandées après le bac :
- Le BTS Management Commercial Opérationnel (MCO) – 9ème au classement
- Le BTS Négociation et Digitalisation de la Relation Client (NDRC) – 12ème
- Le BTS Commerce international – 13ème
- Le BTS Comptabilité et gestion – 18ème
Jean-Luc Jarvis, directeur délégué aux formations professionnelles et technologiques au lycée privé L’Initiative, accompagne les élèves dans certains de ces BTS (MCO, Comptabilité et Gestion, mais aussi BTS Gestion de la PME), qui comptent une proportion importante d’étudiants issus du bac pro : « Ce sont des élèves qui ont parfois des fragilités en enseignement général, mais disposent d’une vraie avance sur les matières professionnelles, grâce aux stages ».
Initialement conçus pour une insertion rapide dans l’emploi, les BTS sont aujourd’hui aussi de véritables tremplins vers la poursuite d’études. « Dorénavant, la majorité des étudiants poursuivent en licence, voire en master pour certains. C’est le BTS qui leur permet de faire ce parcours supplémentaire s’ils le souhaitent, ce que nous les encourageons à faire, en licence économie gestion pour les BTS MCO et comptabilité gestion, par exemple. En compta-gestion, ils peuvent aussi poursuivre sur une licence gestion de paie ou comptabilité. Pour chaque formation de BTS, il y a une licence qui correspond ».
L’alternance en BTS : gagner en maturité et en autonomie
Autre atout majeur de ces BTS : la possibilité de les suivre en alternance. Une formule qui séduit de nombreux jeunes, et soulage les parents.
L’apprentissage en entreprise permet à la fois :
- D’alléger le coût des études
- D’acquérir une autonomie financière
- De développer une expérience professionnelle concrète
Pour les profils moins à l’aise avec un enseignement très théorique, l’alternance représente l’équilibre entre formation et travail en entreprise. Elle favorise aussi la maturité, la confiance en soi et une meilleure compréhension du monde professionnel.
Dans des filières comme le BTS MCO ou GPME, certains étudiants nourrissent même un projet entrepreneurial. « On leur donne les bases juridiques, comptables et de gestion nécessaires pour envisager, à terme, la création de leur entreprise pour ceux qui le souhaitent », souligne Jean-Luc Jarvis. Certains anciens élèves du lycée l’Initiative sont déjà revenus témoigner de leur réussite dans ce domaine.
Parcours inspirants : quand le BTS révèle les talents
Les témoignages d’étudiants illustrent cette richesse et la souplesse des BTS tertiaires.
- Grégory, 19 ans, en BTS Gestion de la PME (en alternance) : « Aujourd’hui, mon objectif est de poursuivre vers un bac+3, ou même +5, et de décrocher un poste au sein de l’entreprise où je travaille actuellement. Je souhaite aussi créer ma propre entreprise avec un ami. En alternance, les classes sont moins nombreuses : les enseignants peuvent ainsi suivre davantage les étudiants, rendant l’apprentissage plus personnalisé et plus efficace ».
- Yizza Nour, 20 ans, a opté pour un BTS Comptabilité et gestion en alternance. Aimant les chiffres, son ambition est de « poursuivre mes études après le BTS en intégrant une licence CCA (Comptabilité, Contrôle, Audit) pour approfondir mes compétences en comptabilité et finance. Et éventuellement vers un master, pour accéder à des postes avec plus de responsabilités ».
- Raya, 24 ans, est aujourd’hui en master de stratégie digitale et réseaux sociaux, en alternance à UNICEF France, après avoir débuté son parcours par un BTS Communication : « Une formation qui m’a permis d’avoir de bonnes bases dans le domaine créatif, avec la découverte d’outils comme Photoshop ou encore Illustrator, et de savoir de quoi je parle lorsque je suis amené à échanger avec des clients ».
Les BTS, passeports vers les métiers artisanaux
Les BTS ouvrent aussi la voie à des métiers artisanaux et artistiques.
C’est le cas de Manon, 22 ans, diplômée d’un BTS Arts – option céramique. Passionnée par la matière, elle rêve d’ouvrir un atelier-boutique à Paris pour vendre ses propres objets décoratifs : « Le BTS m’a apporté la rigueur nécessaire pour transformer des idées en pièces abouties. Et de comprendre la technique tout en laissant une grande place à l’imagination. Aujourd’hui, je travaille sur une collection de petits bols et de vases inspirés des paysages urbains parisiens. Ce projet me permet d’affiner mon style et de me préparer à lancer ma propre marque dans les prochains mois ».
Qu’ils mènent vers l’emploi, la poursuite d’études ou l’entrepreneuriat, les BTS offrent à nos enfants des parcours concrets, sécurisants et porteurs de sens, souvent bien plus riches qu’on ne l’imagine.
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