La dépression chez les préados en 5 questions

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Lenfantoptimiste-OdileJacobIl arrive qu’un enfant perde goût à ses activités habituelles. Plus rien ne semble lui faire plaisir. Son attitude vis à vis de ses proches change. Il se plaint de plusieurs douleurs inexplicables. Simple coup de fatigue, début de crise d’adolescence ? Le diagnostic s’avère complexe. Selon l’INSERM, la Dépression touche 2 % à 3 % des pré-adolescents (1). Quelles sont ses causes, ses symptômes, comment la détecter et la surmonter ?

Quelles sont les causes principales ?

Une séparation dans la famille ;
Le deuil d’un proche, surtout quand il survient de façon complètement inattendue ;
Des échec scolaires, des propos négatifs à répétition de la part d’un enseignant ;
Un mode éducatif excessivement strict et injustement punitif ;
Des antécédents de troubles dépressifs chez les parents (l’aspect génétique n’est cependant pas démontré scientifiquement) ;
Toutes les situations familiales qui engendrent un sentiment d’abandon, de ne plus être aimé ;
Des troubles physiologiques : certaines maladies ou médicaments, une différence physique mal assumée ou encore, dans un autre registre un grand désordre de l’hygiène de vie (carences alimentaires notamment).

La plupart des causes sont liées à l’environnement de l’enfant. La perception « pessimiste » de certaines situations et la combinaison de plusieurs facteurs sont susceptibles de déclencher la maladie.

Quels symptômes constituent des signes ?

Isolement, repli sur soi, rupture des liens amicaux ;
Modification des conduites alimentaires
Troubles du sommeil (endormissement difficile, réveils nocturnes et insomnies ou hypersomnie) ;
Turbulence, instabilité motrice ou psychologique, protestations, revendications, manifestations agressives, conduites délinquantes ;
Somatisation : énurésie, asthme, eczéma, perte ou prise de poids conséquente, fréquents maux de tête.

L’important est de se montrer vigilant vis à vis des changements de comportements. La dépression peut prend un nombre large de formes. Et ses manifestations sont très différentes de celles de l’adulte. Par exemple, le sentiment d’hostilité vis à vis de l’entourage est plus fréquent que la tristesse.

Quels mots ou phrases peuvent alerter ?

Perte d’intérêt : « Je n’ai envie de rien », « Tout me soûle » ;
Déclin de l’estime de soi, dévalorisation : « Je suis nul », « Je n’y arrive pas » ;
Sentiment de culpabilité : « C’est de ma faute », « J’ai honte », « Je suis méchant » ;
Sentiment de désespoir : « Personne ne m’aime« , « Personne ne m’écoute », « Personne ne pense à moi » ;
Troubles de l’attention, de la concentration et de la mémorisation : « Je ne comprends rien », « Je ne m’en rappelle pas ».

La répétition de phrases d’auto-dévalorisations, d’auto-accusations infondées traduit les pensées négatives qui occupent l’esprit de l’enfant. Dans le cas de dépressions sévères, la question de la mort apparaît régulièrement dans les propos.

Quelles sont les erreurs à éviter ?

Blâmer ou le culpabiliser ;
Dédramatiser ou minimiser son état ;
Lui dire de se « secouer ». Sa volonté est profondément affectée par son état psychique ;
Lui proposer une automédication ;
Etouffer l’enfant de stimulations, conseils, discussions ;
– Lui expliquer et lui rappeler qu’il a tout pour être heureux ;
Se laisser décourager par la situation et le laisser seul avec ses difficultés.

La dépression d’un enfant plonge l’entourage dans un grand désarroi, parfois doublé d’un sentiment d’impuissance. La patience, l’empathie, la présence et le soutien sont essentiels. Faire en sorte que la personne continue à s’alimenter correctement, garde une hygiène correcte, s’aère de temps en temps est également indispensable.

Comment traiter la dépression ?

Améliorer la qualité des relations familiales (temps d’écoute, de communication, atmosphère) ;
Renforcer les liens avec les grands-parents et les amis de la famille ;
Impliquer les enseignants de l’école dans l’apport de soutien ;
S’inscrire dans une démarche thérapeutique : comportementale et cognitive, familiale, écoute médiatisée par des animaux par exemple.
Changer de cadre de vie avec l’aide le cas échéant de professionnels (assistants sociaux, conseillers familiaux, etc.)

Il est important que l’enfant soit pris en charge rapidement, dès les premiers signes inquiétants. Les CMPP par exemple proposent des consultations gratuites utiles pour un premier diagnostic. L’environnement doit également évoluer pour accélérer le rétablissement et éviter les rechutes.

Ceux qui accompagnent un proche atteint de dépression risquent l’usure, le découragement et très souvent la culpabilisation. C’est pourquoi, il leur est vital de solliciter pour eux-mêmes un soutien auprès de professionnels. Les associations Phare, Fil Santé Jeune ou encore l’UNAFAM proposent aux familles des services d’écoute et de soutien par téléphone. Comme l’affirme le professeur Jean-Louis Terra, « être fort, c’est demander de l’aide ».

(1) www.inserm.fr/thematiques/neurosciences-sciences-cognitives-neurologie-psychiatrie/dossiers-d-information/depression

Pour aller plus loin :

www.phare.org : le site très riche de l’association avec une série de fiches – prévention très bien conçues.

L’Enfant optimiste: En famille et à l’école, Alain Braconnier. Odile Jacob, 22,90 €.
Un livre qui propose des méthodes originales pour renforcer l’optimisme et l’espérance chez l’enfant, même quand il est de nature anxieuse.

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