Camélia, de Nora Fraisse : une BD émouvante sur le harcèlement

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Par Nathalie Brunissen le

BD Camélia harcèlement scolaire

La BD Camélia de Nora Fraisse, Chistophe Cazenove et Bloz sur le harcèlement scolaire, éditée chez Bamboo, tombe à pic, alors que le phénomène #anti2010 sévit sur les réseaux sociaux. Parler du harcèlement scolaire par le biais de la bande dessinée à peut-être plus de chance de sensibiliser les jeunes sur un fléau dont personne n’est à l’abri.

Si le phénomène n’est pas nouveau (les langues des collégiens se délient), le hashtag #Anti2010 provoque l’émoi quelques jours après la rentrée, allant même jusqu’à faire réagir le ministre de l’éducation Jean-Michel Blanquer. Née sur Tik Tok, un réseau social souvent sur la sellette dans ce qu’il y a de pire sur les réseaux sociaux, cette campagne de dénigrement vise cette fois plus spécifiquement les enfants nés en 2010, donc ceux qui font leur entrée en 6ème cette année. En aura-t-on jamais fini avec le harcèlement entre élèves ? Il faut croire que malgré les campagnes de prévention, les jeunes ne sont jamais à court d’idées quand il s’agit de harcèlement. Tous les moyens sont bons pour sensibiliser les enfants et les ados, et cela passe notamment par la littérature jeunesse. Rencontre croisée avec les auteurs de Camélia, une BD de Nora Fraisse, Christophe Cazenove et Bloz, destinées aux jeunes lecteurs dès 12 ans, dont le Tome 1, « Face à la meute », sort en librairie le 29 septembre 2021.

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L’histoire de Camélia, victime de harcèlement

Camélia retourne à l’internat après deux mois de vacances. Celle qu’on appelait « Miss Bouboule » au collège est devenue une lycéenne bien dans sa peau. Elle va retrouver son amie Justine et la vie semble lui sourire. Mais c’est sans compter Valentine et sa clique qui vont la prendre en grippe. Lorsqu’une simple photo est diffusée sur les réseaux sociaux, c’est la spirale du harcèlement qui emporte Camélia. Elle devient le souffre-douleur de tout l’internat… Et pas la peine de compter sur Justine, car son amie a, elle aussi, rejoint le clan des harceleurs.

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Nora Fraisse, une maman impliquée dans la lutte contre le harcèlement

Vous connaissez certainement déjà Nora Fraisse. Impliquée dans la lutte contre le harcèlement scolaire et le cyberharcèlement depuis le suicide de sa fille Marion en 2014, elle a témoigné de cet événement dramatique dans un livre bouleversant, Marion, 13 ans pour toujours. Et elle a fondé l’association « Marion Fraisse, La main tendue », afin de sensibiliser les jeunes et le monde éducatif. Avec la BD Camélia, co-écrite avec Christophe Cazenove et mise en image par Bloz, elle aborde en filigrame des thèmes inhérents au harcèlement, comme la vie sociale et affective, la pression du groupe, la vie scolaire, les rumeurs, le cyberharcèlement, la solidarité entre élèves, la place des adultes, le sentiment de solitude… « Cette histoire est un condensé de ces milliers d’enfants que j’ai rencontrés ces 8 dernières années », explique Nora Fraisse. « Camélia est aussi ou peut-être l’enfant que vous avez été, elle va vous amener à comprendre le harcèlement, comment l’appréhender, le combattre. »

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Interview croisée des auteurs, Nora Fraisse, Christophe Cazenove et Bloz

Camélia est un personnage fictif, mais qui vit des situations réelles, que des milliers d’enfants vivent chaque jour. Comment appréhende-t-on le travail autour de cette histoire quand on sait l’impact qu’elle peut avoir sur les futurs lecteurs ?

Christophe Cazenove   Je pense que le plus important est d’essayer de sonner vrai, autant en termes de dessin qu’au niveau de l’histoire et des dialogues. L’idée est de montrer que cette histoire n’a rien d’exceptionnel, mais s’inscrit dans une réalité tout ce qu’il y a de plus ordinaire, dans laquelle peuvent se retrouver ou se reconnaître les lecteurs.

Comment s’est passé ce travail à six mains ?

Christophe Cazenove – Tout est parti d’une histoire que Nora Fraisse a écrite en quelques pages seulement. Tout était là, les personnages, le déroulé, la mise en place du harcèlement subi par l’héroïne… Mon travail a consisté à faire de ce traitement un scénario de bande dessinée. J’ai rencontré Nora, nous avons discuté et j’ai pu me mettre au travail, avec évidemment la présence de Bloz à chaque étape du processus de création.

Nora Fraisse – Le travail s’est fait sereinement, chacun se faisait confiance et a voulu donner le meilleur de lui-même. Quand on traite d’un sujet aussi sérieux que le harcèlement, on ne veut pas être dans l’approximation, on a envie de donner le meilleur, car la BD peut avoir un impact fort auprès des lecteurs. Chacun s’est challengé, et le résultat est de qualité, on touche à l’excellence selon moi.

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Bloz, vous aviez publié en 2017 la BD Seule à la récré sur un scénario écrit par votre fille. L’histoire était directement inspirée de sa vie. Était-ce difficile de se replonger dans une histoire dont le sujet principal est à nouveau le harcèlement scolaire ?

Bloz – Oui, ça ravive forcément quelques sentiments désagréables. Ici ce n’était plus notre histoire familiale qu’il fallait raconter, néanmoins pour avoir vécu le harcèlement de ma fille, même si c’était différent et moins rude sans doute que ce qui est développé dans Camélia, ça me touche, et j’imagine ce que ressent l’enfant se retrouvant dans cette situation, et plus largement ce qu’éprouveront les parents et les proches à la découverte des faits.

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Difficile de rester insensible, sachant qu’en plus ces situations de harcèlement persistent et montent toujours d’un cran… Pour cet album, vous avez changé votre trait. Était-ce volontaire ? Vouliez-vous marquer une différence par rapport aux BD que vous réalisez habituellement ?

Bloz – Je vois l’album Camélia comme le grand frère de Seule à la récré. Ce dernier se déroule et s’adresse principalement à des enfants de classes primaires, puisque malheureusement le harcèlement commence très tôt (pour Ana, c’était au CP). Je l’ai donc dessiné, comme j’en ai l’habitude, de façon plutôt humoristique, pour amener le sujet sans crainte, sans a priori, et faire passer le message en douceur. Pour Camélia, nous nous adressons à des collégiens et plus, sans doute. Il me semblait donc incontournable d’avoir un trait plus semi-réaliste, moins enfantin pour les accrocher, et pour coller à l’histoire écrite par Nora et Christophe. Le monde et le quotidien des ados est déjà plus dur, plus adulte, inutile de dessiner des personnages rigolos accompagnés de couleurs acidulées pour « enrober » le récit. J’ai donc tenté tout au long de l’album de forcer mon trait habituel vers un autre style. Pas évident.

Nora, comment avez-vous imaginé cette histoire ?

Nora Fraisse – L’histoire m’est apparue naturellement car elle vivait en moi depuis toujours, alimentée par les personnes que j’ai croisées et les évènements que j’ai vécus. Cette BD est l’histoire d’une vie personnelle, universelle, de vous, de moi, du voisin…

Elle parle à tout le monde, car elle pourrait arriver à tout un chacun. J’ai puisé dans mes différentes rencontres avec des enfants, des parents, que ce soit à l’association, lors de conférences, dans des rencontres scolaires… Les personnages sont le concentré de cette somme de gens que j’ai côtoyés. Rayan existe réellement, par exemple.

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Christophe, quelle a été votre implication dans ce projet ?

Christophe Cazenove – En discutant avec Nora, je me suis aperçu que même si je n’avais pas été harcelé à l’école, j’ai certainement eu des camarades qui l’ont été et ai sûrement côtoyé des harceleurs, sans même le savoir. Le harcèlement scolaire est un vrai fléau qui peut causer des drames. Nous le savons, il ne faut pas fermer les yeux. C’est à nous tous, l’ensemble de la société, d’être vigilant pour éviter que cela ne se produise ou, en tout cas, que soit évité l’irréparable.

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Comment avez-vous travaillé le scénario pour qu’il sensibilise, mais qu’il garde cette légèreté ?

Christophe Cazenove – Camélia est un projet qui m’a sorti de ma zone de confort, moi qui écris généralement des albums de gags ou d’histoires humoristiques.

Mais j’ai trouvé nécessaire de conserver dans le scénario quelques moments de légèreté, quelques sourires, car l’idée n’était pas non plus de dramatiser à outrance. Le sujet lui-même est déjà assez dramatique, se permettre quelques sourires ajoute, je pense, un peu plus de réalisme aux situations et permet aussi de s’attacher aux personnages. Je le souhaite en tout cas.

Pourquoi la BD s’appelle Camélia ?

Nora Fraisse – Je suis une passionnée de fleurs. Les orchidées sont mes fleurs préférées, mais ce n’était pas joli pour le prénom d’une fille. Le camélia est l’un des arbustes qui apparaît en premier au printemps. J’y voyais une jolie allégorie sur le passage de l’adolescence et la transformation d’une petite fille en une belle jeune fille.

Camélia, chez Bamboo Editions, 15,90 €. Commander sur la Fnac ou Amazon

CONCOURS : A gagner 5 exemplaires de la BD du 29 septembre au 13 octobre 2021 dans l’espace Concours !

L’association « Marion, La main tendue », qui agit pour la prévention et la lutte contre la violence et le harcèlement en milieu scolaire ainsi que les cyberviolences, lance, avec le concours de Wakam, l’assurance Kolibri pour protéger les victimes, une assurance inclusive citoyenne et solidaire.

Wakam s’engage à ne faire aucune marge et reversera 1,5 € sur chaque assurance souscrite pour l’ouverture de nouvelles Maisons de Marion. Ces structures sont dédiées à l’accueil, la prise en charge et l’accompagnement des personnes victimes de harcèlement scolaire, de leurs familles, ainsi que de la communauté éducative.

La solution globale Kolibri va au-delà des prestations incluses dans les assurances scolaires et habitation classiques. Elle est souscrite indépendamment, sans obligation de souscription complémentaire. Pour 18 € par an et par enfant (dès 3 ans), elle comprend :

  • une plateforme dédiée : 70 personnes mobilisées toute l’année pour accueillir et orienter les familles ;
  • la protection juridique : prise en charge des frais d’avocat à hauteur de 1 000 € ;
  • un accompagnement thérapeutique dédié : prise en charge des frais de 10 séances auprès de psychologues, sophrologues et nutritionnistes, à hauteur de 60 € par séance ;
  • la protection scolaire : prise en charge des frais de cours à domicile pour les enfants victimes de phobie scolaire à hauteur de 1 800 € ;
  • le bouclier e-réputation : accompagnement dans le nettoyage des réseaux sociaux jusqu’à 1 000 €.

Plus d’informations sur kolibri-assurances.com

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