L’école à la maison : ils ont tenté l’expérience

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garçon à l'école à la maison

Pour elles, fini les trajets maison-école, les mots dans le carnet, et les réunions parents professeurs. Caroline et Gwendy ont fait le choix de faire elles-mêmes l'école à leurs enfants à la maison, s'obligeant à bouleverser leur organisation et à vivre à contre-courant.

Une formule qui séduit de plus en plus de monde, portant le nombre d’élèves instruits à la maison à 25 000 en 2017, mais qui hérisse les poils de certains parents, complètement hermétiques à ce mode d’instruction. Alors, école à la maison, bonne ou mauvaise idée ?

L’école à la maison : une option qui s’impose parfois d’elle-même

Convictions religieuses, désaccord profond avec le système scolaire, souffrance à l’école, handicap, vie itinérante, etc. Les raisons invoquées par les parents d’enfants déscolarisés sont nombreuses. La « plus répandue reste la volonté de respecter l’individualité de l’enfant et son rythme de vie et d’apprentissage », selon Gwenaële, l’une des responsables média de l’association Les Enfants d’abord, qui met en lien et soutient les familles pratiquant l’école à la maison.

Pour Caroline du blog Une autre école pour mes enfants, ce choix s’est imposé face aux difficultés rencontrées par ses deux enfants : « Mon fils autiste ne s’est jamais adapté à l’école et sa sœur aînée est devenue « rebelle » au fil des années. Elle s’ennuyait beaucoup en classe, à tel point qu’elle fut en froid avec la maîtresse…». Comme elle, de nombreuses familles ont sauté le pas, pour le bien-être de leurs enfants, malgré leurs inquiétudes. C’est un « virage à 180°c » affirme Caroline, qui avoue avoir été un peu perdue au début : « on va vers une aventure totalement inconnue. On doit apprendre les méthodes pédagogiques que les enseignants utilisent, et doit aussi se familiariser avec le cadre strict législatif… ».

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Tous les parents peuvent-ils instruire leurs enfants ?

S’il est autorisé depuis la loi Jules Ferry sur l’instruction obligatoire en 1882, l’enseignement à la
maison est très contrôlé par l’Académie. Elle impose par exemple que les apprentissages
correspondent, à l’âge de 16 ans, à ceux attendus dans le cadre des programmes de socle commun de l’Éducation nationale, tests de connaissances à l’appui.

« Chaque année, je modifie et j’améliore l’organisation. Cette année j’ai fait un planning hebdomadaire d’objectifs par domaines pour ma fille », explique Caroline qui espère ainsi tenir ses engagements. Pas question pour autant de se mettre la pression selon Gwénaële, de l’association Les enfants d’abord, qui rappelle qu’« il n’y a pas réellement d’obligation de résultats mais juste une obligation de faire des choses qui peuvent permettre à l’enfant d’avoir le niveau ». De plus, aucun diplôme n’est requis du côté des parents instructeurs, ce qui rend l’exercice accessible à tous.

Le respect du rythme et des inclinaisons de l’enfant

Gwendy, du blog lespetiteschozes.fr, tient à adapter le programme d’apprentissage aux centres d’intérêt de sa fille de 7 ans : « les cités médiévales du Languedoc ont beaucoup impressionnée ma fille, qui s’intéresse beaucoup au Moyen-âge. Cette semaine, j’ai donc choisi ce thème que je décline en exercices de lecture, en problèmes mathématiques, en projets artistiques, etc ». Et les résultats semblent au rendez-vous : « tout est plus fluide et plus rapide, quand le rythme de l’enfant, ses inclinaisons naturelles et sa curiosité sont respectés. De plus, ma fille a retrouvé la sérénité et la joie de vivre qu’elle avait perdues en commençant l’école maternelle ».

Même constat du côté de Caroline qui souligne une nette évolution : « malgré des moments
difficiles, le niveau est là, à l’aube de la 4ème année à la maison. On apprend plus en profondeur qu’à l’école. Même mon fils autiste, s’ouvre, apprend, s’épanouit… »

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L’école à la maison : un frein à la socialisation ?

Des retours d’expériences encourageants qui peinent à convaincre Gilles, 40 ans, père de deux garçons de 8 et 11 ans : « nous ne faisons pas des enfants pour qu’ils deviennent de parfaits clones de nous-mêmes, avec les mêmes convictions, les mêmes habitudes, et le même niveau de connaissance. Qu’ils se confrontent à d’autres réalités, c’est ça aussi qui les fait grandir et enrichit leurs personnalités », conteste le quadra qui soupçonne dans certains cas un désir de fusion des parents avec leurs enfants.

Gwenaële, des Enfants d’abord, réfute l’idée selon laquelle l’enfant aurait ensuite du mal à s’ouvrir aux autres : « tous les témoignages et toutes les études prouvent le contraire. La société, ce n’est pas que des enfants du même âge avec des règles hyper strictes, c’est plus varié que ça ! Dans beaucoup de familles qui pratiquent l’instruction à la maison, on essaye d’abolir les histoires de hiérarchie, ce qui leur permet de ne pas avoir peur des adultes. Il n’y a pas non plus de classification par âges chez les enfants. Au square, ils s’en moquent de savoir l’âge et la classe d’un enfant. Il y a beaucoup plus de cohésion entre eux parce qu’il n’y a pas d’obligation d’être ensemble, ça rend les choses beaucoup plus fluides ! ».

Pour éviter le repli familial, d’autres parents instructeurs inscrivent leurs enfants à des activités extrascolaires, et organisent des ateliers de travail avec d’autres élèves déscolarisés.

Des conseils pour ceux qui souhaitent se lancer

S’il suffit d’une simple déclaration au maire de sa commune ainsi qu’au directeur académique avant chaque rentrée pour déscolariser ses enfants, il est utile de bien s’informer au préalable afin d’en mesurer tous les aspects. Gwenaële préconise pour ce faire de « rencontrer des familles qui pratiquent l’instruction à la maison, notamment par le biais d’associations ».

Gwenaële préconise pour ce faire de « rencontrer des familles qui pratiquent l’instruction à la maison, notamment par le biais d’associations ». Pour Caroline, « il est important de peser le pour et le contre avant de se lancer. Voir si on peut réduire ses horaires de travail, son budget, en discuter avec le conjoint car en cas de séparation, il faut impérativement son accord ! ».

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Il faut aussi réfléchir aux méthodes pédagogiques que l’on souhaite utiliser, car celles-ci seront à présenter à l’inspecteur, qui par ailleurs contrôle les connaissances des enfants, au moins une fois par an. « Il existe une multitude de supports pour nous aider dans cette tâche, comme les livres, les ressources gratuites sur Internet ou les cours par correspondance », affirme Gwendy.

Elle recommande par ailleurs de « ne pas se laisser influencer » par l’entourage : « la pression sociale est forte et, lorsqu’on choisit un mode d’enseignement différent, on peut faire face à beaucoup d’incompréhension. Il faut faire ce que l’on ressent être le mieux pour nos enfants. Certains enfants vivent très bien une scolarité classique, et si elle leur permet de s’épanouir, c’est très bien aussi »…

A lire sur ce thème :

Grandir librement, de Eve HerrmannGrandir librement, par Eve Herrmann, chez Solar Editions. Septembre 2017. 16,90 €. Commander

L’auteur a choisi de déscolariser ses filles de 10 et 7 ans pour les instruire à la maison depuis 2014. Elle nous livre dans ce livre ses connaissances en matière de pédagogies alternatives issues des dernières découvertes en neurosciences et de celles de Montessori. Un ouvrage fondateur qui donne aux parents des outils concrets et inspirants pour que chaque enfant puisse, comme ses filles aujourd’hui, s’épanouir dans un environnement bienveillant lui offrant de grandir librement, à son rythme, d’apprendre avec plaisir, de développer sa créativité et de trouver sa voie.

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