Psycho enfants : Les dangers de la comparaison

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« Quand je compare mes élèves, je sais que les plus mauvais auront envie de se dépasser pour faire mieux » ; « quand je compare mes enfants, ça m’aide à réaliser qu’ils sont différents » ; « quand je dis à ma fille qu’elle est meilleure que son frère, je lui redonne confiance en elle »… Quand on parle comparaison, on entend beaucoup de phrases de ce type. Et pourtant, qu’elle soit positive (tu fais mieux que….) ou négative (tu es moins bon que….), la COMPARAISON C EST DU POISON !

« Ta soupe est bonne… mais pas autant que celle de ma mère ! »

Que ressentez-vous quand votre conjoint vous fait ce genre de remarque ? Pour vous ? Pour lui ? Pour sa mère ? Une subite envie de meurtre à l’encontre de votre belle-mère ne vous assaille-t-elle pas ? Surtout si vous avez mis tout votre savoir faire et votre amour dans la réalisation de votre soupe…

« Tu es une meilleure mère que ta sœur ! »

Si c’est votre mère qui vous dit cela, que ressentez-vous ? De la fierté, certainement, mais ne ressentez vous pas un peu de tristesse pour votre sœur ? Et si tout à coup vos enfants se mettaient à faire des bêtises, oseriez-vous le dire à votre mère ?

C’est le même genre d’émotions que nous provoquons chez nos enfants quand nous les comparons. Que la comparaison soit positive ou négative, elle procure systématiquement chez l’enfant soit une atteinte à son estime de lui-même, soit une mise en danger. « Et si je n’arrivais plus à faire mieux que l’autre, serai-je encore aimé(e ), remarqué(e ) ? ». Jamais la comparaison n’a permis à celui qui est comparé de se reprendre en mains de façon durable.

Parfois, effectivement, la comparaison désagréable va provoquer un accès de colère– ou devrais-je dire de rage – chez l’enfant comparé : cette colère, qui est une énergie, va l’inciter à se dépasser… dans l’instant. Mais une fois l’émotion dépassée, que restera-t-il de tout cela ? Le souvenir qu’il est moins aimé (puisque c’est l’autre qui est meilleur !), du ressentiment pour celui qui compare, du ressentiment pour celui à qui on le compare, de l’hostilité et encore plus grave, une chute énorme de son estime de lui-même. Alors pourquoi ne pas se surpasser dans le mal, faute de pouvoir le faire dans le bien ? Ca, c’est pour les tempéraments agressifs. Pour les tempéraments plus intériorisés, le risque est de se refermer, encore et encore, comme une huitre.

Le secret pour résister à la tentation de comparer ?

Se rappeler que chaque enfant est une personne distincte et unique ! Pierre est grand pour son âge, doué en maths, il a un sourire qui vous fait fondre et il n’aime pas l’orthographe (à moins que ce soit l’orthographe qui ne l’aime pas ?). Thomas, lui, est de taille moyenne, son regard pétille de joie et de vivacité, ses poèmes sont très émouvants et les maths l’énervent. Pourquoi parler de Pierre à Thomas ou de Thomas à Pierre ?

Respectez vos enfants dans ce qu’ils ont d’unique, faites leur savoir ce que vous aimez chez eux, et chez eux seuls. « Quand je vois que tu continues à étudier ton vocabulaire jusqu’à ce qu’il soit parfaitement su, je me dis que tu fais preuve de volonté ! ». Parlez de ce que vous ressentez -VOUS- quand il fait quelque chose de bien ou quand il fait quelque chose qui vous déplait : « je n’ai pas envie de rendre service quand on me parle sur ce ton ! ». Donnez des indications pour l’aider – LUI- à redresser la situation : « j’apprécie quand on me dit les mots magiques… Ca me donne tout de suite plus envie de coopérer ». Vous pouvez aussi décrire le problème « ta tasse sale est toujours sur la table. Sa place est dans le lave-vaisselle ».

Il est très important qu’une petite lumière s’allume dès que vous avez envie de prononcer le prénom d’un autre de vos enfants face à celui à qui vous parlez. L’idéal est que cette lumière soit… rouge, comme un feu de signalisation… histoire de vous rappeler « STOP ! Ce prénom ne doit pas sortir de ma bouche… en aucun cas ! Je me recentre sur l’enfant qui est face à moi, et je ne parle que de LUI ! » Avantage secondaire : vous améliorerez ainsi sensiblement les relations dans la fratrie, et vous devriez avoir moins de disputes à gérer !

Ils se comparent entre eux ?

« Moi je suis plus gentil que toi… je rends toujours service quand on me le demande… ». Là aussi il peut y avoir des conséquences. Un enfant qui est en permanence dévalorisé par un de ses frères ou sœurs va finir par s’enfermer dans un rôle, une « étiquette », dont il aura du mal à sortir : il pourra se sentir « l’agressif » de la famille, ou le « méchant », ou le « parfait »… ce qui n’est pas mieux.

Intervenez si vous le pouvez : « je n’apprécie pas que l’on compare ce que chacun fait ou ne fait pas dans cette famille. Quand quelque chose ne me convient pas, je le règle directement avec l’enfant concerné. Ce que j’apprécie, c’est le travail d’équipe ! »

Mais la vie entière est une compétition… Ne faut il pas les y préparer ?

Des études prouvent qu’en enfant stressé, mal dans sa peau, a moins de chances de réussir sa vie qu’un enfant qui a une bonne estime de lui. Si on entend par compétition, le fait de faire de son mieux, se faire respecter et arriver au but qu’on s’est fixé, cela peut s’apprendre dans un environnement qui encourage la coopération. Cela permet aussi de développer plus de respect pour les autres et plus de confiance en soi !

Toute compétition est elle à exclure ?

Non, pas toute : l’une résiste toujours et encore, la compétition personnelle. Qu’un enfant se prenne comme « balise », qu’il sache où il se situe, par rapport à lui-même, ça oui ! Cela peut être très motivant de se voir progresser. « OK, là tu n’as pas réussi ce contrôle de maths… De quoi as-tu besoin ? Que pourrais-tu faire pour t’améliorer ? Et qu’est-ce qui te semble à la fois suffisamment motivant et en même temps atteignable comme objectif ? Progresser de deux points ? De trois ? ».

A l’inverse, à un enfant qui régresse, on peut rappeler qu’il peut réussir, puisqu’il l’a déjà fait dans le passé, mais bien sûr, s’il se met à échouer dans toutes les matières, de façon plutôt brusque, il convient de consulter rapidement un professionnel !

 

Marie-Charlotte Clerf

Thérapeute Vittoz certifiée, coach certifiée en développement personnel,  formatrice parentale. Elle a créé « MC2 coach-famille » pour aider les parents à améliorer leur  vie de famille. Ses spécialités : accompagner chaque membre de la famille à  trouver sa juste place, faire progresser la communication et les relations parents / enfants et enfants entre eux  , favoriser  la prise de conscience de ses points forts et des points d’amélioration possibles, aider à sortir d’un burn-out familial ou d’une dépression, se sentir utile et plein d’énergie, tout en ayant le temps de s’ occuper de soi-même…
www.coach-famille.fr
contact@coach-famille.fr - 06 60 87 20 35 

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  1. très bien cet article!si seulement plus de parents ou profs le lisaient,ca leur éviterait de comparer négativement certains élèves a dautres en leur disant par exemple »oui,lui il le fait!il y a réussi.pourquoi tu le fais pas?ton frère est doué,il aime faire ses devoirs,toi tu es un fénéant.;ou encore « Elle,elle est gentille..elle a plein d’amis ,pourquoi tu restes seule dans ton coin?pourquOI,, »cest du poison!en effet.;on aide pas la personne,on la rabaisse!j’ai été assez comparée comme ca a mes soeurs plus jeune ,petite et bonjour les dégats pendant des années..estime de moi médiocre,peur de l’échec ou plutot de réussir.peur du rejet..il faut pas comparer!stop!on est tous uniques..a moins d’etre vraiment un malade ou personne méchante,qui fait du mal,la cest différent il faut arreter de comparer les gens entre eux et tous les parents le font,les médias aussi en comparant des stars..dévastateur!que de dégats ensuite..

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