Micro-trottoir : pour ou contre la fessée ?

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Dans le sillage des vingt-quatre pays de l’Union Européenne qui l’ont déjà complètement bannie, la France réfléchit actuellement à pénaliser la fessée. Un projet qui ne remporte pas une franche adhésion chez les parents que vous êtes…

Considérez-vous comme normal qu’on puisse parfois mettre des fessées à ses enfants ?

Enfant donne une fessée à son nounoursClaire (40 ans, 4 enfants) : J’ai été tentée de mettre des fessées à mon fils aîné, quand il me rendait dingue et faisait des bêtises. Mais grâce à ma pédiatre Edwige Antier qui milite pour qu’une loi interdise la fessée, j’ai décidé avec mon mari de ne plus jamais toucher l’un de nos enfants. On les punit aujourd’hui de façon très simple, en les mettant dans leur chambre, en coupant la communication avec eux. Et ça nous a considérablement simplifiés la vie…

Cécile ( 34 ans, 4 enfants) : Tout dépend si « fessée » signifie tout geste physiquement violent type « tape » très occasionnelle en réaction à une attitude perçue comme inacceptable et pour laquelle aucune réponse plus adaptée ne se présente immédiatement, ou s’il s’agit d’une sanction physique douloureuse et prolongée. Dans le second cas, ça ne me parait anormal ; dans le premier, ça me parait désolant mais parfois difficile à contourner…

Corinne (45 ans, 2 enfants) : Je suis contre la fessée en général, mais il peut arriver dans un cas extrême de ne pouvoir s’empêcher de mettre une fessée quand l’enfant a craché sur une personne par exemple ou lancé un caillou sur un autre…

Camille (30 ans, 1 enfant) : Je fais partie de cette génération d’enfants qui ont pris des fessées, sans être traumatisés. J’ai dû moi-même en mettre deux ou trois à ma fille en presque cinq ans, après des grosses frayeurs (traversée de route toute seule ou autres événements sympas dans le genre), officiellement pour « marquer le coup », au fond peut-être juste par incapacité de maîtriser la peur que j’ai eue…

Ariane (49 ans, 2 enfants, 2 beaux-enfants) : Ça m’est arrivé dans un moment d’exaspération ou de peur et toujours avec un énorme sentiment de culpabilité et d’impuissance… Ça m’a servi de leçon, je me suis trouvée idiote de ne pas réussir à me faire respecter autrement que par ce moyen. Donc, mettre une (légère) fessée ne me semble pas normal, mais humain…

Max (41 ans, 2 enfants) : Pour moi, cela doit rester absolument exceptionnel, rarissime. Mais il n’est pas incompréhensible que des parents excédés, à bout de fatigue puissent craquer. Ou qu’ils réagissent comme cela quand un enfant fait une bêtise d’une telle gravité que la parole n’a pas assez d’impact…

Viviane (66 ans, 2 enfants) : J’avais pour principe de ne pas en mettre… Mais quand ma fille avait 3/4 ans, elle a traversé une rue en courant. Je lui ai donné une fessée car elle a failli se faire écraser. Je me suis sentie mieux, car je crois que cela lui a fait passer l’envie de recommencer.

France (43 ans, 2 enfants) : Je n’aime pas l’idée qu’on puisse ou non avoir le droit de donner une fessée. Mais on doit pouvoir le faire dans des cas extrêmes. J’en ai donné cinq ou six à mon fils de 11 ans, dans sa vie, et deux à ma fille de 13 ans. Cela ne fait généralement pas évoluer une situation. Mais parfois, on est à bout parce que notre enfant s’est mis en danger ou a mis la vie de quelqu’un en danger, ou bien il nous a poussée à bout et l’on n’a pas eu d’autre solution que d’exprimer notre détresse ou notre impuissance ainsi sur le moment.

Virginie (41 ans, 1 enfant) : Je ne considère pas utile ni « normal » de mettre des fessées a un enfant à partir du moment où l’adulte éduque ses enfants avec amour, tendresse, dans le respect, en donnant des règles, dans la douceur et le dialogue. Il n’a pas tout pouvoir envers l’enfant, notamment de lui faire du mal physiquement ou moralement parce qu’il est son référent.

Parents qui grondent enfants

Vous parait-il aberrant ou au contraire judicieux d’imaginer une loi qui punirait les parents qui donnent des fessées à leurs enfants ?

Claire : Contrairement à Edwige Antier, je ne suis pas pour la loi. En théorie. Mais recourir à la fessée est encore tellement répandu dans les mentalités, que finalement la loi serait peut-être la solution la plus rapide pour faire évoluer les mentalités.

Cécile : Si elle ne s’accompagne pas au minimum d’une réflexion des différents acteurs d’éducation, d’une grosse campagne d’information et d’action menée auprès des parents, elle n’aura qu’un rôle culpabilisateur qui peut même aggraver la donne. La peur de la sanction ne suffira pas…

Max : La loi n’a rien à faire là-dedans. Je préfère de loin des campagnes de communication portant sur la violence qui peut exister dans les familles.

Corinne : Je trouve disproportionné ce projet de loi mais c’est peut-être une manière de repérer les parents maltraitants.

Camille : Je n’ai pas beaucoup de tendresse pour les lois qui restreignent la liberté, et encore moins pour celles qui sous-entendent qu’il existe UNE bonne façon de faire, surtout en matière de parentalité. Ni pour l’idée que le gouvernement puisse mettre son nez dans les affaires privées, dans ce qui se passe chez les gens, entre une comédie au supermarché et une bataille d’eau dans le bain. Mais j’ai tendance à me dire que si cette loi, qui me paraît absurde, peut « sauver » un seul enfant qui grandit avec des parents que l’interdiction juridique est la seule façon d’intimider, alors oui, allons-y…

Ariane : je ne pense pas que cela contribuera à éduquer parents et enfants. Rien ne remplace une autorité bienveillante qui s’exprime dans les mots et les attitudes envers les enfants. Ensuite, tout dépend de ce que l’on appelle « fessée ». Une fessée qui fait mal et qui est un châtiment corporel douloureux et humiliant est à considérer comme de la maltraitance, il y a déjà des lois pour punir ce genre de comportement…

France : Imaginer une loi me rassure d’un côté car il m’arrive de croiser dans la rue des enfants maltraités qui reçoivent des fessées ou des claques sans raison apparente et je ne sais pas comment les défendre. D’un autre côté, je n’ai pas l’impression que mes enfants soient marqués par leurs quelques fessées. Je pense que certains propos peuvent être beaucoup plus blessants. Et qu’un parent normalement constitué sait se fixer des limites. La loi pourrait inciter certains parents à se cacher pour frapper leurs enfants alors que leurs actes de violence sont plus facilement identifiables s’ils ne sont pas interdits.

Viviane : Je suis contre. Pénaliser me parait excessif car cela peut arriver…

Virginie : Cela me semble complexe mais peut être nécessaire pour que l’adulte cesse d’avoir ce genre de geste, même si cela peut le décrédibiliser dans son rôle de parent…

Quelques livres :

 L’autorité sans la fessée, d’Edwige Antier, Robert Laffont, 18 € sur [amazon-product text= »Amazon » type= »text »]2221116003[/amazon-product].
100 façons de se faire obéir (sans cris ni fessées), d’Anne Baccus, Marabout, 15,90 € sur [amazon-product text= »Amazon » type= »text »]2501076486[/amazon-product].
Une nouvelle autorité, sans punition ni fessée, de Catherine Dumonteil-Kremmer, Nathan, 12,90 € sur [amazon-product text= »Amazon » type= »text »]2092785850[/amazon-product].
La fessée, questions sur la violence éducative, d’Olivier Maurel, Editions La Plage, 12,50 € sur [amazon-product text= »Amazon » type= »text »]2842211324[/amazon-product].

 

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  1. Tant qu’il n’y a aucun vice ni aucune violence pure, une petite tape sur les fesses n’a jamais tué personne. Il faut arrêter de légiférer sur tout et n’importe quoi

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