Expatriation en famille : trois mamans racontent comment elles ont préparé leurs enfants

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Souvent initiée par les parents, l'expatriation peut-être « subie » par les enfants, qui n'ont d'autres choix que de suivre le mouvement. Pour autant, tout peut très bien se passer s'ils y sont bien préparés et y voient l'occasion de faire des découvertes enthousiasmantes. Emilie,  Rebecca et Christine sont partie vivre à l'étranger en famille et nous racontent ce qu'elles ont mis en place pour un changement de cap en douceur avec leurs enfants.

Quand annoncer l’expatriation aux enfants ? 

Lorsqu’ils ont pris la décision de quitter Orléans pour s’installer au Québec, Emilie et son compagnon ont attendu quelque temps avant de l’annoncer à leurs enfants, âgés de 5 et 8 ans. Pour eux qui se préparaient à deux ans de démarche pour partir vivre à l’étranger en famille et n’étaient « pas sûrs d’être sélectionnés », il s’agissait de ne pas créer de déception. Mieux valait selon eux attendre la visite médicale obligatoire pour évoquer le sujet. «  On leur a dit ‘on a pour projet de partir au Canada, on n’est pas encore sûr d’y aller, mais on prépare cela’ », raconte la maman, auteure du blog Nouvelle Vie à Québec City. Une fois le projet bien engagé, Emilie a tout fait pour plonger ses enfants dans l’ambiance : « On parlait du Canada, on allait sur internet, on achetait des livres sur l’histoire du pays, on regardait des émissions TV, on leur montrait le drapeau qu’ils se sont amusés à dessiner, etc ». Ce qui a eu pour effet de plonger les enfants dans une certaine « euphorie » jusqu’au départ à peine 6 mois plus tard.

Rebecca, mère d’une famille s’apprêtant à déménager au Japon, a quant à elle tenu à informer ses enfants dès la prise de décision. Si elle leur a fait découvrir la culture japonaise au travers d’ateliers sushis, mangas, animés, etc, hors de question pour autant pour cette maman de « faire du bourrage de crâne ». « Nous avons choisi de répondre à leurs questions mais de ne jamais leur en parler plus qu’ils ne réclamaient. Les enfants n’ont pas les mêmes inquiétudes que nous et il est inutile de leur transmettre nos propres questionnements […]. Par exemple, j’ai évité au départ de leur parler de leurs futures chambres, etc, puisqu’aucun ne me posait de questions à ce sujet… », explique celle qui raconte son histoire sur sa chaîne YouTube.

Préparer la séparation affective

Dans la famille de Rebecca, la nouvelle du départ au Japon fut également accueillie avec beaucoup d’enthousiasme : « l’avantage avec les jeunes enfants, c’est que si les parents dressent un portrait optimiste de ce changement, ils le perçoivent comme une aventure motivante. Et ils n’ont pas encore d’attaches trop fortes dans leur vie sociale ». Rien donc qui ne puisse effrayer ses deux enfants de 5 et 7 ans.

Au moment de son expatriation en famille dans un petit village de l’Hampshire en Angleterre, Christine a elle en revanche dû faire face à la tristesse de son fils de 9 ans, déchiré de devoir quitter ses amis. Mais la blogueuse de Maman Voyage n’a pas hésité à prendre les devants pour atténuer le choc, en organisant « une fête à la maison avec tous les amis d’école […] et en invitant les parents pour échanger avec eux et les encourager à venir [les] voir en Angleterre ! ». Une façon de resserrer les liens avant le départ.

Depuis qu’ils sont sur place, elle veille également à maintenir les contacts avec les proches restés en France via Skype et Facetime. D’autant plus que sa petite fille âgée aujourd’hui de 7 ans a eu au démarrage un peu de mal à se faire des nouvelles copines. « Elle ne comprend pas quand on lui parle anglais, et c’est normal. Elle a bien repéré deux petites filles adorables avec lesquelles elle reste à la récré mais elle ne peut pas leur parler ». Difficile quand au déracinement s’ajoute la barrière de la langue ! Alors pour aider ses enfants à se sentir mieux, Christine a tenu à les inscrire aux activités extra-scolaires qu’ils aiment et dans lesquelles ils peuvent s’exprimer autrement, soit la danse, le piano et le tennis.

Des incompréhensions culturelles à anticiper 

Mais même lorsque la langue est la même, les différences culturelles peuvent être déconcertantes pour les enfants d’expatriés. « Parfois mon plus grand est frustré car quand il dit « ô la vache », on se moque de lui. Je lui rappelle que lui aussi rigolait au début quand il entendait des « taberouette », raconte Emilie qui réside désormais au Québec. Et cette différence concerne aussi les jeux : « Il y a un jeu qui se joue à trois : deux enfants se lancent la balle et celui qui est au milieu doit essayer de l’attraper. Mon petit s’est retrouvé au milieu et ne comprenait pas pourquoi on ne lui lançait pas la balle. Heureusement, les enseignants étaient attentifs et lui réexpliquaient les règles… »

Au Japon, Rebecca s’attend à devoir relever des « défis quotidiens » avec ses enfants, qui seront comme elle en « totale perte de repères » : « ça passera autant par la nourriture à laquelle ils devront s’habituer que par le climat très ensoleillé et humide, les catastrophes naturelles auxquelles ils seront forcément confrontés un jour, les règles sociales comme le salut, le respect du silence, etc ». Quant à l’école, cette maman expatriée et son compagnon ont opté pour un établissement international que leurs enfants ont pu aller tester au préalable, ce qui leur a permis de se projeter davantage. Pour la choisir, le couple s’est octroyé les services d’un « agent de relocation qui [les] a mis en lien avec les écoles, [leur] a organisé des rendez-vous et visites. De même pour les agences immobilières, les adresses de médecin, la mise en place de la TV et Internet, l’agence d’aide-ménagère, etc ». Un support très précieux pour ces parents, qui ont aussi pu compter sur les bons conseils d’expatriés américains et allemands, de leur connaissance.

L’expatriation, « une aventure, pas un Eldorado ! »

Emilie et son compagnon qui prônaient, eux, l’intégration complète, ont opté pour l’école publique de leur nouveau quartier. Mais les premiers temps y ont été difficiles pour leur cadet : « on nous a dit que les Français étaient en avance sur les Québécois, donc ils ont voulu le faire passer directement en CP, mais il n’avait pas du tout le niveau. C’était difficile pour lui de rester assis à travailler, il n’arrivait pas à suivre. Mais il l’a caché. Heureusement, le corps enseignant a vite réagi et l’a remis en maternelle ». Difficile aussi de trouver un bon médecin pour toute la famille. Au Québec, l’attente pour un premier rendez-vous est très longue, 3 ans dans le cas d’Emilie et les siens. Heureusement, précise-t-elle, « il y a tout un réseau de cliniques dans lesquelles on peut aller même sans passer par un médecin de famille ».

Cette maman qui a les pieds sur terre, avait anticipé ces désagréments. Cette expatriation, elle la voyait comme une « expérience, une aventure, mais pas un Eldorado » : « on savait qu’il y aurait des coups durs, qu’on allait devoir reconstruire les choses, et on ne l’a pas caché aux enfants. En arrivant, on a passé un mois et demi sans nos affaires, car elles étaient dans un container sur l’eau ! ». Mais ce n’est rien à côté des nombreux bénéfices de cette expatriation, dont le resserrement des liens familiaux. Selon ses dires, son compagnon, ses enfants et elle sont plus proches que jamais depuis leur nouvelle vie dans la Belle Province…

Vous aussi vous avez vécu une expatriation en famille ? Partagez votre expérience avec nous !

A lire pour aller plus loin :

Chéri(e), on s’expatrie ! : guide de survie à l’usage des couples expatriés,par Alix Carnot, chez Eyrolles, mars 2016, 17 €. Commander
Guide de l’expatriation, Petit Futé, édition septembre 2018, 9,90 €. Commander

Journal d’une ado expatriée, de Véronique Martin-Place, aux Editions 1, mai 2017, 12,66 €. Commander
Elise, 7 ans, expatriée, de Corinne Feuillet Luca, chez Amalthée, janvier 2018, à partir de 6 ans, 12 €. Commander
Ulysse, petit expat, de Mathilde Paterson, chez Le Centurion, février 2019, à partir de 6 ans, 9,90 €. Commander

Et plein d’autres livres pour préparer les enfants à l’expatriation ici.

Une plateforme collaborative : www.expatsparents.fr

 

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