Discrets, réservés, solitaires : pourquoi il faut valoriser les enfants « low profile » 

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Par Bénédicte Flye Sainte Marie le

enfants réservés low profile

Certains enfants préfèrent se fondre dans le décor plutôt de chercher à briller. Et donneraient cher pour posséder la cape d’invisibilité d’Harry Potter. Dans un monde centré sur l’auto-promotion permanente, il est néanmoins possible de donner à ces enfants réservés et solitaires des clés pour s’épanouir. Explications avec la psychopraticienne Ondine Khayat. 

Vous aussi, vous étiez cet(te) élève dont on disait qu’il ou elle était « transparent (e) » ? Qui collectionnait chaque trimestre les « Ne participe pas assez en classe » et se sentait tel un vilain petit canard au milieu des volubiles, des ultra-sociables, toujours le doigt levé, dont les profs raffolaient ? Quelques décennies ont passé mais rien n’a changé. Aujourd’hui comme hier, l’univers scolaire glorifie les enfants et les ados qui ont la faculté de se mettre en avant, de se faire entendre, et n’accorde que peu de considération à ceux, plus réservés, qui ne se retrouvent pas dans cette manière d’être et de fonctionner. Pour Ondine Khayat, ce sont nos codes sociétaux qui créent et entretiennent ce super-bonus accordé aux extravertis. « Parce que ce sont des caractéristiques valorisées dans notre univers de « winners » où il faut être sûr de soi, parler fort, être drôle, s’affirmer, quitte à passer devant les autres. Mais quelle place est laissée à ceux qui nous entourent quand on prend tout l’espace ? » s’interroge-t-elle. 

Trouver sa voie/voix à l’ère du culte de la personnalité 

Car il y a effectivement d’autres modèles valables et tout à gagner à comprendre ce que les jeunes silencieux peuvent amener de positif dans un groupe. C’est d’ailleurs tout l’objet des conférences que donne depuis des années Susan Cain, ex-avocate qui a écrit le best-seller La force des discrets. Après avoir expliqué que la suprématie du « monde des bavards » était un phénomène récent, puisqu’elle a émergé avec le capitalisme et la révolution industrielle, alors que l’on a porté aux nues pendant des siècles les vertus de l’humilité, elle y passe en revue les atouts des introvertis. Moins focalisés sur eux et davantage sur les objectifs qu’ils ont à atteindre, ils s’avèrent plus à enclins à l’écoute et souvent dotés d’un sens de la réflexion et de l’analyse très développé. L’oratrice n’hésite pas à citer l’exemple de personnalités comme Barack Obama, Ghandi, Angela Merkel, Bill Gates, Mark Zuckerberg ou J. K. Rowling qui ont su s’imposer malgré leur réserve naturelle. « Ces enfants ont beaucoup à apporter aux autres car ils possèdent un univers intérieur souvent très riche, une finesse de perceptions, une grande empathie, une manière originale de voir les choses et de la créativité. Nous avons besoin de ces qualités, car la recherche de la performance systématique ne mène nulle part » confirme Ondine Khayat. 

Et si on leur permettait de cerner leurs super-pouvoirs ? 

Mais c’est aux parents et aux adultes qui entourent ces enfants dits « low profile », tels les enseignants, les professionnels de santé ou les thérapeutes, d’adopter la bonne stratégie pour qu’il soit plus facile pour eux de se sentir bien dans leur peau et de s’intégrer. Ce qui passe notamment par le fait d’accepter qu’ils aient besoin de plus de calme et de solitude que la moyenne, de cesser de les assommer d’injonctions comme « il faut que tu t’ouvres aux autres » « ce n’est quand même compliqué de dire trois phrases » et autres jugements péremptoires « Et il faut respecter leur rythme, en leur disant ce que nous apprécions chez eux, en les aidant à trouver dans quel domaine leur sensibilité peut se déployer, en discutant avec eux sans jamais les forcer à rien, en leur expliquant qu’il y a différentes personnalités avec des traits de caractères divers… Je vois souvent dans mon cabinet que certains parents qui vivent mal leur propre introversion, timidité ou hypersensibilité ont du mal à accepter cela chez leur enfant parce qu’il les renvoie à un vécu douloureux. Nous devons reconnaître la singularité de ces enfants, ils ont beaucoup à nous apporter » conclut Ondine Khayat. Et ne plus jamais dire qu’ils sont « effacés » mais qu’ils dessinent leur vie autrement !

En pratique :

Le dernier livre d’Ondine Khayat Faites l’expérience de vous-même – 16 explorations guidées pour comprendre vos blessures et apprendre à les guérir est sorti le 10 septembre (Editions First, 14,95 euros). Commander
Infos sur
www.ondinekhayat.com

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