Inégalités filles-garçons : et si les parents les favorisaient dès l’enfance ?

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Oui, nous sommes les premiers à déplorer les différences de traitement entre les hommes et les femmes. Mais certains des réflexes que nous avons, ou des messages que nous délivrons à nos enfants ont pourtant tendance à encourager les inégalités filles-garçons. Sommes-nous réactionnaires malgré nous ? Et comment changer d’approche pour faire bouger les choses dans les têtes et dans les faits ? Décryptage.

fillette à moustache au milieu de jeux de garçon. Egalité des sexes

Et si les parents eux-mêmes encourageaient les inégalités filles-garçons dès l’enfance ?

Qui n’a jamais dit à son fils qu’il ne devait pas pleurer après s’être fait un gros bobo ? Parce qu’il devait être un garçon « courageux » ?… Qui n’a pas demandé à sa fille de ne pas se rouler par terre ou sauter dans les flaques ? Parce que « cela ne se fait pas » quand on est une jolie petite fille ?… Même lorsqu’ils se revendiquent parfaits partisans de la parité, les papas et les mamans dispensent souvent inconsciemment à leurs enfants un discours stéréotypé. Ce comportement conditionne la manière dont ces derniers vont se comporter. Et évoluer ensuite en tant qu’adultes. Un état de fait que pointe régulièrement du doigt dans ses interventions Brigitte Gresy, la secrétaire générale du Conseil Supérieur de l’Egalité professionnelle entre hommes et femmes.

Egalité fille garçon : les parents ont un vrai rôle d’éducation à la mixité

Pour Brigitte Gresy, une façon de ne pas enfermer nos loustics dans un rôle social dicté à l’avance. De casser ces archaïsmes qui ont la peau dure. C’est d’abord d‘adopter une attitude bienveillante par rapport aux émotions qu’expriment nos garçons. Oui, ils ont le droit d’éprouver de la tristesse, de l’extérioriser. Et de se faire consoler sans que cela porte atteinte pour autant à leur statut de « petits hommes ». Cela les aidera même plus tard à être des personnes plus ouvertes à leur ressenti et à celui des autres.

On doit aussi veiller à ne pas brider les petites filles. Et à ne pas leur coller des étiquettes. Ce n’est pas parce qu’elles sont hyperactives, portées sur la compétition ou amatrices de foot, qu’elles sont des « garçons manqués ». Juste des demoiselles très entières !

Dans la mesure du possible, il faut éviter également, en tant que parent(s), d’attribuer à un genre (féminin ou masculin) aux traits de caractère ou aux comportements. Et ceci même avant la venue au monde de nos bambins. Plusieurs travaux scientifiques ont ainsi prouvé que l’attitude des parents variait dès la grossesse. Selon qu’ils attendaient un garçon ou une fille. A la naissance, les études démontrent qu’ils auront ensuite tendance à être plus toniques avec un baby- boy. Plus délicats et protecteurs avec une fille.

Filles-garçons : éviter les jouets trop catégorisés

Dans le même ordre d’idées, il faut essayer de battre en brèche le principe qui voudrait qu’il y ait des jouets filles et des jouets garçons. D’abord parce que cela empêche entre eux la mixité des moments de jeu. Et aussi parce cela impacte leur construction personnelle.

Pour aiguiser le sens de la créativité et l’envie de se surpasser de nos filles, il y a peut-être mieux que leur offrir une panoplie d’appareils ménagers en modèle réduit… Alors que les jouets catégorisés « garçons » font souvent appel à la performance, à l’esprit d’équipe. Et les conduisent à développer des aptitudes qui leur serviront dans leur vie professionnelle. Déjà, donc, une discrimination à la base !

Dans nos choix de cadeaux, il ne s’agit donc certainement pas de ne pas tenir compte des désirs de nos enfants. Et d’offrir à Ernestine une lance de super-héros si elle rêve d’un costume pailleté de Reine des Neiges. Mais peut-être de lui montrer qu’il existe autre chose, afin ne pas limiter ses horizons.

Enfin, le fait que Papa se charge le plus souvent possible des moments liés aux quotidien (repas, toilette, courses, devoirs…). Qu’il partage les activités et loisirs, voire exerce un métier plutôt connoté féminin, montre à l’enfant qu’il n’y a pas de moule prédéfini dans lequel il serait tenu de se glisser plus tard. Car c’est aussi par effet de miroir ou par l’exemple qu’on fait progresser l’égalité filles-garçons…

A lire pour les parents : La vie en rose, pour en découdre avec les stéréotypes, de Brigitte Grésy, éditions Albin Michel, 17,50 €. Commander

A lire pour les enfants :

L’histoire de Julie, qui avait une ombre de garçon, de Christian Bruel, Anne Galand, Anne Bozellec, Editions Thierry Magnier, 16,50 €. Commander
Quand Lulu sera grande, de Fred L., Talents Hauts, 11,70 €. Commander
Marre du rose, de Nathalie Henz et Ilya Green, Albin Michel Jeunesse, 5,50 €. Commander
A quoi tu joues ?, de Marie-Sabine Roger et Anne Sol, Sarbacane, 15,90 €. Commander
On n’est pas des poupées. Mon premier manifeste féministe, de Delphine Beauvois et Claire Cantais, La Ville Brûle, 13 €. Commander
La déclaration des droits des filles, d’Elisabeth Brami, Talents Hauts, 12,50 €. Commander
La déclaration des droits des garçons, d’Elisabeth Brami, Talents Hauts, 12,50 €. Commander

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