Le développement personnel est-il utile pour les ados ?

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Contes métaphoriques, cahiers d’exercice, cartes pour apprivoiser ses émotions squattent joyeusement les étagères des librairies. Depuis 2015, l’offre d’ouvrages et de jeux de développement personnel pour ados explose. Rencontre avec Aline de Petigny, auteure chez Pourpenser Editions.

Sur le segment des livres de développement personnel, le palmarès est détenu par les livres sur le yoga ou la méditation spécial teenagers. Aline de Petigny est auteure aux éditions Pourpenser. Ses livres, tendres, accessibles et esthétiques distillent des graines de sagesse, de sérénité et aident à se distancier. Elle participe à de nombreux salons où les parents l’interpellent. Sa parole libre, vivifiante et poétique décrypte les ressorts de cet engouement pour le développement personnel.

En quoi consiste pour vous le développement personnel ?

Aline de Petigny : Je n’aime pas vraiment ce terme.  On retrouve dans le « développement personnel » des principes de sagesse universelle. C’est une sagesse que les enfants ont en eux naturellement. Il suffit de respecter leur rythme, de prendre soin de leur lien à eux-mêmes et à la nature pour que cette sagesse-là soit présente. Je pense que le plus important est de faire attention à soi, d’être à son écoute pour trouver peu à peu ses propres talents.

Quelles sont les thématiques qui attirent le plus actuellement ?

AdP : Je ne sais pas. Je constate juste qu’il y  a beaucoup de livres sur le yoga, la méditation. Je pense que les adultes cherchent des techniques pour que les enfants soient sages et calmes, attentifs… Que rien ne déborde. Je comprends qu’après une journée de travail, ou bien dans une école, on ait envie de calme. Mais si à la base on écoutait le rythme de chacun, si on prenait soin du lien de l’humain à la nature, le calme serait présent naturellement.

Ce sont donc les adultes qui cherchent des solutions rapides ?

AdP : Régulièrement, des parents me demandent des livres pour des enfants étiquetés «hyperactifs». Percevez-vous le décalage entre la demande de l’enfant de bouger et la pseudo solution que l’adulte veut proposer ? A un enfant qui a envie de bouger, l’adulte va demander de s’assoir et de lire, de rester calme. Pourquoi ne pas lui proposer une balade pour aller courir, profiter de la nature ? Ou bien de sortir dans le jardin et de jouer au ballon ? Cela me semblerait plus approprié… Non ?

Que recherchent les parents ?

AdP : Sans aucun doute le meilleur pour leur enfant. Et chacun fait avec ce qu’il a, ce qu’il est. Actuellement, je remarque que des parents me disent en achetant un livre ou un jeu sur les émotions, par exemple , « je vais travailler avec mon enfant ». Et je trouve ça dommage… Il faut jouer avec son enfant, partager, se réserver des moments magiques ensemble… mais pas travailler… Le jeu, le partage, la joie sont de formidables manières d’apprendre et surtout d’être en lien. Je ne pense que le simple fait de savourer l’instant est moins riche que le fait de « vouloir travailler » sur tel ou tel sujet. On en arrive à oublier des essentiels et à penser que l’outil est plus important que l’artisan et son savoir-être. Sur mon blog (1), j’ai un article où j’évoque qu’il est préférable d’être des parents artistes plutôt que techniciens.

De quoi un enfant a-t-il besoin pour bien évoluer ?

AdP : Que les adultes autour de lui soient à l’écoute de la respiration de sa vie. Qu’ils prennent soin du lien de l’enfant avec la nature, les animaux. Il a besoin d’adultes enracinés qui acceptent avec douceur d’être dérangés, secoués, questionnés.

Et l’adolescence ?

AdP : Ah l’adolescence ! Vaste programme ! C’est une période que j’ai énormément aimée chez mes enfants. J’ai vraiment une très grande tendresse pour cette étape de vie. L’adolescence est en grande partie la résultante des 10/12 premières années. Deux repères fondamentaux : tout d’abord, la responsabilité va de pair avec la liberté. Vous ne pouvez pas demander à quelqu’un d’être responsable si vous ne lui laissez pas la liberté de l’être à sa façon. Second impératif, valable à tout âge : la confiance. Et puis, là aussi, quel que soit l’âge : arrêter de vouloir. Régulièrement j’entends des parents me dire : « je veux que mon enfant parle de ses émotions, je veux que mon enfant lise, je veux« … Arrêtons de vouloir, et sachons accueillir.

 

Pour aller plus loin :

  • Blog d’Aline de Petigny : www.alinedepetigny.com
    (des affiches à télécharger et à coller sur le frigo !)
  • Et si j’étais tout simplement moi-Guide d’autoconstruction, d’Aline de Pétigny,
    aux éditions Pour Penser, 12 € – Commander
  • Pourpenser.fr : des livres jeunesse et des jeux de développement personnel à découvrir !
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