Téléphones portables sous l’oreiller : comment réagir ?

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Ado au lit avec son téléphone portableLe smartphone remplacerait-il la peluche fétiche chez des jeunes adolescents ? Tout « bon parent » devrait-il respecter le besoin pour s’assoupir et se réveiller de cet objet transitionnel connecté au monde entier? Sinon, comment bouter hors des chambres ces téléphones empêcheurs de s’endormir en paix ? Panorama des effets collatéraux du co-dodo avec son doudouphone.

Difficultés d’endormissement

Si le smartphone reste à portée de main au moment du coucher, tentation est grande de vérifier une dernière fois ses messages (e-mails, Facebook, etc.) avant de s’endormir. Or, certaines images ou paroles dopent l’adrénaline. Et les activités cognitives stimulantes ne manquent pas sur ces prolongements artificiels des pouces des ados. Parmi les plus populaires, le visionnage de séries en Replay. Cette excitation diminue l’envie de s’endormir et retarde l’apparition des signaux de fatigue (bâillement, etc.). Et le retrait, l’isolement sont nécessaires pour pouvoir s’apaiser.

De plus, l’impact de la lumière bleue sur l’heure du coucher a par exemple déjà été mis en évidence dans une recherche du Rensselaer Polytechnic Institute (New York), publié dans la revue Applied Ergonomics1. On y apprend que cette luminosité diminue la sécrétion de mélatonine, hormone du sommeil. De surcroît, le rayonnement des smartphones stimule davantage que celui des téléviseurs car il est plus proche des yeux.

Nuits plus courtes et hachurées

Selon l’UNAF (Union Nationale des Associations Familiales) les adolescents auraient perdu 2 à 3 heures de sommeil par nuit en 30 ans. L’enquête internationale HBSC3 (Health Beahaviour in School-aged Children) éditée en septembre 2012, situe la moyenne pour les collégiens à 8h30, la veille d’un jour de cours. Une privation de sommeil de l’ordre d’une durée inférieure à 7 heures, s’avérerait délétère pour la santé.

En outre, lors d’éventuels réveils nocturnes, les consultations réflexes de messages nuisent au retour rapide dans les bras de Morphée. Des articles de la presse américaine font même état du phénomène de « sleep texting » qui consiste à envoyer en dormant des messages…dont on ne se souviendrait plus du contenu le lendemain !

Préjudices insoupçonnés

Les conséquences des troubles du sommeil peuvent être anodines, comme une somnolence diurne, des difficultés de concentration ou une certaine irritabilité. Mais si les retards de phase deviennent récurrents et la fatigue chronique, les effets se révèlent nocifs sur la santé et la réussite scolaire.

Du point de vue médical, le rapport de l’Académie des Sciences de janvier 20134 établit le lien entre l’allongement du temps devant les écrans, la fatigue et la tendance au surpoids. Par ailleurs, les difficultés scolaires et sociales susceptibles de découler d’un manque chronique de sommeil, peuvent conduire à des formes dépressives, surtout chez les garçons.

Six solutions à tester :
Si les interdictions drastiques sans explications mènent souvent à la transgression, la pédagogie et l’autonomisation des jeunes adolescents constituent une approche plus efficace. Car l’adhésion est une composante essentielle pour changer durablement un comportement.

1. Rappeler l’intérêt du sommeil et les risques du manque de repos.
Le site du réseau Morphée5 diffuse des données scientifiques précises et chiffrées sur ce point.
2. Négocier l’heure d’un couvre-feu des appareils électriques.
Sarah Hartley, médecin à l’unité du sommeil de l’hôpital de Garches, préconise un éloignement 2 heures environ6 avant l’heure du coucher souhaitée.
3. Proposer des alternatives relaxantes comme la lecture, la relaxation ou le yoga.
Selon l’étude HBSC3, les jeunes déclarant lire avant de se coucher dorment plus longtemps que les adolescents qui ne lisent pas et/ou font autre chose.
4. Trouver un abri pour la nuit aux smartphones à l’extérieur de la chambre.
La chambre doit être considérée comme un lieu sacré réservé au sommeil, un espace protégé. Et pourquoi ne pas fabriquer un « garage pour smartphones » lors du prochain week-end pluvieux ?
5. Montrer l’exemple en se déconnectant soi-même des écrans en soirée.
S’auto-discipliner permet d’être réellement présent et disponible pour accompagner les enfants vers le sommeil.

Les parents ont un rôle crucial à jouer pour aider les enfants à arbitrer la compétition entre gadgets électroniques et sommeil. Seuls eux peuvent expliquer pourquoi il n’est pas essentiel de répondre immédiatement aux messages envoyés après 20h. Une bonne nouvelle pour encourager à tenir bon : selon une étude de la revue Sleep7, les parents qui donnent des consignes de coucher à leurs ados sont écoutés et perçus comme étant plus protecteurs et attentifs. Consignes + sensibilisation = moins de fatigue + meilleures relations… une équation à tester, non ?

Sources // Pour en savoir plus :

1- www.lrc.rpi.edu
2- www.unaf.fr
3- www.inpes.sante.fr
4- www.academie-sciences.fr/activite/rapport (p.48)
5- www.reseau-morphee.fr 
6- http://doc.hauts-de-seine.net
7- www.morphee.biz

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