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Comment gérer les disputes avec son enfant ou son ado ?

Par Anne-Marie Barreiro - Mise à jour le

De nombreux parents me demandent de les aider à diminuer le stress qu’ils ressentent dans leur vie familiale notamment lors des rébellions, des oppositions ou des querelles avec leurs enfants. Voici quelques conseils pour vous aider à comprendre et gérer les disputes.

Comment naît la dispute ?

Voici une explication psychosociologique de ce qui se passe en général quand la dispute ou le conflit avec votre enfant ou votre ado survient. Ils n’arrivent pas par hasard et l’on croit à tort que c’est une affaire de caractère. Ce qui bien sûr est erroné.

Le stress chez nos enfants naît la plupart du temps de plusieurs contextes :

– familial : quand les parents tombent dans des pièges de communication sans même s’en rendre compte (exemple de cette maladresse comme : « tu ne te comportes jamais comme il faut »). Ils plantent sans le vouloir chez l’enfant l’idée qu’il n’est pas apprécié, ce qui peut affecter l’estime de lui, et sa confiance.

– scolaire : les changements, les commentaires sur le cahier scolaire, les comparaisons entre jeunes, les formes d’agression verbale entraînent un climat anxiogène chez l’enfant.

Parfois se rajoute la pression des exigences parentales vis-à-vis des devoirs,des notes, de l’orientation.

C’est dans ce contexte que les disputes surviennent. Par exemple, un désaccord sur une broutille comme l’heure du coucher, ou la participation aux tâches familiales, peut prendre des proportions inattendues.

Pourquoi certains parents se laissent déborder ?

Avec un ado, les discussions sont parfois tendues et le cadre difficile à maintenir. Le parent fait face à des pressions comme la peur de ne pas être aimé de son enfant,  d’être un mauvais parent, d’être jugé par les autres. Se produisent alors deux réactions : l’excès d’autorité et la permissivité.

Les parents trop permissifs ne permettent pas de fixer un cadre à l’enfant et cela l’insécurise. Alors il teste les limites. Les parents autoritaires ne permettent pas à l’enfant de s’exprimer et cela le frustre. Ce qui le conduit à la rébellion, au refus. Il y a donc chez les parents un sentiment d’être impuissant (que faire ?) et une perte de contrôle (l’émotion prend les commandes).

La dispute « décortiquée »

Voilà un exemple de ce qui se passe derrière un enfant qui refuse d’aller se coucher à l’heure prévue. Le parent désolé s’énerve parce qu’il n’obéit pas. C’est la dispute.

Supposons que dans la journée, un camarade l’a dérangé en lui gribouillant son cahier, alors qu’il s’appliquait à écrire, il va ressentir une frustration qu’il va emporter à la maison. Il aura probablement oublié cet épisode, sauf que la frustration va continuer à agir en lui créant une forte irritation qu’il ne saura pas nommer.

S’il a voulu aller jouer au moment de dîner et qu’il n’a pas pu parce qu’il avait des devoirs, une autre frustration va arriver. S’il n’a pas eu une bonne note au devoir d’histoire et qu’il cache sa copie… Ce cumul de frustrations provoquera la crise notamment au moment du coucher. Ou la rébellion, selon son âge. C’est-à-dire qu’à ce moment-là, l’ordre « va te coucher, c’est l’heure, car il y a école demain » sera de trop.

Lire aussi : Relations parents-enfants : les vertus insoupçonnées du conflit

Comment ajuster son comportement de parent ?

Voici quelques conseils pour désamorcer la dispute qui se pointe :

  • Ne pas s’opposer à lui pour éviter l’escalade.
  • Observer ce qui se passe et réfléchir sur ces irritations
  • Lui donner l’espace pour qu’il puisse exprimer et accueillir sa crise comme étant « naturelle » (éventuellement en reparler avec lui).
  • Lui demander « que s’est-il passé aujourd’hui ? » « qu’est-ce qui t’a gêné ? » « Qu’est-ce que tu aurais aimé ? »
  • Reformuler ce qu’il vous dit : ne pas négliger cette étape indispensable.
  • En cas de grosse dispute, décréter une pause afin que chacun se calme de son côté. Vous pouvez dire ceci : « je me sens dépassé, donc pour le moment, faisons une pause ». C’est une manière de s’autoriser à avoir des limites, sans peur de perdre votre légitimité de parent.
  • Trouver le juste milieu entre fermeté et bienveillance, ET ne pas être autoritaire : « je sais que ta journée n’a pas été comme tu voulais et que tu n’as pas envie d’aller te coucher. Que pourrais-tu faire pour te détendre et ainsi te reposer. Tu préfères un bain ou lire une histoire ? On en reparlera demain tranquillement. Pour le moment c’est repos et détente ».

Enfin, dédramatiser la situation et accepter de ne pas savoir quoi faire quand la dispute survient, car il n’existe pas de parents parfaits.

Pour aller plus loin :

Si vous voulez connaître les pièges en communication et savoir comment réagir, cette formation en ligne a été conçue spécialement pour les parents pour apaiser la crise, installer l’harmonie aujourd’hui et de bonnes relations familiales pour toute la vie.

 

Anne-Marie Barreiro est coach en communication et psychosociologue.
Elle est auteure de livres sur la relation Parents Ados :
– Aider son ado à s’épanouir (2016)Commander
– Parents-ados, comme chiens et chats ?! (2018)Commander

Pour la contacter : 09.54.67.97.76

Lire aussi : Aider son ado à s’épanouir : un livre inspirant pour rester zen

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  1. La parenthèse psy

    Effectivement, ne pas réagit en miroir avec son ado car c’est l’escalade et beaucoup de parents tombent dans ce piège ! L’adulte doit tenir sa position d’adulte posé, sage et rassurant (mais ferme aussi). Il peut apporter de la compréhension, un espace de parole et aussi un même de pause car les émotion sont trop intenses et le dialogue ne mènera à rien. Se réfugier dans sa chambre peut aider son ado ! Un article qui donne de très bons conseils !

    Line de https://la-parenthese-psy.com/

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