Comment dire non à son ado ?

Vater und TochterVotre ado est en crise ? Il veut aller à une rave-party, se faire un piercing, inviter sa (son) petit( e) ami(e ) à dormir à la maison ou partir en vacances avec ses copains ? Il a de très bons arguments et a presque réussi à vous faire flancher, même si, au fond de vous, la décision est prise : c’est NON ! Et quand les parents ont dit non, ça DOIT ETRE NON !!! Comment faire preuve d’autorité face à votre ado rebelle ? Comment se faire respecter ? Voici quelques conseils pour vous aider à gérer un ado difficile.

Réfléchir avant de dire non à son ado

La première question à se poser est « suis-je vraiment certain(e ) de vouloir dire non à mon ado ? ». En effet, si je dis non parce que je n’ai pas envie d’y réfléchir, que je suis fatiguée, énervée ou que j’ai juste envie de l’embêter comme il m’embête, il y a toutes les chances que ce ne soit pas un vrai NON et que ses arguments fassent mouche.

En revanche, si j’ai pris le temps d’analyser la situation – peut être d’écouter ses arguments – de réfléchir au fait qu’il se met en danger, que c’est à l’inverse des valeurs que je veux lui inculquer, qu’il y aura des conséquences regrettables à court ou long terme, alors j’ai plus de chances de tenir ce NON… qui est un vrai NON !

Cela veut dire qu’il vaut mieux, souvent, différer la réponse pour pouvoir réfléchir sereinement à la situation, que de répondre trop vite. Vous pouvez dire « j’ai besoin d’y réfléchir ». Votre ado va sans doute insister « mais maman, dis moi, je dois donner une réponse tout de suite ! » (il est d’ailleurs étonnant de voir à quel point nos ados vivent dans l’urgence lorsqu’il s’agit d’aller à une soirée, et beaucoup moins quand il s’agit de faire leurs devoirs !). La réponse magique alors pourrait être : « tu veux une réponse tout de suite ? C’est non. Tu peux attendre que j’y réfléchisse, ce sera peut être oui ou peut être non ». Soyez certain que votre ado va alors vous dire « maman, papa, prends tout le temps qu’il te faut pour réfléchir ! »

Quelle forme d’autorité mettre en place avec son ado ?

Pour les parents, dans le fait de dire NON à leur ado va aussi se jouer la forme d’autorité parentale qu’ils ont mise en place avec lui. Attention à l’autoritarisme (faire preuve de POUVOIR SUR votre ado, dans le but de répondre à VOS SEULS besoins). Attention à l’abandon (le laisser faire ce qu’il veut sous prétexte qu’il est grand) : il ressemble peut-être à un adulte, il en a la taille, le look, mais ce n’est pas un adulte. Lui laisser tout faire risque de créer chez lui un fort sentiment d’abandon « que je vive ou que je meure, ça leur est égal ». Attention également au « tourbillon de l’autorité » : dire non, puis oui, puis non… sans expliquer, sans logique, est très déstabilisant pour tout le monde.

L’autorité bienveillante du parent d’ado consiste à mettre des limites : ces limites vont à la fois assurer sa sécurité affective et physique (non tu ne peux pas tout faire), et sa liberté (en autorisant un certain nombre de choses. Par exemple : faire ses devoirs quand il l’entend, lire ce qui lui plait, aller en soirée le vendredi soir… à vous d’y réfléchir). Ainsi votre ado saura qu’il peut grandir en sécurité, et lorsque vous direz « c’est NON et c’est NON NEGOCIABLE » , il sera rassuré intérieurement, même si ses mots et gestes expriment l’inverse. Pensez-y : le « boulot de l’ado », c’est de tester les limites… A condition qu’il y en ait !

Parents, écoutez vos ados !

Ecoutez votre ado si vous ne savez pas que répondre. Si vous savez à l’avance que vous direz non, inutile de lui faire croire que ses arguments peuvent vous faire changer d’idée. Il se sentira trahi et manipulé (et ce sera le cas). Vous pouvez dire « ma décision est prise à 98%, c’est non. Je veux bien écouter tes arguments, mais sache qu’il n’y a qu’une infime chance que je change d’idée ». Si vous hésitez, dîtes-le lui aussi : « je ne sais pas, pourquoi devrais-je dire oui ? ». Ecoutez, puis réfléchissez !

Tenez un discours cohérent à votre ado

Soyez surtout des parents cohérents : dans votre façon de vivre : compliqué d’interdire aux jeunes de « fumer un joint » s’ils vous voient en fumer vous-mêmes avec vos amis ! Et dans votre couple : mettez vous d’accord ensemble, pour que votre discours soit proche. Rien n’est plus déstabilisant pour votre autorité d’avoir « papa dit non… alors maman dira sûrement oui ». Car à cet âge plus encore qu’avant, ils vont tester la solidité du couple. Tentez de faire exploser les brèches tout en espérant secrètement ne pas réussir.

Et pour finir, un dernier conseil : exercez-vous ! Apprenez à dire non à vos amis, à votre patron ou (peut être plus facile) à votre boucher quand ce qu’il vous demande est inacceptable pour vous… Et si ça reste impossible pour vous, peut-être serait-il bon d’envisager un accompagnement individuel pour travailler sur votre confiance en vous.

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Quelques livres sur la relation parents-ados :

Ados crise ? Quelle crise ? : 20 idées reçues sur les ados, de Gérard Dhôtel, Editions Thierry Magnier, 14,50€
Votre ado, de Marcel Rufo en collaboration avec Philippe Meirieu et Christine Schilte, Hachette Pratique, 28 €
Les ados expliqués à leurs parents, de Marie Rose Moro, Bayard, 18,50 €
Adolescences : Repères pour les parents et les professionnels, sous la direction de Philippe Jeammet, La Découverte, 18 €
Souriez, vous êtes parents dadolescents !, de Virginie Dumont, Fleuve Noir, 11,90 €
Mon Ado Est un Gros Naze, de Laurent Storck et Silvia Kahn, Jungle !, 6 €.
Mon adolescent en 100 questions : Grandes questions et petites difficultés de mon adolescent de 8 à 18 ans, de Michel Fize, Eyrolles, 21,90 €.
Manuel de survie pour parents d’ados qui pêtent les plombs, aux éditions Les Liens Qui Libèrent, 7 €.
Souriez, vous êtes parents d’adolescents !, Virginie Dumont, Fleuve Noir, 11,90 €.

Marie-Charlotte Clerf

Thérapeute Vittoz certifiée, coach certifiée en développement personnel,  formatrice parentale. Elle a créé « MC2 coach-famille » pour aider les parents à améliorer leur  vie de famille. Ses spécialités : accompagner chaque membre de la famille à  trouver sa juste place, faire progresser la communication et les relations parents / enfants et enfants entre eux  , favoriser  la prise de conscience de ses points forts et des points d’amélioration possibles, aider à sortir d’un burn-out familial ou d’une dépression, se sentir utile et plein d’énergie, tout en ayant le temps de s’ occuper de soi-même…

La contacter : contact@coach-famille.fr 06 60 87 20 35 – www.coach-famille.fr

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  1. Bonjour, alors je tiens a poster mon avis sur la chose car très tot j’ai eut des piercing dès 11 ans (qui n’etais pas du tout cautionner par ma famille, donc fait en cachette) si je doit conseiller quelque chose aux parents avec mon recul c’est d’en parler et de ne pas rester fermer a la question car un piercing se retire et ne laisse pas plus de trace qu’un bouton d’acné (a conditions de bien traiter ses piercings)et contrairement aux tatouages ce n’est pas definitif. Cela peut faire peur mais quand une personne (surtout un ado) est entéter il peut faire des betises. Heureusement j’ai de la famille dans ce monde la donc j’ai fait tout mes piercings en salon malgres mon age mais pensez a vos enfants qui pourrait prendre des aiguilles et chopper des trucs pas nettes. Enfin voila apres avoir eut plus de six piercing sur le visage (pas en meme temps je vous rassure) je n’en ai aujourd’hui plus qu’un seul (j’ai 18ans) donc je vous rassure on s’en lasse. Niveau plug (les gros trous dans les oreilles) j’en ai aussi eut des 11ans cela peut aussi faire peur mais voila cela peut se reboucher si c’est bien suivit par le pierceur et meme se faire recoudre donc ce n’est pas definitif on plus il faut juste se renseigner, j’ai donc mes plugs assez gros aux oreilles depuis 7ans et pour rassurer les parents les plus inquiets vis a vis du travail sachez que j’ai fait des stages dans les boutiques de robes de mariés,de prêt a porter, d’ateliers de haute couture etc je bosse maintenant dans la mode et cela n’a jamais poser probleme.
    Voila j’espere que je vous aurais aider.

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