Aîné, cadet, benjamin : quelle influence sur son tempérament ?

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Fratrie, frères et soeurCertains travaux scientifiques démontrent que leur ordre de naissance tend à modeler le caractère de nos rejetons. Deux expertes, Françoise Peille et Véronique Fachet, nous donnent leurs éclairages sur le sujet.

L’ainé ou le syndrome du chevalier

Comme dit la chanson, on ne choisit pas sa famille et encore moins d’y débarquer en première, deuxième ou dernière position. Pourtant, le « cran » qui nous échoit dans la fratrie n’est pas anodin et a généralement un impact sur la personnalité. Si la construction de celle-ci est avant tout liée au vécu et aux interactions que l’on a avec ses proches, il semble malgré tout que certains dénominateurs communs peuvent être attribués aux aînés et à leurs « suiveurs »…

« L’ainé nous fait père et mère et épouse en quelque sorte la névrose parentale » commente Françoise Peille, psychologue clinicienne et auteure de plusieurs livres sur le sujet. « On met sur nos premiers enfants tous nos désirs, nos aspirations. Ca modèle positivement comme négativement ». Très sérieux, perfectionnistes et investis, soucieux de plaire même au prix de grands efforts, nos aînés sont souvent des tenants de l’ordre établi. « C’est encore plus marqué quand l’aîné est une fille. On a tendance à la considérer comme une seconde maman. En tant que parents, il faut donc veiller à ne pas attendre trop d’elle » insiste Véronique Fachet, médiatrice thérapeutique et coach familiale.

Diverses études ont ainsi démontré que les aînés ont tendance à mieux réussir professionnellement et à occuper davantage de postes à responsabilités. Pour illustrer cela, un article paru en 2011 sur le site Plaisirssante.com expliquait que les chefs de files des cinq principaux partis politiques aux élections fédérales qui venaient de se dérouler au Canada étaient tous des aînés. Très accomplis dans la sphère du travail, nos aînés, une fois « grands », ont par contre davantage de difficultés à se réaliser dans la sphère privée, comme s’ils couraient après un idéal inaccessible…

Le cadet, entre originalité et jalousie

Aux voies toutes tracées, les enfants cadets, plus atypiques, préfèrent souvent les chemins de traverses. Ainsi, ils tenteront fréquemment s’illustrer dans des domaines qu’ils auront eux-mêmes sélectionnés, et non pas qu’on aura choisis pour eux, des violons d’Ingres de préférence très différents de ceux de leurs aînés. « Ils iront plus directement vers leurs envies» confirme Véronique Fachet. Plus rarement, quand l’écart d’âge est minime avec le premier, les cadets peuvent opter plutôt pour le registre de la rivalité. « Ils iront dans les pas de l’aîné, se battre contre lui pour étancher leur besoin de reconnaissance » détaille Françoise Peille.

Le benjamin, pas si toujours si choyé

Quant aux benjamins, l’indulgence qu’on leur accorde ne parait pas être une légende, tout comme le retentissement que cette éducation, assez relax, a sur les adultes qu’ils deviendront. « On attend moins d’eux et ils sont fréquemment moins bien « élevés »… Ils ne sentent pas tenus à une obligation de résultats et ça énerve d’ailleurs souvent les aînés » confie Véronique Fachet. Petits derniers, invariablement pourris gâtés à vie ? Pas toujours car le contexte familial entre là aussi en ligne de compte. « Cela dépend de la façon dont ils sont arrivés. Ou le benjamin est un héros que tout le monde va chouchouter ou c’est un petit gêneur, un intrus, qui perturbe les parents, en les réveillant la nuit et en les obligeant se replonger dans les couches et les biberons » affirme Françoise Peille.

La preuve qu’il n’y a pas de vérité invariable en la matière… Qu’ils soient premiers, derniers ou « du milieu », à nous donc de ne pas coller d’étiquette à nos bouts de choux et de les appréhender dans leur singularité. « Il faut reconnaitre chaque enfant comme un trésor de vie » conclut Véronique Fachet avec justesse.

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